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Avalon par NaviLink

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Avalon est un film singulier. Cette formule usée jusqu’à la moelle dans les critiques ciné s’applique pourtant parfaitement au film de Mamoru Oshii, le réalisateur japonais derrière l’adaptation de Ghost In the Shell.

Singulier sur la forme : c’est un film tourné avec de vrais acteurs alors que l’action se passe principalement dans l’univers virtuel d’Avalon, un jeu de guerre ultra-réaliste et illégal où la mort a des répercussions réelles sur ceux qui en sont victimes. Singulier aussi car Oshii a choisi de tourner le film en Pologne, avec des acteurs locaux et des décors qui donnent un cachet au film assez incroyable. En découle le lieu de l’intrigue, un pays de l’est qu’on croirait sorti d’une uchronie, où la vie est difficile et la nourriture de qualité accessible seulement à ceux qui en ont les moyens. Le choix de protagoniste et son casting est lui aussi singulier : on suit les aventures de Ash, incarnée par Matgorzata Foremniak, à la beauté diaphane saisissante. La jeune femme gagne sa vie en plongeant dans le jeu en solitaire, enchaînant les coups d’éclat, jusqu’à entendre parler d’un niveau supérieur caché au sein du jeu. Elle est toute aussi isolée dans sa vie réelle, où seul son chien (le fameux basset d'Oshii) lui sert de famille. L’aspect le plus singulier du film est certainement sa direction photo, la majorité des images ont été retravaillées pour désaturer les couleurs, à la limite du noir et blanc. A cela s’ajoute l’utilisation des CGI, lors des morts et des explosions par exemple, bien intégrés et qui n’ont pas énormément vieillis.

Le rythme du film est également assez unique : assez lent et contemplatif, il n'y a guère que les scènes à l'intérieur d'Avalon qui sont plus vives, mais à peine. La musique se fait très discrète pendant la majorité du film, laissant les sons d'ambiance faire le travail. Seules les dernières scènes sont soutenues par un orchestre, durant la résolution du film assez maline. Et puis, bien entendu, ce qui frappe le plus est la structure du film qui respecte celle de la progression d'un jeu vidéo, avec ses différentes classes, ses objectifs, ses boss ses récompenses. Même le Reset est intégré dans Avalon de bien belle manière. Pas de clin d'oeil aux gamers, cette intégration sert le scénario et c'est tant mieux.

Avalon est donc un film singulier, qui ne plaira clairement pas à tout le monde, si l'on n'est pas déjà familier avec le travail d'Oshii, ou si on ne connaît pas un minimum l'univers du jeu vidéo.

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