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Assaut par XavierChan

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Encore aujourd'hui en France, il est difficile de regarder Assaut dans de bonnes conditions. Pour des raisons de droits, le marché ricain a sorti l'artillerie lourde en proposant en 2009 le film dans une copie fidèle, tandis que l'on se coltine toujours soit une copie au format respectée mais à l'image dégueulasse, ou bien une copie à peu près restaurée au format recadré. Dans un cas comme dans l'autre, il est vivement conseillé de tenter l'import. Parce qu'Assaut, c'est du western, urbain, et qui dit western (à la Howard Hawks), dit cadrage un minimum soigné, une composition du cadre dont le désert laisse ici place au huit-clos. Un western ,dans l'idée de Rio Bravo, dont l'action se situerait uniquement dans un lieu fermé. Un paradoxe que Carpenter déjoue par une très belle utilisation de l'espace et de la tension. A l'image d'un Prince des Ténèbres, The Thing ou encore New York 1997 (qui se déroulait dans une prison à ciel ouvert, où l'on retrouve encore l'idée d'enfermement), tous ont pour paysage des murs ou barrières de béton. Le maître du fantastique ne signe pas non plus qu'un simple film de guerria localisée, Assaut étant constamment soutenu par une ambiance cauchemardesque dont les gangsters sont à cheval entre les zombies de George A. Romero et les clochards du Prince des ténèbres. Film de contrastes, Carpenter met magnifiquement en place son intrigue, silencieusement, avant de faire du commissariat de police un théâtre de mort.

Un cauchemar d'autant plus inquiétant qu'on ne verra pratiquement jamais le visage des assaillants, tout juste des silhouettes au loin qui tentent de faire diversion ou d'entrer par le moindre trou à rats : la sensation d'oppression et l'inconnu du dehors, des thématiques qui seront également abordées dans ses œuvres à venir. Presque tout Carpenter est donc déjà dans Assaut, qui, sans être son meilleur film, porte déjà la marque du maître, l'humour en plus. Personnages marqués (la cigarette de Wilson, la malchance de Wells), dialogues maîtrisés, sensation de terreur liée à l'invasion et à l'ennemi qu'on ne localise pas. On est bien chez Carpenter.

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