Une Recette qui manque de fraîcheur

Avis sur Avengers : L'Ère d'Ultron

Avatar Anfalmyr
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Depuis 2008, Marvel nous construit un univers cinématographique pour ses célèbres super-héros, et cette semaine sortait donc le dernier chapitre de la Phase 2 de ce cinematic universe. Après le succès planétaire de son Avengers, Joss Whedon revenait à la barre pour Avengers : l’Ère d’Ultron. Un épisode à l’image de l’arc narratif qu’il conclut, inconsistant.
Le premier Avengers se voulait la conclusion de la première phase comme la pierre angulaire de tous les films précédents, exécutée comme un bouquet final lumineux et pétaradant, ce n’est pas le cas de l’ère d’Ultron. En effet, la plupart des films de la phase 2 se sont malheureusement reposés sur les conséquences de l’intrigue d’Avengers, sans véritablement lancer le cinematic universe dans un nouveau cycle au cadre bien dessiné. Finalement, seul le récent Guardian of the Galaxy creuse véritablement ce qui sera la grande confrontation déjà annoncée pour 2018 avec la première partie d’AVENGERS INFINITY WAR. De ce fait, ce qu’on pouvait attendre de ce AVENGERS 2, si ce n’est de conclure une phase 2 particulièrement déceptive, c’est au moins de lancer la phase 3 avec force et fracas.
Si la structure du récit s’avère sensiblement proche de celle du premier opus, quoique j’aurais envie de vous dire que c’est un calque du premier film Tortues Ninjas de 1990, le film n’a aucun impact sur la franchise Marvel au cinéma. Une critique évidemment un peu dure et quelque peu abrupte, mais c’est malheureusement le constat que j’en fais au sortir de ma salle de quartier. Seule la rivalité naissante entre Stark & Rogers pose la base de ce qui sera à coup sûr le gros film de la phase 3, à savoir Captain America Civil War. Constat appuyé par le fait que cet Avengers 2 se repose plus sur Le Soldat de l’Hiver que sur tous les autres films de la phase 2, ce qui est en soit une très bonne chose puisque le film des frères Russo était selon moi le plus audacieux des films post-Avengers.
L’Ère d’Ultron n’impose jamais de nouvelles ambitions narratives au cinematic universe, mais il marque malgré tout la fin d’un cycle pour Marvel, et la mise en lumière de nouveaux personnages voués à apporter une nouvelle orientation graphique à la franchise. Et cette nouvelle orientation se ressent d’ailleurs dans la très bonne dernière demi-heure de cet Avengers 2, avec une iconographie beaucoup plus christique et bigarrée, comme si Marvel n’avait plus besoin d’inscrire ses super-héros dans une démarche naturaliste et décidait enfin de lâcher les chiens et de proposer un spectacle fun et décomplexé. Cependant, si cette fraîcheur s’applique à la dernière partie du film, cela crée un déséquilibre dans la réal’ globale, puisque beaucoup de scènes continuent d’être filmée caméra à l’épaule dans un style documentaire. De plus, le film se permet un ventre mou particulièrement plat, sensé illustrer la fragilité de nos héros face à cette puissante menace (comme dans TMNT 1990), mais qui a l’effet inverse de surligner le manque de mâche dans l’écriture des personnages. En résulte des scènes bien trop longues sur Black Widow & Hawkeye, car n’ayant pas de film à eux, il fallait trouver dix minutes pour tenter vainement de leur construire un background.
Pour finir, il devient assez difficile pour le grand public de suivre tous les tenants et aboutissants de l’histoire, si mince soit-elle, car les films sont construits de telle manière que Marvel s’attend à ce que le public ait vu tous les films sortis depuis. Apparitions de personnages aperçus dans un seul film, rapprochement sans explication avec l’histoire d’un autre… Pour les gens qui ne tiennent pas un listing de tout le cinematic universe, cet Avengers 2 peut s’apparenter parfois à un défilé de personnages inconnus et de la poursuite d’une mission dont on avait tout oubliée.
Le plus triste dans cette affaire c’est que ce film promettait d’apporter une part sombre à la franchise, en tissant de véritables rivalités entre nos héros. La présence d’Ultron était une promesse formidable dans un univers qui manque cruellement de véritable antagoniste à la mesure de Loki. Et une fois de plus, la promesse est vite oubliée au profit de petite blagues cabotines et de clin d’œil au premier film qui tirent souvent vers la copie pure et simple.
L’Ère d’Ultron n’est sûrement pas la catastrophe industrielle que son manque flagrant de com’ pouvait laisser présager, mais simplement un nouvel exemple d’une énorme machine qui avance à pas pachydermique sans prendre le moindre risque ni épouser pleinement les ambitions narratives que son titre promettait. Plombé par un manque flagrant de choix dans sa direction artistique, cet Avengers 2 offre malgré tout une jolie demi-heure de grand spectacle. C’est pas aussi sympa et rythmé que le premier, mais c’est toujours mieux que la majorité des films de la phase 2. À suivre.

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