Vous savez pourquoi je vais au cinéma regarder une comédie ?

Avis sur Babysitting

Avatar Alex D. Wolf
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Attention, la réponse à cette question est extrêmement surprenante. Je vous jure que vous ne vous y attendez pas. Bref, ce qui me motive avant tout et ce que j'attends au tournant, c'est de rigoler. Etonnant, non ?

Ce film ne s'y trompe pas et nous met au courant en un éclair : dès le début, on connaît la fin. Et si on a déjà vu au moins un film comique dans notre vie, on peut parfaitement deviner les grandes lignes sans se tromper juste en voyant la bande-annonce. Voilà, c'est dit. Qu'est-ce qu'il y a donc à présenter ?

C'est l'histoire de Franck, jeune Parisien bourré de rêves, qui a grandi en absorbant, au détriment de son aptitude à diriger son destin, le QI et le sens des responsabilités de ses deux meilleurs copains restés en enfance, constamment en quête d'éclate, et qui ne lui ont jamais lâché les basques parce que ça les rassure de fréquenter (et de pourrir amicalement au passage) quelqu'un qui incarne ce qu'ils ne veulent jamais devenir. Suite à une injonction de son patron, archétype du bourgeois qui n'a jamais vécu que pour sa fortune et pour se prouver à lui-même qu'il peut réussir, Franck se retrouve forcé de garder Rémi, le fils du patron qui représente à merveille la citation d'un auteur fleuri "celui qui est né bourgeois n'aspire qu'à ne plus l'être". Le sale gosse qui cherche constamment à se grandir et à s'imposer pour se persuader qu'il n'a pas à passer par la souffrance de l'enfance promet déjà le bon calvaire, mais c'est sans compter la fête des trente ans de Franck, déplacée sans l'accord de ce dernier par les amis et les amis des amis, représentants volontairement exacerbés de la génération ingrate et hédoniste qui se foutent totalement d'où ils sont tant qu'ils peuvent y faire la fête et oublier un instant toutes les règles et les limites imposées par la cruelle société. Ajoutez-y l'incarnation de l'anima du protagoniste sorti du fin fond de l'Univers pour l'occasion avec l'habituel brisage de rêves au passage et un statu quo dont on connaît le dénouement, et vous avez finalement des personnages et des relations tout ce qu'il y a de plus banal.

Le film nous place directement après le déluge et nous invite indirectement à revivre la soirée ; on est alors parti pour une longue série de quiproquos, de suite logique, de gaffes, menées à merveille par des acteurs très compétents et parsemée de petites références bien poilantes. Ah, c'est sûr qu'on n'est pas dans un humour de Desproges ou de Devos, c'est pas du fin jeu de mots ou une quelconque référence à la morne condition humaine, c'est très commun et c'est clairement rire du malheur des autres, mais si on est un peu réceptif, il y a moyen de se taper de sacrées bonnes barres, et les réactions en direct du couple BCBG donne le coup de pouce final pour un rythme qui se maintient bien.

Après, on admettra que d'un point de vue cinématographique, on aurait pu faire mieux : l'effet caméra embarquée est correct mais parfois c'est juste n'importe quoi, on peut difficilement la tenir aussi droite dans certaines situations, le cadrage presque trop parfait cause un décalage entre l'aspect "sur le vif" et l'aspect "je raconte une histoire", les ellipses tombent toujours à point nommé, bref, c'est clairement un film conçu, calculé et scénique alors qu'on aurait pu insister davantage sur ce fameux aspect "sur le vif".

Nonobstant, je n'oublie pas que j'ai vraiment apprécié cette épopée un peu burlesque et clairement pas prétentieuse. Je vous recommanderai volontiers d'y aller si vous ne cherchez pas à tout prix à l'attaquer sous tous les angles les plus rabattus : c'est français, c'est copié, c'est des comédiens prétentieux... Mais BORDEL on s'en FOUT on est là pour RIRE, pas pour juger l'industrie cinématographique ! Si ça vous fait pas marrer ben OK y a aucun problème avec ça, on ne peut pas tous rire de la même chose et heureusement (à titre d'exemples, celui qui me fera rire avec le Donjon de Naheulbeuk n'est pas encore né alors que je me suis pissé dessus sur la série abrégée des Chevaliers du Zodiaque), mais dans tous les cas, pourquoi aller se chercher des excuses ou entrer dans le jugement ? On en rit, très bien, on en rit pas, tant pis. Voilà tout.

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