L'impasse mexicaine

Avis sur Batman : Le Défi

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Trois ans après la sortie de Batman, Tim Burton reprend l'univers de la chauve-souris avec sa suite, Batman Returns, sorti en 1992. Et il est indéniable que Batman est clairement un personnage au potentiel burtonien assez extra-ordinaire, l'idée que je me fais de Batman se mêlant parfaitement à ma perception de l'univers de Tim Burton... Ma déception au visionnage de ce film en est d'autant plus grande !

J'espérais trouver dans Batman Returns ce qu'il me semblait manquer au premier film et pouvoir soulager cette frustration de ne pas aimer un film qui avait pourtant tout pour me plaire sur le papier. Malheureusement cette suite, bien que tout de même meilleure, cumule exactement les mêmes défauts que le premier film. Ces deux films souffrent du même essoufflement dans la deuxième moitié du métrage, des mêmes faux raccords et incohérences que mon amour pour le cinéma de Tim Burton n'a pas réussi à camoufler. Et cet essoufflement n'a rien à voir avec un problème de rythme ou de scénario qui sont tous deux parfaitement gérés mais plutôt à l'incapacité (semble-t-il) de Burton d'exploiter des personnages impeccablement introduits et très complexes.

La genèse du personnage de Catwoman est géniale et terriblement simple ; la folie a révélé ce personnage et il est atypique dans sa recherche egocentrée de sens à sa propre existence plutôt que dans la lutte pour la justice. Mais du coup, Catwoman semble souvent superflue dans ce film et n'a pas de véritable rôle à jouer (peut-être était-ce voulu, auquel cas je n'y ai pas été sensible), bien que la touche de fantastique en fin de film l'étoffe considérablement.
Quant au Pingouin, c'est le personnage le plus solide du film, il le soutient de bout en bout. Son aspect, son histoire le rendent sinon crédible du moins compréhensible. Nourri par la haine et les déjections des hommes, rejeté, humilié, il regarde et comprend l'hypocrisie dans laquelle ils vivent, se congratulant les uns les autres dans un sordide semblant d'humanité. Mais encore une fois, on dirait que Tim Burton est dépassé par la complexité du personnage et ne le traite pas en profondeur...

Batman Returns semble sans arrêt avoir le cul entre deux chaises, hésitant entre l'approche purement esthétique du premier film et un développement plus psychologique (que le Batman de Nolan assume et développe jusqu'à son paroxysme) caractérisé par la relation entre Batman/Bruce Wayne et Catwoman/Selina Kyle.

Cette hésitation dans le ton donne un côté bancal et fragile au film mais les somptueux décors et l'esthétique burtonienne le rendent tout de même attachant.

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Batman : Le Défi est une œuvre produite par Warner Bros©, découvrez la Room 237 de SensCritique.

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