Dire au revoir lorsque adieu fait peur

Avis sur Au revoir les enfants

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Je n’oublierai jamais cet instant, même lorsque je serai grand

Le film “Au Revoir les Enfants“ de Louis Malle raconte l’histoire du petit Julien qui retourne au collège Saint-Jean de la Croix où il est pensionnaire. Pendant l’hiver 1943-1944, dans une France sous l’occupation allemande, le monde des adultes est plus que compliqué. Pour le benjamin de la famille Quentin (interprété par Gaspard Manesse), la rentrée se déroule comme toutes celles qui ont précédé, jusqu’à ce que trois nouvelles têtes accompagnées du père Jean viennent percer sa petite bulle de tranquillité. C’est celle de Jean Bonnet qui a attiré la grande curiosité du petit Julien en premier. Jeune garçon fier et intelligent mais terriblement mystérieux, d’où peut-il bien venir ? Comment est sa famille ? Sera-t-il mon ami ? Mais d’abord qui est-il vraiment ? Ces questions ont traversé l’esprit de Julien alors qu’il passait du temps à observer son camarade. Le petit Bonnet a fait de même et après plusieurs jours d’observation, les deux garçons ont commencé à échanger quelques mots. Plus les semaines passent, plus Julien commence à comprendre que son ami cache quelque chose : il disparaît lorsque des soldats allemands pointent le bout de leur nez, il ne communie pas et ne reçoit jamais de visite. Le petit Julien finit par découvrir le secret de son ami mais il sera impuissant face au destin qui s’acharnera sur le pauvre enfant qu’était Jean, un triste matin de janvier. Un dernier signe de la main en guise d’au revoir, puis les larmes mouillèrent les petites joues, de Julien, rougies par le froid. C’est un des souvenirs les plus enfouit du réalisateur Louis Malle qui s’est décidé en 1987 à raconter ces fragments de son enfance dans un film. Ce sont de très vastes souvenirs qu’il a romancés mais il y a tout de même une part de vérité. Pour cette histoire très touchante et réalisée avec beaucoup de cœur, le film a été nommé deux fois au Oscar et a obtenu sept César dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Je sais un nombre de choses sur la cruauté qui régnait durant la Seconde Guerre Mondiale, mais j’ai adoré voir la vision que les enfants ont eu, à cette époque là, sur le monde qui les entourait. Bien que l’histoire soit romancée, nous nous apercevons que les petits garçons ont une vie normale (hormis les bombardements fréquents): ils suivent des cours d’arithmétique, vont à la messe avec leurs parents, joue d’un instrument de musique, chantent, se battent. Ils ne s’effacent pas pour autant de l’actualité qu’ils vivent et abordent le sujet en classe mais aussi entre eux. « Si on n’avait pas Pétin… » dit l’un quand un autre parle de la montée en puissance de l’URSS. Jean Bonnet, lui, porte le fardeau de la violence et l’épouvante de la guerre sur ses faibles épaules en essayant de ne rien laisser paraître. Courageux petit garçon qui vit constamment avec la peur au ventre et qui doit se sentir terriblement diffèrent de tous ces petits fils de bonne famille. J’étais passionnée par les deux rôles des petits garçons joués selon moi à la perfection. Chacun d’entre eux était touchant à sa manière ; Julien qui est un petit garçon issu d’une famille bourgeoise ne réalise pas tout à fait la violence dont les Hommes peuvent faire preuve et Jean par son courage et sa volonté de croire en un meilleur lendemain. Je me suis très vite attachée aux deux personnages principaux et le suspens du sort du petit Bonnet est une vraie accroche. Quant à leur amitié, bien qu’elle a été brève, elle a été plus que sincère, la preuve irréfutable est les larmes qui ont coulé des yeux du petit Julien lorsque son ami a quitté le collège. Je ne saurai dire à quel point je recommande ce film, il vous suffit d’avoir une âme pour aimer regarder de telles images.

Les aurevoirs font moins mal que les adieux, mais cela peut être un mot d’une lacheté tragique. Combien de fois avons nous dit « au revoir » en sachant pertinemment qu’un adieu aurait été plus adéquat ? Les temps de guerre ont frappé plus d’esprits que je considère comme victimes que les chiffres veulent bien nous faire croire. Ce film montre également que les gens, en général, n’ont pas compris la réelle raison de la haine contre les Juifs et que c’était quasiment impossible à quelqu’un de faire la différence entre un Juif et un Protestant par exemple. Des instants marquent notre enfance et l’on s’en souvient même lorsque nous sommes devenus grands.

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