Critique : Au coeur de l'cocéan (sur screenreview.fr)

Avis sur Au cœur de l'océan

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Si Moby Dick n’est pas le plus accessible des livres, tout le monde connaît néanmoins l’oeuvre d’Herman Melville. Paru en 1851, ce roman raconte comment le jeune Ismaël embarque sur le Péquod, un baleinier commandé par le capitaine Achab obsédé par un cachalot blanc qui lui a arraché sa jambe par le passé. Au coeur de l’océan n’est pas l’adaptation de Moby Dick, mais celle de l’histoire vraie qui inspira Melville. Ron Howard se base en effet sur le livre éponyme de Nathaniel Philbrick qui relate le destin funèbre de l’Essex, baleinier qui fit naufrage en 1820 après avoir été attaqué par un grand cachalot de 29 mètres de long et pesant 80 tonnes.
Après une décennie décevante, Ron Howard avait su redorer son blason grâce au formidable Rush. Sans être un mauvais film, Au coeur de l’océan n’atteint jamais le niveau du biopic sportif. Son principal défaut réside dans le traitement des affres subis par la bande de marins naufragés. Alors que l’Essex sombre dans les abîmes du pacifique, le capitaine Howard demeure lui, en surface. Après que le navire est complètement immergé, les quelques survivants passent 90 jours sur de petites embarcations à espérer voir passer un bateau ou un bout de terre. Des conditions de survie effroyables seulement suggérées ici. le cinéaste américain ne montre rien, préférant un récit lisse à l’infâme vérité. Le peu de temps accordé aux personnages n’aide pas. Le casting est solide mais on ne s’attache pas à ces héros. Quand la baleine les attaque, on la soutient presque. Après tout, ce sont les hommes qui ont commencé à la traquer… La musique mélo de Roque Baños achève de rendre le film bien trop doux, à l’opposé de son sujet qui n’est pas sans rappeler le terrible naufrage de la frégate Méduse, survenu 4 ans avant celui de l’Essex*.
Il y a de belles images dans Au coeur de l’océan, et des thèmes qui auraient mérité d’être plus approfondis comme l’intéressante rivalité entre le capitaine George Pollard (Benjamin Walker) et son second, Owen Chase (Chris Hemsworth). Ron Howard ne développe malheureusement jamais le potentiel de cette histoire folle. Reste la morale finale : laissez tranquilles ces baleines qui n'ont rien demandé.

*Le naufrage de la frégate Méduse est racontée en peinture dans le tableau Le Radeau de La Méduse de Théodore Géricault.

Venez découvrir ma critique dans son intégralité sur mon site ScreenReview : http://www.screenreview.fr/critique-film-au-coeur-de-l-ocean-in-the-heart-of-the-sea-en-avant-premiere/

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