Ô rage Ô désespoir

Avis sur Ben-Hur

Avatar Anilegna
Critique publiée par le

Comment dire que ce film n'a rien pour le sauver des tréfonds de la médiocrité?
1 c'est déjà un point de trop!

Erreur 1
Adapter le livre de façon faible et poussive en changeant ce qui n'est pas à changer.
Changements malheureux : les frères adoptifs (n'importe quoi!), depuis quand une famille judéenne adopte un citoyen romain? (certes je n'y étais pas mais j'ai de gros doutes), Messala est un paria parmi son propre peuple (c'est quoi cette histoire de grand père dans le complot contre Jules César? d'où ça sort et à quoi ça sert?), Messala est amoureux de Tirza ce qui donne lieu à une intrigue digne des Feux de l'Amour avec sa mère adoptive (Naomi), faire de Naomi une garce au coeur dur mais pas vraiment.

Erreur 2
Choisir un réalisateur dont la seule oeuvre valable est un dyptique vampirique pas sans qualités mais fait avec les moyens de France 3 Creuse et dont le dernier "film" hollywoodien (sur 2, me semble-t-il) est une aberration intitulée "Lincoln, chasseur de vampire" (je ne l'ai pas vu mais la bande annonce m'a laissée extrêmement perplexe)

Erreur 3
Choisir des acteurs au charisme d'huitre et à la capacité de jeu d'une chouquette.
Jack Huston n'est pas mauvais en Judah Ben Hur mais il est très fade Quant à l'acteur qui fait Messala, il a 2 expressions : constipé et très constipé.

Erreur 4
Montrer Jésus. Certes c'est toujours un plaisir de voir Rodrigo Santoro à l'écran mais ses interventions sont poussives et inutiles, n'apportent rien au film et aux personnages et ont, en tout cas, moins de profondeur que les apparitions de dos dans la version de 59. En effet, la force de la réaction des uns et des autres donnait un relief à Jésus dont il est dépourvu dans cette version. Certes, Ben Hur est une histoire du Christ (c'est dans le titre) mais elle est en creux, en faire un personnage central rend l'histoire de Ben Hur totalement secondaire. Au fait, depuis quand Jésus est charpentier à Jérusalem?

Erreur 5
Faire de Messala le personnage central. On ne m'ôtera pas de l'idée que le héros de ce film est Messala. La première demi-heure lui est entièrement consacrée : ses états d'âmes, ses douleurs, les injustices dont il se sent victime, sa constipation, son amour pour sa petite soeur adoptive (ben voyons). Par la suite ses actions deviennent floues et incohérentes pour finir par le remettre au centre de l'intrigue pour un final sur lequel je reviendrai.

Erreur 6
Donner dans la politique de pacotille et afficher une méconnaissance de la situation du territoire à l'époque : quitte à appuyer sur les zélotes autant s'en servir d'autre chose que de prétexte!
Et faire 3 recherches bon sang! Les romains sont arrivés en Judée aux alentours de - 60 avant JC et elle est devenue une province peu après la naissance de Jésus, alors le "les romains commencent à s'installer" me fait doucement rigoler! Plaquer des pensées et des situations modernes sur le monde antique ne fait pas moderne, ça fait juste nul! (alors c'est pas que le roman soit hyper pointu et du coup le film de 59 non plus, mais n'en rajoutez pas!)

Erreur 7
Eliminer le passage à Rome avec Quintus Arius.
Ce qui donne équilibre à la relation Rome/Judée et qui évite trop de manichéisme, c'est la relation de Judah Ben Hur avec son père adoptif romain, un homme honorable qui rend sa première part d'humanité à Judah. Cela lui permet aussi de revenir à Jerusalem la tête haute et de faire un métaphorique doigt d'honneur à Messala par la même occasion. Et ici, rien. Comment il ne finit pas aux galères manu militari est une aberration : les trous du scénario sont tout puissants!

Erreur 8
Faire dans le drame à 2 francs: les romains détruisent des tombes pour construire un grand cirque! Certes les romains n'étaient pas des tendres mais ils avaient plus de jugeote que de se mettre à dos la totalité d'une population en profanant leurs morts ! Pour construire un cirque!

Erreur 9
L'abus de l'imagerie christique en ce qui concerne Ben Hur. C'est bon, on a compris que c'est une histoire du Christ et qu'il aurait pu être la sauveur mais qu'il ne l'est pas mais qu'il sert de métaphore au christianisme! C'est d'un lourd!

Erreur 10

Faire un happy end!
Non mais franchement! Après tout ce qui se passe : l'esclavage, les galères, la mort du père d'Esther, la menace de la crucifixion, la prison, la lèpre, la trahison bref tout le film, on a droit à une réunion de famille souriante et heureuse et tout cela n'était qu'un immense malentendu!
Certes, les chrétiens prônent le pardon mais c'est pousser le bouchon un peu loin. La pluie miraculeuse suite à la mort de Jésus est très très efficace dans cette version.
Et ce happy end se voit dès le début, la façon dont le script refuse de faire de Messala l'antagoniste de l'histoire. Il est toujours victime des circonstances, toujours poussé malgré lui.

Erreur 11
Faire un remake d'un film cultissime, multi-récompensé et dont les scènes et performances sont entrées dans l'inconscient cinématographique collectif.
Même en ne faisant aucune comparaison, ce film ne s'en sort pas mieux. Il mauvais tout court

Et j'en passe car rien ne peut sauver ce film, même pas Morgan Freeman qui a toute ma sympathie à cause la mauvaise perruque qu'il se trimballe.

Passez votre chemin amoureux du cinéma, il n'y a vraiment rien à voir et vous ne récupérerez jamais ces 2 heures de votre vie pendant lesquelles vous pourriez faire quelque chose de plus constructif comme regarder un mur par exemple.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 594 fois
9 apprécient

Anilegna a ajouté ce film à 8 listes Ben-Hur

Autres actions de Anilegna Ben-Hur