" Et toi aussi tu donnes de la force "

Avis sur Baden Baden

Avatar Juliette Devaux
Critique publiée par le

Rarement j'ai eu l'occasion de voir un film à la fois aussi prétentieux et raté.
Ana, le personnage que l'on suit durant les 100 longues minutes que dure le film, n'est ni touchante, ni contemporaine, ni féministe. C'est simplement une jeune fille perdue, sans aucun traits de personnalité notables. Elle vit des histoires d'amour inintéressantes, qui sonnent parfaitement faux et semble s'épanouir dans cet environnement de jeunes mous s'inventant une profondeur intellectuelle.

Sa relation avec son ex est d'une niaiserie effarante, il m'a été difficile de regarder la scène des retrouvailles tant le contenu des dialogues et la gestuelle des acteurs rivalisent de nullité. (cf " J'ai l'impression d'être ton chat " quand le jeune homme passe une main dans ses cheveux).

Certains verront dans ce film une oeuvre d'art moderne, quelques critiques louent la mise en valeur de l'architecture et le côté "décalé" du long métrage. Je considère que l'ineptie du scénario rend la recherche artistique grossière : il ne suffit pas de mettre de la couleur et de la symétrie dans les plans d'ensemble pour rendre un film poétique.

Un point positif néanmoins : le jeune homme qui l'aide à refaire sa salle de bain apporte il faut le reconnaître, une pointe d'humour qui permet de respirer un peu avant de replonger dans l'univers embarrassant du personnage principal.

Ana donc, vit différentes aventures (une liaison avec son ami, les retrouvailles avec son ex pseudo-artiste, la mort de sa grand-mère) tout en posant sur le monde un regard apathique, devenant de plus en plus détestable au fur et à mesure du film.

Mais le dialogue final constitue peut-être l'apothéose du malaise. Ana est assise avec un ouvrier qu'elle a rencontré récemment et qui manifeste par ailleurs un désintérêt remarquable à son égard. Ils sont face à l'Eglise du Corbusier dans les Vosges et la jeune fille sort cette phrase avec un air profondément satisfait d'elle-même : " Cette église donne de la force ", puis se tournant vers l'ouvrier inconnu qui n'a absolument rien apporté au film : " Et toi aussi tu donnes de la force." .

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 682 fois
10 apprécient

Autres actions de Juliette Devaux Baden Baden