Rendons à César ce qui est à César

Avis sur Astérix : Le Domaine des Dieux

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Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. César se décide à agir lui même pour terminer son annexion pour de bon. Son idée s’éloigne des champs de bataille pour entamer la création d’un complexe hôtelier dans la forêt qui jouxte le village Gaulois. Une tentative d’assimilation plus intelligente qu’il n’y parait.

Formé dans la meilleure des écoles, Pixar, Louis Clichy est revenu sur ses terres pour réaliser un premier film d’animation. Avec seulement deux expériences en tant qu’animateur chez les amis de Steve Jobs, le gaillard semble avoir appris très vite comme le rappellent les autres instigateurs du projet. Le Domaine des Dieux est une réalisation collective puisque l’aspect technique est assuré par Clichy et la coordination des acteurs ainsi que le scénario par Alexandre Astier. N’oublions surtout pas que c’est une adaptation de l’œuvre de Goscinny et Uderzo, créateurs géniaux d’Astérix en 1959.

L’esprit originale est bien quelque chose qui se faisait de moins en moins ressentir dans les dernières adaptations cinématographiques. Plus d’une génération a adoré les dessins animés diffusés chaque année sur M6 depuis la nuit des temps ce qui est loin d’être le cas des interprétations colorées de Christian Clavier notamment. Personne n’a oublié le nanar ultime Astérix aux JO qui avait fait péter son budget dans les effets spéciaux les caméos interminables. Il était temps de revenir aux choses sérieuses ! Le choix d’un film d’animation en 3D est intéressant car hormis en jeu vidéo, le gaulois moustachu n’était jamais sorti de la deuxième dimension. Cette création 100% française était sur les rails depuis 10 ans, bien avant que Clichy et Astier ne reprennent le projet.

Le studio d’animation Mikros Image, à qui l’on doit Logorama, a eu la lourde tâche de redorer les cases de la série. On retrouve vraiment le style de la BD en particulier autour des personnages particulièrement réussis et en adéquation avec leurs animations. La possibilité d’une mise en scène à 360° permet des plans sympas sur les visages des Gaulois dont le nez proéminent a posé quelques problèmes ! L’univers lui aussi est bien représenté que ce soit le village, les Romains ou tout simplement le choix des couleurs de l’ensemble. Par contre, j’ai trouvé ces dernières un peu ternes ainsi que les textures en générale assez faiblement détaillées. Ca ne pétille pas beaucoup et ca n’impressionne pas vraiment. Pour autant, on sent vraiment l’esprit de la bande dessinée, et c’est bien cela qui est important !

La fine fleur des humoristes français est venue derrière le micro pour doubler les différents personnages du film pour un résultat assez inégal. Le monstre sacré du doublage d’animation Roger Carel reprend la voix d’Astérix à 87 ans pour une dernière fois, on se demande encore qui pourra le remplacer à l’avenir tellement le personnage lui appartient ! A ses côtés Guillaume Briat joue Obélix avec un drôle d’accent entre l’Alsacien et le Belge. Un autre exemple d’ambivalence est la voix posé de Florian Gazan en esclave indécis (fameux) et le soldat romain Cubitus plus que surjoué par Elie Semoun (attention aux saignements d’oreille en 5.1).

Cette modernisation de la BD du Domaine des Dieux est enfin une adaptation digne de l’esprit insufflé par Goscinny et Uderzo dans leurs albums. Le fait d’étaler l’histoire sur 1h25 reste en totale cohérence avec l’œuvre originale, la greffe a bien prise. Drôle et bourré de clins d’oeil, on oubliera certains personnages sur-joués car Alexandre Astier et Louis Clichy ont atteint leur objectif de plaire à un public large autour d’un fleuron de la culture française (si si). Avec la bénédiction d’Albert Uderzo.

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