♪♪ They call me Baby Driver! ♪♪

Avis sur Baby Driver

Avatar TheoC
Critique publiée par le

Quand on adore Edgar Wright, autant dire qu'on a placé une pierre blanche sur le 19 Juillet 2017 et qu'on attend le dernier opus avec impatience... Belle surprise alors en se rendant aux Secret Premières (merci à eux) de tomber sur Baby Driver!
Etant donné que le film ne sort pas tout de suite et que je ne voudrais pas vous le spoiler, je vais séparer ma critique en deux, la première partie est spoiler-free et je vous invite à la lire avant la séance. La deuxième partie entrera un peu plus dans les détails et notamment sur les faiblesses du film

L'Avant-Séance :

Le trailer le plus stylé de l'année tient ses promesses au niveau du rythme. Dès la première minute, accrochez vos ceintures car la caisse de Baby a de la reprise et il passe en 5ème vitesse direct! Le tempo de l'action est soutenu par la bande son nourrie dont la place est centrale dans le film et qui est exclusivement diégétique (les personnages du film l'entendent aussi). Le montage-son du réalisateur est toujours excellent et ajoute une dose de fun aux scènes d'actions. Dans l'ensemble c'est un très bon moment à passer surtout à conseiller à un public jeune qui pourra se reconnaitre dans les personnages principaux.

Par contre, soyez prévenu, Baby Driver est un film d'action plus qu'une comédie alors que dans les autres films d'Edgar Wright la comédie est placée au premier plan : Shaun of the Dead par exemple, l'apocalypse et les zombies sont plutôt un cadre original pour placer des gags que l'enjeu du film. Et son cinéma est justement rafraichissant pour ça, trouver des gags là ou les autres films n'auraient pas pensé en placer un. Je regrette de voir Baby Driver s'éloigner de cette veine. Pas de crainte néanmoins il y a toujours des passages de comédie visuelle et de bonnes blagues. Mais le ton se veut plus sérieux que dans le reste de la filmographie du réalisateur.

L'Après-Scéance :

Le jeu d'acteur est inégal. Si j'ai apprécié la performance de Kevin Spacey et adoré celle de Jamie Foxx (il commande chaque scène dans laquelle il apparait), les deux personnages principaux m'ont moins charmé. Sans doute parce que leur romance établie sur deux jours ne m'a pas paru crédible au vu des épreuves qu'ils finissent pas traverser (tuer un certain nombre de gens, passer un certain temps en prison) et que les dialogues entre les deux sont les moins bons du film. Sans forcément être lourd niveau exposition, leurs échanges paraissent surtout balourds, insistants et sans charme. On voit mal pourquoi ils tombent amoureux en dehors du fait que Lily James et Ansel Elgort sont tous deux bien foutus.

La cinématographie est améliorée par rapport aux films précédents, on a des jeux d'ombres et de lumières qui ne faisaient jusqu'alors pas spécialement partie de la palette d'Edgar Wright. Cependant j'ai été déçu par le montage vidéo du film. Car à mon sens ce réalisateur est LE plus imaginatif de ces dernières années sur ses choix de montage et là malheureusement, ça n'est pas au niveau. On conserve quelques moments de comédie visuelle comme dans le trailer lorsque Baby part à reculons mais ils sont au final assez rare. Dans cette excellente vidéo, l'éditeur Tony Zhou met en valeur les points forts qu'il est le seul réalisateur à utiliser. Parmi les 9 points listés, Baby Driver utilise la synchronisation avec la musique à outrance et abandonne quasiment tout le reste. C'est bien dommage.

Le dernier bébé d'Edgar Wright multiplie les clins d'oeil et les inspirations d'autres oeuvres cinématographiques. En tête de liste : Drive (2011) de Nicolas Winding Refn ; le personnage du Driver est une force tranquille, un homme de peu de mots. On retrouve les mêmes compétences et le même caractère chez Baby. Les plans de voiture en plongée verticale en sont également directement tirés. Mais Baby est en permanence en train d'écouter de la musique d'hyperactif ou de danser dans son appartement, est-ce que son caractère renfermé n'est qu'une imposture derrière lequel il se cache? Il semble bien que oui mais cette façade ne tombe pas non plus lorsqu'il est avec Deborah. Et ça me pose problème si on veut me faire croire que c'est l'amour de sa vie qui l'attendra malgré la prison. Au final Baby est plus proche d'un jeune lambda au niveau caractère qu'un dur sous une façade calme, les adolescents s'y reconnaitront sans doute mais du coup on ne le prends pas autant au sérieux lorsqu'il décide de passer à l'action dans le troisième acte. Une autre différence cruciale, Drive joue sur le contraste, le film est aussi calme que son héros jusqu'au moment ou la violence explose brutalement et donc détonne d'autant plus. Baby Driver ne prends pas trop le temps de respirer en dehors des dialogues plats entre Deborah et Baby
Autre référence plus évidente, la pizzeria Goodfellas (sans doute un mauvais plan pour se ranger d'une vie de criminel). Le coloc' sourd rappelle étrangement Blind Al' dans Deadpool. La scène finale qui rappelle beaucoup celle de Heat (1995). Il y en a sans doute bien d'autres et cela méritera un second visionnage. C'est agréable un film d'Edgar Wright car on y découvre toujours quelque chose de nouveau en le revisitant et je ne doute pas qu'il en sera de même pour Baby Driver.

Dans l'ensemble j'ai passé un assez bon moment et je recommanderais ce film mais c'est en dessous des attentes que j'en avais. Si je met le doigt sur ce qui m'a le plus posé problème c'est justement parce que je me permet de l'exigence envers ce réalisateur qui est globalement excellent. Ca reste un film d'action sympa qui vaut le prix de la place de cinéma alors n'hésitez pas!

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 752 fois
9 apprécient · 1 n'apprécie pas

Autres actions de TheoC Baby Driver