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J’ai toujours eu du mal avec Assaut de John Carpenter. Je l’avais vu une première fois il y a de ça six ans et je n’avais pas du tout apprécié le film. Il faut dire que je n’étais pas connaisseur du style du réalisateur ni de sa carrière. C’était donc mon premier Carpenter, et la déception fut grande. Alors dans le cadre de mon cycle « John Carpenter au cinéma », revenir sur Assaut était à la fois très attendu et redouté.

Dans le quartier d’Anderson à Los Angeles, le lieutenant de police Bishop est chargé d’assurer la dernière nuit de garde d’un commissariat du treizième arrondissement qui doit fermer ses portes pour être transféré ailleurs dans la ville. Soudain, un homme pourchassé par des tireurs fait irruption dans le bâtiment. Assiégés par l’ennemi, Bishop et les derniers membres de ce commissariat de quartier doivent s’allier avec deux détenus en attente de transfert pour passer la nuit et survivre aux assauts répétés de l’ennemi.

Deuxième long-métrage de la carrière de John Carpenter, Assaut arrive deux ans après son fameux Dark Star, film de fin d’études totalement barré et dépassé. À mon premier visionnage d’Assaut, je n’avais pas vu le premier fait d’armes de John Carpenter, donc impossible d’observer une quelconque évolution dans sa mise en scène et son style. Alors maintenant que j’ai pu voir Dark Star, je peux vous dire qu’Assaut c’est le jour et la nuit en terme de mise en scène ! Alors même si j’ai mes réserves sur la réalisation de ce film, celui-ci est beaucoup plus agréable à regarder. Le budget n’est étrangement pas plus conséquent que sur Dark Star, on passe de 60 000 dollars pour le film de SF à 100 000 dollars pour celui-ci. Après bien sûr les films de science-fiction demandent plus de moyens pour faire quelque chose de correct, surtout à l’époque, donc comparer les budgets de ces deux films très différents ne mènerait à rien.

Avec Assaut, Carpenter désirait à la base mettre en scène un western, mais son petit budget ne le lui permettait pas, alors le jeune cinéaste s’inspira du classique Rio Bravo d’Howard Hawks (1959) afin de transposer son histoire dans le monde contemporain. Honnêtement j’aime beaucoup la première partie du film où l’ambiance s’installe doucement jusqu’à ce que la tension devienne palpable. Nous y suivons de leur côté chaque protagoniste dans un Los Angeles désertique pendant une journée jusqu’à ce que tous ces personnages soient réunis dans le commissariat. Le film réussit à faire monter la tension durant cette première partie avec notamment cette scène choc où les membres du gang assassinent de sang-froid une petite fille (scène très violente pour l’époque, frontale et sans pitié) et dont le père espère venger son enfant en les poursuivants avant qu’il ne se réfugie dans le commissariat avec nos héros.

Et c’est là que le film me perd. La deuxième partie consacrée à l’assaut du commissariat aurait dû être la plus spectaculaire et la plus marquante en termes de suspense. Mais l’exécution ne m’emporte pas. John Carpenter sait créer de la tension en enfermant ses personnages dans un lieu clôt mais la manière dont sont filmées les scènes de fusillades et les assauts répétés du gang font cheap. Les bruitages des coups de feu des armes silencieuses enlèvent une certaine intensité à mon sens (on pense un peu aux bruits des armes des Tontons flingueurs (1963)...), les personnages qui regardent par les fenêtres ou les portes du commissariat sans aucune discrétion alors que les tueurs sont en train de se positionner ou surveillent le bâtiment me sortent du film tant ça paraît peu crédible. Et même cet ennemi multiple, présenté comme une véritable horde de zombie (le réalisateur a évoqué s’être inspiré de La Nuit des Morts-Vivants de Romero de 1968), ne me convainc pas, je trouve que cela entraîne une certaine mollesse dans les scènes d’action et le film en général.

De leur côté, les acteurs sont corrects, mis à part peut-être le personnage féminin principal campé par Laurie Zimmer qui, je trouve, est très inexpressive et peu attachante. Le duo entre le flic et le malfrat, respectivement interprétés par Austin Stoker et Darwin Joston, est plutôt intéressant même si cela aurait mérité plus de développement à mon sens pour que l’on s’attache à ces personnages et leur relation.

Assaut est donc un film moyen, sa première partie avec la mise en place de l’histoire et de ses personnages est plutôt intéressante, on peut ressentir une certaine tension, amplifiée par l’excellente musique composée par Big John himself (LE point fort du film pour moi) et puis patatra dans la seconde partie, trop molle, peu marquante et divertissante. Le film aurait pu être un véritable western urbain ultra tendu avec un message social abordant la violence urbaine, les conflits entre gangs et policiers, le maintien de l’ordre compliqué dans la ville de Los Angeles, mais rien de tout ça. Le film se regarde mais déçoit dans l’ensemble. Un Carpenter aimé de beaucoup de cinéphiles mais très surcoté je trouve.

Jeaanbb
5
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