Apre monde

Avis sur Babel

Avatar Olivier Bretagne
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"A mes enfants", voilà ce qui clôt ce long film, dur, où plusieurs histoires de famille se déroulent toutes liées entres elles par un fil ténu.

Un couple d'américains en crise part au Maroc faire une excursion et lors d'une balade en bus dans des montagnes désertiques du sud, se fait tirer dessus. La femme est gravement touchée au cou. Ils sont malheureusement au milieu de nulle part. Un village reculé, un médecin de campagne, un guide qui fait ce qu'il peut chez lui pour apporter de l'aide. Le bus de touristes qui les accompagnait qui a peur et les abandonne. Puis l'attente.

Le coup de feu a été tiré par des gosses pour rire. Le fusil lui, provient d'un japonais, riche chasseur qui l'avait laissé à son guide marocain.
Le japonais vient de perdre sa femme qui s'est suicidée. Leur fille, adolescente sourde muette, peine à s'en remettre. Elle cherche un sens à sa vie. Essaye d'attirer des hommes plus âgés. Sans succès.

Au Maroc, la police enquête et retrouve les enfants. Les enfants des américains quant à eux, se retrouvent au Mexique pour le mariage du fils de leur nounou qui les emmène sans l'accord des parents. Revenir aux US va mal se passer et ils vont se retrouver abandonnés par deux fois dans le désert. D'abord avec la nounou. Puis sans. Comme leur maman ils vont s'en sortir. Ce n'est pas le cas d'un petit gosse du Maroc qui sera abattu par la police. Lui contrairement à la maman américaine n'aura pas le droit à l'hélicoptère pour le sauver. Ce n'est pas le cas de la nounou non plus, qui arrêtée est expulsée et doit abandonner sa vie américaine.

Le monde est lié par de petites choses visiblement. Mais sous l'apparent lien, il est désuni. Babel!!

Après la fête c'est la gueule de bois, au sens propre comme au sens figuré. Le voyage marocain tourne mal, le mariage mexicain aussi, tandis que les américains se retrouvent et les japonais aussi.
On passera vite sur d'éventuels messages politiques, ce n'est pas le sujet.
Le film traite de l'enfance, à tous les âges dans tous les pays du monde. Certains ont de la chance d'autres pas. Ils peuvent être riches, pauvres, handicapés, citadins ou vivant livres au milieu de décors splendides, ils sont tous fragiles. Ils ont besoin qu'on les aide, qu'on les accompagne du mieux qu'on puisse même si parfois c'est difficile et on ne sait pas comment faire. Alors oui on a le droit de s'effondrer comme Brad Pitt au téléphone en sachant que ses enfants vont bien. D'être ému en récupérant sa gamine qui va mal mais heureux d'être là au bon moment. D'être désemparé de devoir renoncer à sa vie car on a mis les enfants dont on avait la charge en danger. De hurler à la mort la perte de son gamin qui n'a pas mérité la punition qu'on lui a infligé.
On sort de là éprouvé. D'autant que la caméra sur l'épaule nous plonge comme dans un documentaire au plus près des sujets. En boite de nuit, dans la montagne rocheuse, dans le désert californien. Partout on court et à la fin on bute sur la police, effrayante, car inflexible et violente, mais dépassée aussi.
C'est un beau film, avec de formidables acteurs, mais que c'est dur.

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