J'ai attrapé le téThanos

Avis sur Avengers : Infinity War

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Avengers : Infinity War, je laisse parler mon cœur. C'est un avis que j'assume être à chaud, sans un recul particulièrement travaillé, je souhaite juste partager des émotions, car c'est à cela que sert le cinéma : transmettre des émotions, aussi brèves soient-elles.
Il n'est désormais plus place à l'amertume ou à la passation de ressentis, mais l'heure de clamer mon amour. Depuis une dizaine d'années j'ai suivi tes personnages, entre rires et larmes, déceptions et satisfactions et depuis une dizaine d'années chaque film est un rendez-vous unique, qui se grave certes dans l'argent mais aussi dans les sentiments. En effet chaque film de cet univers, qui a su s'imposer comme le plus grand de cette décennie, diffère en qualité. Seuls quelques uns sortent du los grâce aux metteurs en scène inspirés.

Les apparences sont trompeuses, mais fières et élégantes,
Embrassant le monde d'une supercherie bienvenue,
J'ai façonné de bile mon corps meurtri d'un jour
A l'aube des Temps infâmes et des terres surprenantes

Lors de cette séance ma première surprise fut la mise en scène des frères Russo, qui ont appris de leurs erreurs de Civil War, imposante et épique dosant assez bien humour et émotion. Loin est l'ère des vilains de bas-étages, Thanos prend place et s'inscrit en tant que le plus grand de tous, non sans fêlures psychologiques. Thanos, teasé depuis Avengers, depuis 5 ans, arrive enfin imposant une angoisse permanente, celle de voir un de ces super-héros trépasser. Captain America, Iron Man, Vision, Scarlet Witch, Hulk, Spider-man, Docteur Strange, Gamora, Star-Lord, Drax, Groot, Rocket, Mantis, Loki, Heimdall, Black Panther, Thor et Nebula sont les principaux protagonistes menacés. Nous craignons pour leur vie, j'ai crains pour leur survie. Nous avons besoin d'eux, ils font partie de notre quotidien, à la télévision, dans les journaux, dans les conversations, les magasins, les t-shirts, nos rêves. J'ai moi-même rêvé que j'en étais un, plus d'une fois, encaissant mais me relevant. Dans Infinity War, chacun combat, côte à côte contre un ennemi commun malgré les distances et les planètes qui les séparent. Un ennemi imbattable et tétanisant, charismatique au possible grâce à la performance de Josh Brolin.

Il m'appartient de croire en ces terres obscures,
Là où les songes se morfondent dans la masse grouillante,
Frêles, tristes sépultures,
Il ne reste qu'un amas de sève bouillante

Il m'appartient de croire à ces ignobles créatures
Dont les rires enlacent les souffrances humaines,
Brèves, vives et sans culture,
Quelle honteuse déchéance suprême

Il m'appartient de croire à cette sublime herbe
Enracinée aux corps des hommes déchus,
Dont les feuilles hurlent le mépris, la vengeance, la haine,
Envers ceux dont les mains s'affaissent, déçues

Il m'est difficile d'imaginer un futur après cet opus, après ce deuil, bien que la marque Disney ainsi que les pouvoirs des Pierres peuvent changer le cours des choses entre les mains adéquates. Comme cette œuvre d'ailleurs, qui je pense à bien fait de rester dans les mains des deux réalisateurs après The Winter Soldier et Civil War, un crossover ultime, ramenant en deux parties toute l'immensité super-héroïque de ces dix dernières années débutées par Jon Favreau et son homme d'acier et qui annonce un nouvel avenir, plus crépusculaire. Je suis ressortis de la salle les larmes me montaient à la tête, entre jubilation et effroi, j'avais du mal à marcher, je me suis demandé si cette conclusion allait être assumée par les studios. C'est alors qu'une deuxième question m'est venue à l'esprit, "faut-il glorifier la prise de risques cinématographique ou bien espérer un retour pour ton soulagement personnel ?" En effet, Infinity War a meurtri mon cœur, a m'en donner le téThanos...

A l'image de ces héros je me cache derrière des blagues plus ou moins réussies, car au final, ce qui importe est que le message arrive à se faire comprendre. Le MCU a-t-il donc son chef d'œuvre ? Il a du moins sa plus grande œuvre, à l'ambition démesurée et aux attentes les plus insoutenables qu'il soit avec sa durée de deux heures et trente minutes. Là où mon esprit s'égare, mes ressentis se calment, mes émotions se rassoient et réfléchissent. Les frères Russo ont clairement dit qu'ils donnaient le meilleur d'eux-mêmes, comprenant parfaitement les enjeux, cela se voit. Infinity War est la première production hollywoodienne filmée entièrement avec les dernières caméras numériques Imax permettant une résolution de 8K. Cela permet de capter la nervosité des affrontements, la chaire endolorie, la terreur au visage, surpassant tous les autres grands moments du Marvel Cinematic Universe. J'ai eu sans cesse la sensation d'être face à un épisode de Game of Thrones, où la tension et la jubilation sont à leur paroxysme face à une lutte à mort qui nous dépasse. Une lutte à mort qui ne sert certes que d'étape transitive, mais aussi de révolution. Infinity War est le meilleur film de super-héros depuis en mon humble opinion Batman v Superman, mais aussi le meilleur Marvel. Les frères Russo filment à merveille et apportent supense et tragique par le biais de scènes très travaillées (celle où Tony Star arriver auprès de Docteur Strange entend faiblement la menace) et d'autres plus intimistes entre les protagonistes (les relations humaines et amoureuses sont au cœur du récit), soumis à la fatalité mais non au manichéisme total. Le film s'apparente en effet à une tragédie, dans le sens littéraire, donnant de vrais moments de gloire et d'autres de silence total. La salle était muette, terrifiée par ce qui se passait, certains ricanaient par nervosité, d'autres pleuraient. Quel accomplissement. Quelle apothéose. Non sans défauts cependant. En effet quelques comportements semblent grossiers (Star-Lord) et des facilités scénaristiques empêchent une consécration des plus sacrées, mais cela reste magique, se finissant dans un silence pénible mais inéluctable.

Il m'appartient de croire à ces silences,
Limpides et rugissantes questions,
Bâtissant maisons, forêts et routes ambiantes
Sur lesquelles marchent ensemble les ronces

Il m'est apparu une marche, menant à l'ancestrale obélisque de l'humeur
Une fresque à part, douce à la vue mais craquelée au toucher,
Où les visages du monde sont inscrits,
Enfermés dans une seule et même vision de peur

Avengers : Infinity War est un excellent film, je ne peux rester purement objectif tandis que le spectacle promis est à la hauteur des attentes, j'attends cependant de voir ce que les studios vont supporter par la suite, car si à la fin le monde n'assure aucun mouvement ambiançant, nous savons que tous que cela se finira dans le sang.

Au loin derrière les montagnes de corps suspendues,
Attendent ainsi les réclamations,
Sifflotant dans l'air, comme une odeur de poison,
Un humus de mères, courant vers leur fils dont les membres sont brandis dans la rue.

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