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Avis sur Batman : The Dark Knight Returns, partie 2

Avatar SubaruKondo
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Bon. Je n'aime pas vraiment chercher de messages politiques dans les histoires de super-héros : ce n'est pas ce que j'y cherche, déjà, et si j'apprécie de voir en filigrane un message, une idéologie ou une critique sociale dans ce genre d’œuvre, celle de "The Dark kgnigt returns" n'est clairement pas en filigrane déjà, et je la trouve personnellement nauséabonde. Montrer un batman basculer dans l'utlra-violence, dans le tout répressif sécuritaire au point de monter une armée pour faire régner la loi est une approche intéressante si elle est faite avec le recul nécessaire, comme lorsqu'on traite tout sujet extrême. Cela pouvait nourrir l'ambiguïté, rendre notre fascination pour le chevalier noir teinté d'un rien de malsain...Mais ici, c'est balancé avec la subtilité d'un poing dans la figure, à l'avenant de l'ambiance de l'anime, ceci dit. Et au risque de passer pour un buveur d'eau tiède, là, ça ne passe pas. La complaisance avec cette notion d'ordre, de loi et d'autorité (les flics qui ouvrent le feu sur un type désarmé, Batman et son armée d'anciens délinquants ultra violents, le président des USA qui s'adresse à Superman comme on le ferait avec un chien dressé, Superman qui éradique la vermine communiste, etc) m'a sérieusement gâché le visionnage. N'en jetez plus, on a compris. Miller est tristement connu pour ses positions politiques pas franchement nuancées et ne les partageant pas, j'ai vraiment eu du mal à me faire asséner cette morale durant les deux parties.

Si l'on met de côté l'aspect idéologique, quid de la qualité de cette seconde partie ? Elle est meilleure que la première - à peine hantée par un Harvey Dent au bout du rouleau et par un groupe de brutes dégénérées dont le chef avait le charisme d'un killer croc sévèrement en manque d'inspiration - principalement grâce au Joker. Charmeur, étonnamment calme et composé, il change du psychopathe farceur de Burton et de l'ancienne série animé ou de l'anarchiste incontrôlable de Nolan. Le film lui prête même un côté assez sensuel, par le biais d'une méthode de manipulation d'ordinaire plutôt réservée à Poison Ivy. De son humour reste un côté pince-sans-rire glacial qui parachève un ennemi de grande classe pour le chevalier noir....ce qui n'empêche nullement le scénario de l'expédier en trente pauvres minutes sans qu'il n'ait aucune réelle utilité dans l'histoire, si ce n'est de faire un bon paquet de victimes, sans rien changer ni à la situation de Batman, ni à celle de Gotham, ni à la position des flics, déjà opposés à la chauve-souris. Certes, l'affrontement entre Batman et sa nemesis reste le meilleur moment du film. Et par opposition, l'heure qui suit est d'un chiant rarement atteint. Je sais que cette histoire d'attaque nucléaire est présente dans la BD originale mais elle m'y avait paru largement moins surréaliste. La confrontation Batman/superman est plate, emmerdante, là où on attendait un combat de titan.

Pour finir, the Dark knight returns est une suite de combats qui s'enchaînent sans temps mort au point de devenir brouillon, sous-traite les bad guys au rang de quasi-caméo et fait l'apologie de la répression absolue sans nuance et sans recul. Sur ce point, on peut dire que le film est fidèle à l’œuvre de Miller mais elle n'a pas son talent graphique. Les quatre points sont pour le joker et sa confrontation avec Batman, la seule demie-heure intéressante sur deux heures et demi d'ennui.

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