Être un buffle est un art.

Avis sur Bella e Perduta

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Doux mélange poétique et fantastique, Bella e Perduta nous plonge dans une Italie moderne en déclin. Dépouillée, abusée et pillée, l'Italie du Sud est semblable à ces bâtisses à l'abandon qui ne peuvent se relever à cause d'une pression de la camorra. À travers des images picturales et un travail soigné de la pellicule, nous suivons l'histoire de deux esclaves, l'un des mortels et l'autre des immortels. Le buffle et Polichinelle incarnent deux étrangers de cette société belle et perdue, l'un se libérant de sa condition et l'autre condamné tragiquement à son destin. Ils renouent le spectateur avec cette Nature trop absente de notre vie moderne, mais qui subsiste pour autant et qui deviendra notre sépulture. Mélangeant des séquences proches du documentaire, Pietro Marcello peint le portrait rurale d'homme et de femme reclus de la Société. Car loin derrière nos villes de béton il existe des ermites, des fermiers, des Hommes vivant dans cette campagne et mourant écrasés par cette verdure reprenant ses droits. Le voyage des deux protagonistes et les visuels dressent le tableau de terres antiques souillées par une modernité sans âme, où seuls demeurent les quelques survivants de la vérité initiale de l'Italie. Conte nostalgique, ce film naturaliste prône la prospérité d'une vie loin des Hommes, loin du malheur et de la destruction. Les personnages incarnent l'existence d'une vie au-delà de notre monde, le fantasme irréel d'un buffle d'un monde sans souffrance.

En ce qu'il me concerne, j'aurais pu naître sur la Lune. Ou sur n'importe qu'elle autre planète. Ailleurs n'aurait pas été pire que ce qu'il s'est passé ici.

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