Ennui v Incohérences

Avis sur Batman v Superman : L'Aube de la Justice

Avatar Ryve
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A l'aube de l'annonce de Batman v Superman, j'étais plus qu'enjoué à l'idée de voir ce versus qui sur le papier donnait très envie. Au moment de la sortie, les critiques m'ont repoussé mais j'ai finalement décidé d'y aller. Bon après 1 mois, le cinéma dans lequel je vais ne proposait plus qu'une seule séance VO dans une salle pas très grande, mais cela m'a permis de me faire mon propre avis sur l'oeuvre.

Zack Snyder a réalisé plusieurs films que j'ai énormément apprécié, parmi ceux-ci, il y a 300, Sucker Punch, Watchmen ou même encore Man of Steel. On retrouve du coup sans surprise le même Superman que dans ce dernier film, qui délivre le même type de performance. Au moins de ce côté, aucune déception.

Dès les premières minutes, j'ai retrouvé la patte du réalisateur, et je me suis pris à espérer une claque tellement ces premières minutes m'ont inspiré.
La mise en scène, la musique, l'effet slow motion bien utilisé... tout était là pour en faire une séquence d'introduction sombre et poétique, afin de faire une entrée en matière du chevalier noir.

Seulement le plaisir fut de courte durée, car une liberté énorme a été prise sur le matériel de base, et je me suis senti insulté et surtout j'ai senti qu'on bafouait ce qu'était l'histoire de Batman.

Ceci s'est confirmé par la suite, ce qui a amené au film à ne ressembler ni à un Batman, ni à un Superman, et ni même à un cross over entre les deux. Je me demande même si j'ai vu un film de super-héros.

Les seuls points positifs que je peux donner à ce film sont les effets spéciaux, et la bande son. Le reste n'est qu'un ramassis de mauvaises idées.

On commence donc après quelques minutes par le jeune Bruce, qui tombe dans le caveau et où il tombe sur les chauve-souris qui feront naître plus tard notre cher Batman. Seulement là, il se retrouve à s'envoler avec les chauve-souris autour de lui... En voix off, le "vieux" Batman de 40 ans joué par Ben Affleck, explique que ceci était un rêve, un mensonge.
Mais non, non et non. Le jeune Bruce a eu la peur de sa vie à cause des chauve-souris. C'est pour ça qu'il en a fait son symbole, car il surmonte sa peur de cette manière et se représente par le fait qu'il sait surmonter sa peur. Là ce n'est plus la surmonter, on dirait que ce sont les chauve-souris qui l'ont choisi pour s'élever au rang de Super-Héros. Et non, je ne suis pas d'accord !

Batman se reprendra à rêver encore dans le film, dans une séquence dans le désert des plus affreuses. Il se retrouve à utiliser des armes à feu, avec des humains et des monstres venus de nulle part, avant de se "réveiller" et de voir un personnage venu de nulle part lui aussi, lui demandant de le chercher, et il se réveille encore une fois. Ce procédé vieux comme le monde a rarement été bon. Utiliser les rêves à juste titre pour justifier une peur, d'accord, mais afin de tordre le scénario et encore pire, afin de faire du remplissage quand c'est inutile, c'est contre productif et énervant au possible. Il en vient même à rêver qu'un monstre sort de la tombe de ses parents... encore plus inutile et juste là à titre de jump scare.

Après la scène d'introduction du jeune Bruce, nous sommes avec Bruce adulte, en train de conduire dans la ville. Une bataille entre Superman et des aliens fait rage dans le ciel, les immeubles s'écroulent. Bruce appelle son pote qui est dans l'un de ces immeubles et demande à tous les employés de sortir, chose que ce dernier aurait du comprendre de lui-même. Il accepte mais 2 minutes plus tard, ils n'ont toujours pas bougé et puis... ils meurent comme des nazes de la manière la plus inutile qui soit. Enfin non parce que cette stupidité scénaristique est la justification de la haine de Batman envers Superman... Bravo !

Après une bonne heure et demi interminable, Superman va enfin combattre Batman, dans un combat mou du genou et qui ne durera que quelques minutes. Au moment où la chauve-souris peut tuer son ennemi en collant, ce dernier lui demande de sauver Martha. Tiens, la mère de Bruce s'appelle pareil, donc celui-ci est perdu, et quand il comprend grâce à Lois (qui a au passage un sacré service d'hélicopter pour arriver aussi vite, vive le Daily Planet qui n'a soit-disant pas beaucoup d'argent) que la mère adoptive de Superman a le même prénom que sa mère, ils deviennent limite les meilleurs potes du monde.
C'est alors que Batman change de costumer, part aux commandes de son vaisseau, et va sauver la mère de son nouveau pote, tout ça en une dizaine de minutes. Heureusement qu'Alfred, qui s'est découvert une passion pour l'informatique et la haute technologie, était là pour trouver par magie où elle était retenue prisonnière. Et grâce à ces HOTAS (qu'il doit utiliser pour jouer à Elite Dangerous quand il s'ennuie sans son maître), il contrôle le vaisseau à distance pour amener Batou là où il faut. Quelle fine équipe.

En parlant d'Alfred, ce dernier n'a rien à envier aux agents de la CIA, du FBI, à Ethan Hunt ou à James Bond. Il peut faire infiltrer Batou partout et avec une facilité exemplaire. Il dirige Batou dans le bâtiment de Lexcorp (qui a une sécurité absolument inexistante), et notre héros peut ainsi brancher son petit outil à un câble apparent afin de copier/coller toutes les infos en 7 minutes chrono. C'est cool, le minuteur apparaît instantanément, aucun firewall ou quoi que ce soit, comme quoi Lex est excentrique mais pas très doué pour protéger ses données qui contiennent tout sur la future Justice League... Congrats!

Enfin, on a le droit à un invité de marque, Doomsday, qui est supposé être LE gros méchant de DC, mais là en 15 minutes c'est plié, grâce à Superman qui supporte par magie beaucoup mieux la kryptonite, car il arrive à voler avec la lance la contenant pendant à peu près la longueur d'1 terrain de football de chez Olive et Tom, à planter la lance dans Doomsday, et même à l'enfoncer plus profondément alors qu'il s'est fait lui-même aussi transpercer par la lance homemade de Doomsday. Ceci grâce à Wonder Woman qui a réussi à découper le bras de ce dernier avec son épée coupe tout.
Mais Doomsday a mangé de l'engrais donc il peut repousser ses membres, mais seulement en lance, il a pas eu le temps de se pousser une main avec des doigts.

Pendant tout ce bordel ridicule, notre Batou ne peut être que spectateur et s'enfuir de droite à gauche, de la même manière que je m'enfuis quand je joue aux jeux Arkham et que je n'ai plus beaucoup de vie. Sauf que ceci n'est absolument pas classe, que ce soit en jeu ou dans le film.

Et voilà on termine sur la mort de Superman, mais lors de la dernière seconde de film, la terre jetée sur le cercueil de celui-ci se soulève, nous amenant bien évidemment à penser haut et fort : Superman n'est part mort, et on aura des films de la Justice League, parce que merde Marvel fait bien Avengers faut qu'on rattrape notre retard !

Après tous ces spoils, je peux ajouter une dernière raison qui fait que j'ai vraiment détesté ce film, c'est que celui-ci n'a ni queue ni tête. Les scènes s'enchaînent sans vraiment de lien. Des tonnes de questions subsistent, des raccourcis scénaristiques énormes sont prit alors que le film dure tout de même 2h30. J'ai eu le sentiment qu'ils ont voulu trop en faire et qu'ils n'ont pas réussi à tout caser et à créer un lien logique entre tous les événements. Donc ils ont juste tout balancé dans cette bouillie qui donne à mes yeux le pire Batman depuis Batman & Robin, et le pire Superman depuis Superman Returns.

Pour une entrée en matière à Justice League, on commence très mal. Vous avez intérêt à remonter la barre bien plus haute si vous voulez retrouver les nombreux fans qui, comme moi, se sont sentis trahis par cette vision du combat entre deux des plus grandes icônes de Super-Héros.

La balle est dans votre camp !

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