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Arrietty, le petit monde des chapardeurs par cloneweb

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Chaque film d'animation issu de chez Ghibli est un évènement tant le parcours du studio est quasiment sans faille. Début 2011 arrivera donc sur les écrans le petit dernier du studio tiré du livre de Mary Norton : Arrietty, Le Petit Monde des Chapardeurs.
Conformément à un souhait plusieurs fois évoqué en interview, Hayo Miyazaki a confié le projet qu'il a écrit à quelqu'un d'autre. Le réalisateur de Mon Voisin Totoro avait par le passé avoué souhaiter moins réaliser pour plutôt confier des projets à une équipe.

Ici, il se contente donc de signer l'adaptation du roman d'origine et a confié la réalisation à Hiromasa Yonebayashi, animateur de longue date du studio. Reste à savoir si c'est finalement une bonne idée.

En effet, Arrietty n'est pas vraiment le Ghibli le plus réussi. Et ce pour plusieurs raisons.
La première, et celle qui m'a le plus choqué, c'est la cohérence de l'univers. En effet, dans un univers de Chapardeurs, des humains de très très petites tailles s'appropriant des objets peu utiles à la vie des grands (un morceau de sucre de temps en temps, des mouchoirs en papier, quelques épingles, des petits objets servant en grand, etc), on s'attend à voir à l'écran un univers fait de bric et de broc. On imagine les personnages se servir de capsules de bouteilles en guise de chaise, de boite d'allumettes en guise de lit... bref d'un recyclage maximal comme on le voit par exemple dans Bernard et Bianca chez Disney.
Ici, il n'en est rien, ou presque. Les Chapardeurs chapardent un peu seulement mais possèdent beaucoup de choses à leurs tailles. Qui plus est, lorsqu'ils se retrouvent face à une maison de poupées, ils décident de ne pas y toucher. On se demande donc d'où viennent les objets à leur échelle... et l'ensemble n'en devient que moins cohérent.

La deuxième, c'est que le design et l'animation sont peu inspirées. Le garçon dont le prénom est à une lettre près celui d'un personnage du Château Ambulant ressemble à une version plus âgée de Sosuke (de Ponyo sur la falaise), on aperçoit un personnage clone muet d'Ashitaka, et l'ensemble, si ce n'est Arrietty elle-même un peu plus soignée, a une furieuse impression de déjà-vu.
L'animation n'est pas non plus toujours à la hauteur. Faisant parfois appel aux outils informations pour des plans dynamiques comme le vol d'un corbeau ou Arrietty descendant le long d'une corde à toute vitesse, elle ne tient pas la route. On n'est ni dans Ponyo ni dans Princesse Mononoke.

La troisième, c'est l'histoire, également peu inspirée. L'intrigue met du temps à se mettre en place sans qu'on se prenne de passion pour ce qui se passe. La faute, une nouvelle fois, à l'univers peu cohérent puisque les Chapardeurs chapardent finalement assez peu et sans faire suffisamment attention à ce qu'ils font, ne voulant pas se faire repérer des humains.
La différence entre les Grands (« Human Bean » dans le film) et le petit peuple n'est pas assez accentuée pour qu'on puisse réellement opposer les deux univers. D'une manière plus générale, le caractère de chacun des personnages n'est pas non plus assez tranché (notamment Haru, finalement peu concerné par sa maladie).

Il n'en reste pas mois que Arrietty, Le Petit Monde des Chapardeurs est un film des studios Ghibli, ce qui semble garantir l'immuable sceau de quelques qualités indéniables : Arrietty elle-même est attachante, les décors sont soignés et il y a une certaine magie inhérente à tous les films issus du studio créés par Hayao Miyazaki.
Qui plus est, le film bénéficie de quelques excellentes scènes et d'une fin émouvante, pas forcément aussi joyeuse qu'on pourrait l'espérer...

Enfin Karigurashi no Arrietty bénéficie d'une exceptionnelle bande originale signée par la française Cécile Corbel. C'est la première fois que Ghibli confie sa musique à quelqu'un de non Japonais. Les titres sont très folk-celtiques et donc très très décalés par rapport à ce qu'on a l'habitude d'entendre. Corbel, harpiste et accompagnée de quelques musiciens, donne une ambiance très différente des précédentes productions, d'autant que beaucoup de morceaux sont chantées pendant l'action, voir pendant les dialogues. Mais vous ne manquerez en aucune façon de taper du pied à de nombreuses reprises pendant le film.

Si cette critique semble être très négative à la première lecture, je me dois de modérer un peu mon propos. C'est un film des studios Ghibli, ce qui est en soit un gage de qualité. Malheureusement, un peu comme Les Contes de Terremer, c'est un Ghibli un peu en dessous de tous les autres. La magie est là, certes, mais elle n'est pas aussi brillante que si le projet avait été réalisé par Hayao lui-même ou par Isao Takahata. On espère donc que ce n'est qu'une légère erreur de parcours et que les prochains Ghibli supervisés par Miyazaki seront un peu plus réussi.

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