Je suis (encore) ton père

Avis sur Bad Boys

Avatar Step de Boisse
Critique publiée par le
  • Alors, tu l’as enfin vu ! Tu as aimé.
  • Hum.
  • Allez, je suis sûr que tu as kiffé.
  • Hum.
  • C’est trop bien !
  • Parle normalement.
  • Alors toi aussi ! Toi qui écris des critiques à longueur de journée, développe un peu, argumente.
  • Laisse-moi le temps de réfléchir.
  • Je peux t’aider. Ce film est mythique, c’est le prototype inégalé du buddie movie, l’alpha et oméga, tu me suis ?
  • Jusque-là oui, tu opères un raccourci entre l’évangile de Jean, « Au commencement était le verbe… » et l’Apocalypse, la fin, l’Armageddon !
  • Ah bon ! Je pensais surtout au buddy movie, le film de potes, un duo de héros aux caractères opposés mais liés pour la vie. Tu comprends ?
  • Oui, je crois, merci. Tu oublies l’Arme fatale, sorti en 1987, soit huit ans avant tes “mauvais garçons“. Mel Gibson et Danny Glover ne sont pas manchots, sont aussi partenaires et flics et leur duo oppose un bon père de famille et un séducteur invétéré. Tout pareil au tien.
  • Tu es sûr ? Non, un seul est black.
  • Ok. Seule différence.
  • Bon, admettons alors que Bad boys repousse les limites du concept.
  • J’y vois surtout un poncif de la narration : de Don Quichotte et Sancho Pança à d’Artagnan et Planchet.
  • Là, je t’arrête, les mousquetaires étaient quatre !
  • Huit avec les domestiques, soient quatre duos de buddies/copains.
  • Tu t’égares, restons au cinéma. Hollywood a tout inventé.
  • Tout repris, tout recyclé, pense au merveilleux Un singe en Hiver (1962, Gabin et Belmondo) ou aux Ripoux (1984, Therry Lermite et Philippe Noiret), voire, pour associer nos amis italiens, à Trinita et toute la filmographie de Terence Hill et Bud Spencer.
  • Ils ne sont pas italiens !
  • Si. Laisse-moi te présenter Carlo Pedersoli et Mario Girotti de leurs vrais noms. Mes potes pour la vie. En termes de baffes, de poursuites, de disputes, ils ont tout inventés.
  • Des navets oubliés.
  • Peut-être.
  • Tu es ringard.
  • D’accord, mais Luke… je suis ton père.
  • Je ne le sais que trop, tu me l’as faite cent fois. Revenons à Bad Boys, j’aime le concept, la ville ultra moderne, la musique, les barons de la drogue, les callgirls, la violence…
  • Une reprise de la série Miami Vice (1984 – 1989) sur un ton plus humoristique. Le tout jeune et tout sémillant Will Smith reprend le rôle d’Eddie Murphie dans Le Flic de Beverly Hill (1984).
  • Ok, mais là ils sont deux : Will Smith et Martin Lawrence.
  • Oui, comme dans la série Starsky et Hutch (1975), ma préférée. Où même, remontons plus loin, à Amicalement vôtre (1971), avec deux gosses de riches… au lieu d’un.
  • Tu m’énerves avec tes vieux trucs.
  • Vieux pour toi, mais qui sont, de fait, les références de Michael Bay. Il a 52 ans.
  • Non !
  • Si. Nous avons le même âge.
  • D’accord, si tu admets que Smith et Lawrence sont bons.
  • Oui, note que Martin Lawrence est la tête d’affiche, il est alors bancable. C’était avant le désastre Big Mamma.
  • Oui, hélas, il ne fera pas mieux. Rien sur Michael Bay ?
  • Je te sens hésitant, notre maître en pyrotechnie tient son premier film. Avec un budget dérisoire (19 millions), il parvient, en une seule scène d’anthologie, à faire sauter deux avions, un camion, un aérogare… sans effets spéciaux. Le tout en prises de vue réelles.
  • Pas une faute de goût.
  • Si, il détruit une Shelby Cobra 427.
  • Et alors ?
  • C’est douloureux, mais le sacrifice était utile : il lui permet de passer l’épreuve du premier film avec les félicitations des producteurs, il disposera désormais de budgets illimités pour assouvir sa passion pour l’explosif.
  • J’aime moins la suite.
  • Tu as tort, ce gars est un génie. Ses films ont remporté 5,85 milliards de dollars, soit troisième total après ceux Steven Spielberg (9,54) et James Cameron (6,20). Bay est même le second en terme profitabilité. Tout cela avec uniquement des bouts de scénarios qui recyclent éternellement les thèmes éculés des mauvais garçons, des robots tout cons et de la fin du monde, accompagnés de monceaux d’explosifs.
  • C’est nul.
  • Nul mais génial, pense qu’il a tourné quatre fois la même histoire de robots qui se transforment et qu’il finalise le troisième opus de Bads boys.
  • La suite est sans intérêt, revenons à Bad Boys 1. Tu ne lui trouves donc aucun mérite !
  • Si. Tchéky Karyo est excellent en tueur psychopathe, le premier d’une longue série de méchants français. La fille en danger est jolie. Je regrette que la callgirl soit aussi vite éliminée, belle fille !
  • C’est tout.
  • Non, le langage est cru. Il y est beaucoup question de bites.
  • Tu regrettes.
  • Non, je reconnais le côté transgressif.
  • T’es vraiment un vieux c..
  • Fais gaffe fiston !
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