Le météore et la nuit

Avis sur Batman v Superman : L'Aube de la Justice

Avatar Toshirō
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DANGER : zone radioactive pour les allergiques au spoiler. Et pire encore : je mords aussi.

Rorschach’s journal. 2016, Easter day :

Un ex prof de philo du MIT a un jour posé cette question : « qu’est-ce qui nous tue ? ». Alors voilà, pour ce qui est du « nous » en général, du grand mystère et tout l’tralala, j’m’en tamponne un peu. En revanche, pour les capes et les masques, j’ai ma petite théorie. Mais avant d’éventer le grand complot, un peu d’histoire :

Il y a bien longtemps, à l’apogée de Krypton, époque dite des Lumières (parce que l’étoile autour de laquelle la planète décrivait sa révolution était alors encore jeune et brillante), deux frères particulièrement éclairés de la maison de Med quittèrent leur foyer. Alertés par une sonde de l’apparition sur une lointaine petite planète bleue d’une forme de civilisation basée sur l’interdépendance de deux étranges coutumes aujourd’hui appelées « démocratie » et « esclavagisme », ils avaient décidé de payer leur visite aux primitifs.

Bien plus tard, après une longue et indéterminée période à errer dans l’espace vaste et froid, y expérimentant ce qu’un confrère lancé sur leurs traces théoriserai dans un futur plus ou moins proche (suivant où l’on se situe) en lois dites de la relativité, ils se crashèrent par mégarde sur leur objectif (certaines sources avancent l’hypothèse que l’un d’entre eux aurait oublié d’actionner le frein à main au moment d’atterrir. Bonne blague. Rideau). Rescapés, sans espoir de retour et, je n’en doute pas, vachement vénères, les deux frères se séparèrent.

L’aîné, Archi, sut bien vite s’adapter à son nouvel environnement et se faire accueillir parmi les primitifs qui, à son contact, apprirent beaucoup et évoluèrent de singes à savants. Il fût même à l’origine de l’un de leurs principes qu’il mit en évidence à la suite d’une chute dans une salle d’eau au cours de laquelle il aurait prononcé les mots « putain-merde-fait-chier-sur-le-savon-j’ai-glissé ! », traduit du kryptonien en « eurêka ! » (à ce sujet, notez cette troublante coïncidence voulant que, quelques années après, le 5 novembre 1955 pour être précis, un autre kryptonien échoué sur Terre connaissent une chute similaire dans ses WC. Marrant, pas vrai ?).

Le cadet, Moa, connut quant à lui une autre vie. Le fait est qu’il déteignait parmi ceux qu’il rencontrait. « Aaaaaoooooooooooooouuuuuuuuuuuhhhh ! » : qu’ils disaient tous à sa vue. La faute au crash ! Placé devant son frère plus protégé que lui au moment de celui-ci, il en était sorti tout roussi. Et rien n’y avait fait : sombre désormais il était. Chose qui, évidemment, trahissait son origine et, de par le monde, lui valut le rejet. Alors, suivant sans même le savoir (mais sans chuter quant à lui) l’exemple de son frère, il énonça à son tour un principe qu’un lointain cousin descendant de la maison de El allait un jour expérimenter à son tour : toute altérité plongée dans une norme subit une poussée opposée à sa volonté de s’intégrer. Also spacht Moa. Putain, et il avait bien raison le gars.

Et maintenant que j’en ai fini avec la parabole, j’passe à table.

He wanted to entertain us. And we said… No !

Pour les plans de Warner Brothers comme pour la carrière de Zack Snyder, Man of Steel, ce n’était pas une petite étape, vous voyez. Pour les uns, c’était le premier planté de piqué d’un futur univers connecté comme seuls les mikeys avaient alors osé le faire. Pour l’autre, c’était l’occasion d’une relative mais bienfaitrice redéfinition de son style. Sorte de « déphotoshopage » partiel mais réel ou le veejaying et le ralenti de clip monté sur standards compilés cédaient la place à des effets de zoom plus brut, de recadrage et de caméra portée ayant pour but de tailler dans le pixel ce que certains ont appelé des « images-traces ». Celles qui revendiquent par leur forme simulant la maladresse leur origine : saisies sur le vif, volées au chaos du réel. Un vrai choix de mise en scène en somme. Et de fait, pour aborder le (mono)mythe sculpté dans un monolithe qu’est Superman, c’était un choix plutôt approprié. Parce qu’après tout, c’est vrai : comment approcher un dieu si ce n’est en titubant et en clignant des yeux ? Le faire autrement serait hybris. Et la sentence de l’hybris, on le sait depuis fort fort longtemps, est la cécité bien souvent.

Mais le public contemporain mérite t-il seulement de le voir, ce dieu ? Quand bien même il ne s’agirait que d’un héros de fiction ? C’est le genre de questions qui se posent à la vision de ce Batman v Superman (une horreur ce titre). Un objet étonnant ce film, j’vous l’dit, et (contrairement à Man of Steel) assez peu attrayant en tant que blockbuster sensé surexciter les rétines. Mais par contre, il y a là un truc assez intéressant dans sa dimension « méta », en tant que symptôme et - ayez, j’balance ma théorie - constat plus ou moins consciemment formulé et désemparé d’une époque étrange où l’héroïsme le plus pur et dénué de tout cynisme semble être un délit de sale gueule (et vous savez qui dit ça).

Parce qu’aujourd’hui, à l’heure du tracking et des algorithmes de consommation culturelle, des succès instantanés et des échecs préprogrammés, le processus de fabrication d’un film d’une telle ampleur, ben c’est plus tout à fait le même qu’hier. Désormais, la technologie s’en est mêlée. Et Hollywood, plus frileux que jamais, s’est mis à spéculer à vitesse grand V. Sur quoi, me direz-vous ? Sur les attentes du spectateur-internaute-consommateur, pardi. Or, qu’est-ce qu’il dit ce public cible à travers sa consommation quotidienne « bigdata-isé ». Qu’ordonne cet e-client roi à travers ses choix d’ceci et pas d’cela ? Que veut-il, celui dont les planqués du marketing et adeptes du montage financier prophétisent les tendances à travers leur boule de cristal à statistiques ? En gros, vla son opinion : « Superman n’est pas intéressant, et même, pour être honnête, drôlement chiant. Nous autres, on préfère Deadpool, il est peut-être con mais il a la découpe dans le sang. Et c’est bien plus marrant. Quant à ce dieu qui se prend trop au sérieux (en plus d’être un sale meurtrier, l’enfoiré !), apportez-nous donc sa tête naïve, qu’on la lui coupe ! ».

Vous voyez l’tableau. Pas joli joli, hein ? De ce rapport d’une bonne partie du public à un personnage qu’il ne comprend plus et qu’il ne veut surtout pas chercher à comprendre, préférant ne pas voir sa lumineuse mythologie de la filiation, mépriser sa dimension messianique, moquer son éternelle positive attitude, ou encore lui reprocher ses airs de péril nucléaire volant, le film de Zack Snyder se retrouve donc lesté, presque bâillonné. Héritiers contre leur grès de cette « croisade » laïque lancée contre le personnage christique (mais surtout du tout et du n’importe quoi, si vous voulez mon opinion), le réalisateur et ses scénaristes David S. Goyer et Chris Terrio se retrouvent donc sommés de gérer comme un fardeau le « problème Superman » : cet embarrassant super-héros aux sens plein et lourd du terme que le cinéma hollywoodien contemporain ne mérite pas (alors même qu’il en aurait bien besoin… pour se sauver de lui-même). Alors comment faire ? Comment aménager suffisamment d’espace à ce personnage cosmique quand lui sont reprochées ses interventions atomiques ? Comment intégrer le surhomme des années 30 version US à une époque où le super-héros est prié de s’excuser d’être « super » en pratiquant l’autodérision et/ou la traumatologie de comptoir (pffffff, femmelette !).

À cette question, le film tente de répondre de trois façons : d’abord, assez intelligemment, en problématisant le rapport de l’homme d’acier à l’humanité comme en échos au rapport proprement à chier que le personnage entretient avec les spectateurs dont j’viens d’causer. Ensuite, un peu plus lâchement, en préférant au solaire kryptonien le sombre vigilante gothamien. Comme pour nous donner un point de vue à notre misérable hauteur, humaine trop humaine, larvaire j’dirais même. Et aussi, au passage, pour rétablir dans toute sa gravitas l’imagerie du 11 septembre autrefois convoquée avec, faut avouer, un peu de « légèreté ». Et enfin, plus étonnamment, en faisant du destin de l’alien qui rêvait de sauver l’humanité sans lui demander son avis ni en payer le prix une sorte de tragédie wagnérienne : une espèce de Götterdämmerung si vous voulez. Le tout sous le regard en évolution d’un Batman faussement millerien réalisant trop tard son aveuglement. Quel con ce flamby.

Tonight, an alien died in Metropolis

Alors, coup de gueule en forme de requiem à moitié hypocrite de la part d’un réal de comic book movies ayant toujours clamé son grand attachement à la mythologie super-héroïque ? Ou manœuvre d’un studio torpillant (pour un temps…) un personnage jugé trop peu bankable au profit d’un autre à la popularité presque jamais démentie ? Entre ces deux mouvements, j’dirais que le film semble se cristalliser, voire se « kryptonitiser » si vous m’passez l’expression. Si bien qu’il me paraît difficile de voir clair au travers de toutes les intentions qui le mènent, et pour certaines d’entre elles dans des directions contraires. M’est avis qu’un des frères Nolan n’aurait pas été de trop pour unifier ce bol de spaghetti qu’est ici le scénario. Et pourtant, me reste au final, bien plus qu’une dernière image plaidant pour une foutue manipulation de feuilleton trop inoffensive pour être l’unique explication, cette impression que la seule façon qu’aurait trouvée Hollywood pour faire vivre Superman au cinéma serait, paradoxalement, de le tuer (remember Singer…). Histoire de réaliser, au-delà de la transposition d’un événement déjà survenu dans les cases des comics (avec alors pas mal de bruit et de fric encaissé), le souhait formulé par beaucoup de voir l’ange s’humaniser. Moi j’vous l’dit : les salauds dorment en paix.

Mais dans le même temps - et c’est là que j’me dis que, dans le dernier tournant, la cohérence de la vision de Zack Snyder s’affirme pour reprendre les rênes de son film - ce sacrifice apparaît aussi comme une façon pour le réal d’accomplir et de parachever le destin du dieu. Et ce sur une note crépusculaire et apocalyptique me rappelant le parfum désabusé de l’œuvre d’Alan Moore et Dave Gibbons qu’en 2009 il avait déjà adapté. Je m’explique : s’il y a deux principales figures bibliques à la source du personnage créé par Jerry Siegel et Joe Shuster en 1933, Moïse et Jésus, Zack Snyder et ses scénaristes Christopher Nolan et David S. Goyer s’étaient chargés avec Man of Steel d’évacuer le premier de ces référents en faisant de Superman celui qui refusait finalement de faire renaître krypton sur Terre. Et donc, en quelque sorte, celui qui refoulait le Moïse potentiel en lui. Ne laissant de la sorte que l’autre modèle à suivre pour le film à venir : cette figure christique qui, par ailleurs, de Léonidas se sacrifiant les bras en croix à la fin de 300 à Babydoll faisant presque de même pour une autre à la fin de Sucker Punch en passant par la farce dont le Docteur Manhattan était fait dindon à l’issue de Watchmen, semble être au cœur du cinéma de Zack Snyder. Pigé ? Ok, j’poursuis. Et attention, j’passe en mode exégèse.

Or, pour pleinement embrasser ce modèle après en avoir raconté la genèse dans le premier film (naissance extraordinaire, éducation auprès des hommes, un Joseph et une Marie, puis les premiers miracles, croyants, opposants, etc.), il faut en passer par son inéluctable et cruel « climax », c’est-à-dire le martyr. Aussi, vous voyez le dernier tiers de Batman v Superman ? Et ben, douze ans après le film de Mel Gibson, il m’apparaît comme le récit d’une nouvelle Passion : celle du fils de El descendu sur Terre pour y porter sa croix avant de s’y faire trahir et tuer. Empalé sur le corps de son reflet monstrueux comme Jésus le flan percé et crucifié sur la terre où le premier pécheur (Adam) avait été enterré, Superman meurt enfin. Comme pour racheter sa « faute » d’avoir, deux ans auparavant, sauvé Métropolis en la rasant. Roulement d’tambours. Crac. Les Nornes ont tranché. Et Zack Snyder, puisant dans l’iconographie chrétienne (ici comme dans d’autres scènes où il fige l’image en ralenti-tableau composé autour de la figure du « saint ») de lui offrir sa descente de la croix - snif - dans les bras de Wonder Woman. Le sens graphique pour ne pas dire pictural du réalisateur devenant par là même particulièrement signifiant. Tandis que Bruce Wayne, l’aut’ tocard, en attendant la résurrection du « Super-Christ », se fait, tel Pierre, le premier de ses hérauts appelant à réunir les « apôtres » pour diffuser de par le monde le nouveau message d’espoir et de justice enfin compris. Un peu tard, les gars.

Allez, j’termine en y mettant les formes. Empruntant au récit fondateur de la religion chrétienne cette idée que l’Homme, incrédule, ne saurait reconnaître son sauveur qu’après l’avoir sacrifié, Batman v Superman se révèle sur le tard, et de façon assez couillue pour un rouleau compresseur de cette trempe, un film tout entier dédié à la complainte et contaminé par son humeur. Celles d’un monde qui, trop occupé à voir partout et notamment en l’altérité la menace, le danger, la crise, la cata… enfin la merde quoi, se condamnerait de lui-même à enterrer tout espoir, le refusant même jusque dans ses petites histoires.

Cultivant par là un certain héritage nolanien et plus sombre encore - il y a ici l’ambition d’une tragédie à la Siegfried, que j’vous dis ! -, le film m’a tout l’air de vouloir opposer à l’inconséquence synonyme de piñata aux œufs d’or des productions Marvel une volonté de connecter l’univers qu’il met en place (non sans difficultés) à une réalité beaucoup plus tangible. Ce faisant, il offre aux spectateurs la possibilité de s’impliquer sans la barrière de la distance ironique - cette salope ! - auprès de personnages confrontés à des enjeux qui - pas tous, j’vous l’accorde - sont plus adultes et sérieux si ce n’est toujours habilement amenés et articulés entre eux (à l’image du phrasé d’un Lex Luthor en mode mitraillette scorsesienne, ça s’éparpille un peu dans tout les sens tant ça veut dire des choses et paraître intello).

Plus chaotique et parfois malhabile que la concurrence ayant tranquillement pris le temps de se construire en une flopée de popcorn movies à épisodes, mais aussi beaucoup plus concerné, ambitieux, cinématographique et donc, pour mon flair de privé au cœur d’artichaut, aimable, le tentpole movie de Zack Snyder et Warner est certes un bon gros mastodonte transpirant l’imperfection. Mais il est aussi l’un des rares supermovies porté par un m’sieur ne méprisant à aucun moment les icônes dont il s’empare. Bien au contraire, et même s’il est ici en petite forme, il figure parmi les rares avec Sam Raimi, Brad Bird, George Miller, Ang Lee et Edgar Wright à savoir transposer des cases à l’écran la substantifique moelle du comic book (en gros, une histoire de cadres tour à tour dynamités ou composés pour mieux « icôniser »). Ce faisant, le réal croule bien souvent sous le poids des dollars investis sur son dos (quels pourris !). Mais il parvient tout de même par moments à faire entendre sa voix au milieu du brouhaha.

Et au passage, volontairement ou malgré lui, le mec semble aussi avouer la difficulté qu’il éprouve à réactiver la pleine puissance d’un monsieur indestructible que les desiderata de ceux-ci et ceux-là cherchent à cadenasser dans le marbre, la poussière ou une forme particulièrement crétine de politiquement correct (ouais, j’le dis comme je l’pense). Miroir réfléchissant de cette réalité, le film apparaît ainsi comme le négatif du plus libre et percutant Man of Steel. Le produit autant que l’amère réponse à une mauvaise presse qui, plus que celles voulues par son scénario, fait la tristesse et l’impression de gâchis que l’on peut ressentir à la mise à mort de Kal (vous auriez vu mes papillons, z’étaient tout flappis). D’où ce paradoxe : l’impression de voir ici, pour la première fois depuis un moment au cinéma, de véritables masques et capes. Mais des capes et des masques ramollis par leur prozac et venus nous dire ce que Brad Bird avait déjà (d)énoncé. À savoir que les temps sont bien durs pour les « supers » aujourd’hui.

Voilà, c’est dit. Et moi de vous laisser sur cet échange enregistré en douce sur le tournage :

Clark: the world is too bad, Mum
Mum: so drop it

N.B. : l'utimate cut, avec sa demi-heure supplémentaire redonne au scénario toute sa logique, aussi bien au niveau du piège tendu par Luthor (maintenant exposé avec clarté) que pour le déroulement des parcours de Batou et Supes, tous deux traversant une mauvaise passe expliquant, pour l'un, une attitude momentanément réac, pour l'autre, une sorte d’engourdissement-dépression l’empêchant de faire ce qu'il sait faire le mieux (nous faire lever les yeux vers le ciel et rêver).

Au bout du compte, le problème majeur de ce film très imparfait n'était donc pas celui des Mômans (qui reste une bonne idée pour prouver l'humanité de Supes à Batou et les rapprocher - existe-t-il une force plus universellement répandue à travers notre espèce que l'amour mère-enfant ? - même si très mal amenée dans les deux versions du films) mais ce choix de Warner : couper le film à la hache pour le ramener contre sa volonté à 2h30, au point de brouiller son storytelling et donc de perdre la plupart des spectateurs ayant l'impression d'être devant un bordel sans nom, plutôt que laissé sortir un film sans doute trop long, mais conçus comme tel et ne pouvant être réellement apprécié (en bien ou en mal) qu'ainsi, en 3 heure de temps !

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