Le Pois(s)on de la culpabilité

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Peut-on commettre un crime, un seul, sans en éprouver plus tard de la culpabilité ? Rodia, de Crime et Châtiment, en sait quelque chose. Et Stephan Byrne, notre protagoniste, a beau tout dissimuler en apparence, se le cacher à lui-même, son inconscient fera resurgir sa faute comme ce poisson sortant de l'eau au moment où sa conscience le tourmente.

La dimension psychanalytique est ici très présente – à l'image de la femme au portrait ou dans de nombreuses œuvres de cette époque américaine. Projection et paranoïa, fantasme et frustration, création et impuissance, pulsion de vie et pulsion de mort, refoulement et culpabilité (c'est-à-dire flux et reflux de la mémoire) sont des notions qui parcourent le film et le soutiennent en permettant de structurer mentalement le criminel.

Celui-ci souffre d'une peinture bien noire, pessimiste et surtout fataliste comme peut l'être l'inexorable destin. En fait, il n'est jamais épargné par Fritz Lang, si bien qu'il ne suscite jamais la moindre empathie et devient vite détestable au point de lui souhaiter le pire. Assassin mais surtout victime de lui-même et de son égo, il ne peut en aucun cas être dédouané moralement.

Avec un petit budget, des acteurs sympas mais inconnus et pas plus convaincants que ça, Lang réalise un film agréable, mais sans grande prétention, à l'image de ses scènes d'apparition (effets spéciaux) et ce rideau voletant suggérant tant bien que mal un fantôme.

6,5/10

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