Bouc-émisphère?

Avis sur Au bonheur des ogres

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Bouc-émissaire: loc. personne que l'on charge des fautes commises par d'autres.

Benjamin Malaussène est bouc-émissaire professionnel - autrement dit, il est payé pour se faire engueuler - et soutien de famille officiel. C'est que maman Malaussène a les entrailles généreuses et la fugue amoureuse facile. Quand les rayons du magasin qui l'emploie s'obstinent à exploser sur son passage, son rôle de bouc commence à lui coller un peu trop à la peau. Et rien ne va plus...

Adapté du roman éponyme de Daniel Pennac, Au bonheur des ogres est une histoire rythmée pleine de fantaisie sur fond d'investigation policière. Là se situe le plus gros du défaut du film: l'enquête parait bien anecdotique au point qu'on en arrive à l'oublier complètement par moment.
Il ne s'agit pas de dresser une comparaison des deux œuvres - qui serait forcément en faveur du livre. Car soyons honnêtes, voir le cinéma dépasser la littérature est rare. Nicolas Barry a eu l'intelligence d'éviter le piège classique de l'adaptation. Son film a son univers et son existence propre, n'en déplaise aux aficionados de l'adaptation fidèlement exacte. Je regrette peut être l'absence de Théo et son cortège d’excentricités et l'appareil photo d'une Clara devenue Louna, escamoté au profit d'une grossesse sans grand intérêt. Mais l'esprit de la tribu Malaussène est là et on se laisse facilement emporter.

On s'attache vite à tout ce petit monde. Thérèse qui dialogue d'avantage avec les astres qu'avec les vivants, Jérémy la bouche fleurie de jurons et la cervelle farcie de mauvaises idées, Le Petit et ses ogres de Noël, et tante Julia, et Julius le chien et l'ombre rassurante de Stojil, incarné par un Kusturica qui colle plutôt bien au rôle.
C'est parfois maladroit, un peu gentillet, mais les répliques fusent et on sourit. A l'image de la famille: chaleureux, amusant, bordélique mais plein de bonnes intentions.

Au bonheur des ogres est un film qui met de bonne humeur sans prise de tête ni complexe. Parce qu'on aime rire de temps en temps. Parce qu'on aime être amoureux. Parce qu'on aime être heureux.

(6.5)

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