Si l’homme ne peut pas tuer Dieu, la Warner s’en chargera

Avis sur Batman v Superman : L'Aube de la Justice

Avatar Juwain
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Tout annonçait un triomphe critique : des scénaristes (Terrio et Goyer) pluri-récompensés, un Snyder qui avait à cœur de faire oublier son tiède Man of Steel et la réunion de plusieurs arcs scénaristiques au sein de cette alléchante Ligue des Justiciers. Verdict ? Les super-héros DC laissent les spectateurs super-déçus.

Ça commence plutôt bien pourtant. La première heure sombre, noire et cérébrale porte la marque de Snyder. Le réalisateur de Watchmen fait débuter son Batman v Superman à la fin de Man of Steel en nous faisant intelligemment revivre la confrontation Zod/Superman à travers le regard de Bruce Wayne. Il nous trimballe entre Metropolis dont le héros local n’est plus en odeur de sainteté, et Gotham City où le plus célèbre des millionnaires renfile sa cape pour éradiquer la menace Superman. Ce faisant, Snyder pose les jalons d’un scénario prometteur et ambitieux.

On a pourtant envie d’y croire dur comme de la kryptonite quand on voit la scène fondatrice du meurtre des parents du petit Bruce réalisée avec un certain brio (avec force effets visuels, ralentis, gros plans, pathos). On compatira même au passage avec Jeffrey Dean Morgan (Thomas Wayne) qui doit être bien content de se faire tuer à chaque début de ses films (avec panache et élégance certes dans Watchmen du même Snyder).

Et puis patatras, dès que la surenchère d’effets spéciaux se met en branle à coups de combats dantesques, tout devient prévisible : Batman qui parvient à tenir la dragée haute à Superman grâce à vous savez quoi, ce dernier qui se plie aux exigences de Lex Luthor pour les yeux de vous savez qui, et Wonder Woman qui prête gentiment main forte aux deux justiciers dans un costume vous savez comment (c’est à dire aussi moderne et sobre que celui de la série des années 70).

Mais la palme du grotesque revient quand même à ce revirement de situation qui voit Batman épargner l’homme d’acier au motif que leurs mères… s’appellent toutes les deux Martha !!!
C’est un peu comme si personne ne s’étonnait que les enfants de Marthe Mercadier et Marthe Villalonga soient les meilleurs amis du monde par la grâce d'un doux prénom. Il fallait bien sûr y penser. Le sort de l’humanité tient parfois à des considérations onomastiques.

De quoi se plaint-on me direz-vous ? Batman v Superman nous donne aussi à voir gratos les bandes-annonces tant attendues des prochains films de l’univers DC. Non pas dans des teasers post-génériques – c’eût fait beaucoup trop Marvel – mais sur des vidéos privées dérobées par Diana Prince (alias Wonder Woman). Et hop – ce que femme veut, spectateur a – on découvre Flash, Cyborg et Aquaman qui arrivent comme un cheveu sur la soupe diégétique qu’est ce film à décidément trop gros budget.

Restent malgré tout LA rencontre entre deux monstres sacrés de la bande-dessinée réunis ici pour la première fois ; des scènes d’action magistralement orchestrées ; une photographie qui multiplie les références bibliques, ancrant ainsi davantage le récit dans le réel ; les gadgets de l'homme chauve-souris toujours aussi époustouflants et surtout, un Jeremy Irons qu’on se délecte de voir en Alfred, majordome paternel et désabusé.

Tout ça nous laisse quand même un goût amer.
Lex Luthor ne se trompe pas beaucoup quand il annonce la fin de Superman dans une réplique quasi-autoréalisatrice. Superman est bel et bien mort. Et c’est Warner qui l’a tué.

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