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Beginners

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Alors, j'ai trouvé le film très beau, très triste et très sincère. Mais une fois n'est pas coutume, je ne vais pas vous parler du film dans ma critique. Je veux parler du public.

Vous l'aurez compris : c'est un coup de gueule.

J'aimerais vraiment qu'on m'explique ce qu'il se passe dans le cerveau du spectateur français (et plus précisément parisien) lorsqu'il va au cinéma. Quelle est sa motivation ? Le plaisir de voir une oeuvre d'art ? La volonté de ressentir des choses nouvelles ? L'envie de partager quelque chose entre amis ? Que nenni, apparemment le spectateur a envie de se MARRER, et c'est sa seule ambition.

Je suis allé voir au cinéma une bonne trentaine de films en 6 mois (merci la carte ugc illimité), et je n'ai pas passé UNE SEULE séance sans devoir subir les rires soit gras, soit nerveux, soit niais, de spectateurs qui visiblement souffrent d'une maladie mentale les empêchant de différencier le comique du tragique.
Alors je vous vois venir, oui l'humour c'est subjectif, il ne se contrôle pas, oui ces personnes font sans doute preuve d'un admirable sens du second degré ! Après tout, c'est peut-être moi, qui dans mon aigreur, ne me rends pas compte que la production internationale est composée uniquement de comédies burlesques où la simple vision d'un mec qui tombe sur un bloc de glace (The Way Back) ou d'une jeune-fille qui se masturbe (Black Swan) provoque l'hilarité générale. Pourquoi pas.
Mais lorsque cela tend vers le comique de répétition, où la simple vue d'un chien (Beginners) ou d'une marionette (The Beaver) entraîne des fous rires sonores et soit-disant incontrolables, j'ai tout de même des doutes.

Il est clair que chaque film (ou presque) présente une petite dose d'humour, mais je ne peux m'empêcher de me demander si les gens qui rient quand dans un film un vieil homme est sur le point de mourir (Beginners) ou quand un enfant souffre (Tomboy) rient aussi lorsqu'ils assistent à un enterrement.

Mais peut-être est-ce le lieu qui veut ça ? Le spectateur se dit-il, en allant au cinéma, que pour en avoir pour son argent, il faut qu'il se MARRE, est-il persuadé que puisqu'il a payé si cher, il a bien le droit à sa tranche de rire, à son authentique moment de décompression, peu importe le contenu du film ? Le cinéma, vecteur d'émotions ? Alors ça non, le cinéma c'est la boîte à rires, rien d'autre.

Mais après tout, je les comprends, qu'y a-t'il de plus fendard que la naissance de l'Univers (The tree of life) ou qu'un personnage qui pleure (Harry Potter 7.1) ?

Admettons. Mais alors, est-ce trop demander d'assister à une séance où les gens ne discutent pas entre eux lorsque "ça parle pas là" (La Conquête). Est-ce encore envisageable de voir un film sans que des gens pique-niquent dans la salle (Source Code), envoient des sms tout le long (Toi, moi, les autres) foutent leurs pieds sur ton accoudoir (Suckerpunch), arrivent au milieu du film, se précipitent pour partir à 5 minutes de la fin ou bien font part à toute l'assemblée, à voix haute, que "pfff c'est CHIANT, c'est l'histoire sans fin !" (The tree of life)

Doit-on désacraliser le cinéma au point d'y autoriser les mêmes comportement que dans le métro ? Les salles de ciné doivent-elles servir de refuges aux SDF (Toy Story 3) ?

Est-ce être un monstre réactionnaire passif-agressif que vouloir ressentir un film (dont on paye nous aussi le visionage) du mieux qu'on peut ?

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