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Ben-Hur par FuckCinephiles

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C'est un fait avéré depuis des lustres, la MGM n'est pas du genre à vouloir laisser errer en paix ses œuvres majeures dans le panthéon du culte, celle-ci préfère bien mieux souiller leur souvenir dans la psyché des cinéphiles en les remakant à outrance.
Demandez plutôt à Robocop et sa relecture au doux gout de péloche à éviter, tout comme le maladroit remake de Total Recall signé Len " la seule chose de bien dans mon cinéma c'est ma femme " Wiseman...

Au tour de Ben-Hur maintenant, dont les 11 oscars n'auront pas été suffisant pour lui sauver sa peau. Toujours inspiré du bouquin « Ben-Hur : A Tale of the Christ » de Lew Wallace, mais également d'un script écrit par Keith Clarke, ce remake promettait sur le papier, une relecture respectueuse du film original (rires en boite de Totoff Lambert), mais avec un ton encore plus biblique.
Déjà que le genre péplum peine grandement à fédérer dans les salles obscures à la différence de la télévision (Spartacus et la vénéré Rome), accentuer l'aspect religieux d'un blockbuster est encore moins une valeur sure, remember les flops successifs de Exodus : Gods and Kings de Ridley Scott et du Noé de Darren Aronofsky...

Mais le réel soucis de la production dès le départ, à nos yeux, n'était pas son ton religieux, et encore moins son envie de rafraîchir un chef d’œuvre qui n'avait pas besoin de l'être; mais bel et bien son metteur en scène, Timur Bekmambetov - pas du tout l'homme de la situation.
Un accro aux ralentis foireux, aux fonds vert et aux CGI constants et souvent dégueulasses pouvait-il réellement mettre en boite une aventure aussi épique que grisante?
Vous avez quatre heures...

Ou plutôt deux, puisque si le chef d'oeuvre original de William Wyler dépassait largement les trois heures et demie au compteur, cette version 2016 n'atteint qu'à peine les deux heures; une durée raccourcit pour un remake foireux au possible, kitscherie ridicule qui ferait presque passé les récents Pompéi et Gods of Egypt pour des réussites du genre...
Loin de vouloir incarner un putain de cours d'histoire redondant, ou encore moins être le porte étendard du retour en grande pompe du péplum au cinéma, Ben-Hur n'est qu'un immense déballage ridicule et sans enjeux, d'effets spéciaux cheap et tapageur, bousillé par un sens du rythme inégal et une photographie qui pique les yeux; au sein d'un revenge movie aussi pauvre et fade que navrant.

58 ans auparavant et avec des moyens férocement réduit en comparaison, Wyller impressionnait par une pluie de décors majestueux, un vrai talent pour mettre en boite ses scènes d'action (sa course de chars reste une référence absolu), aux cascades époustouflantes, et une direction d'acteurs inspiré.
Plus d'un demi siècle plus tard et à une époque ou le tout numérique tronque l'expérience cinématographique et allonge l'addition des studios, Bekmambetov se complaît dans la facilité, n'excite que rarement son auditoire (pas même la bataille en mer et encore moins la course de chars, bien que furieuse mais surtout douloureusement illisible) dans un chaos constant, aux acteurs définitivement beaucoup trop tendre dans leur sandalettes.

Si Jack Huston et Toby Kebbell sont talentueux (surtout le second, beaucoup trop cantonné aux rôles de bad guys dans les blockbusters US), ils n'arrivent jamais vraiment à se révéler convaincant dans les rôles de Judah Ben-Hur (comment oublier Charlton Heston) et Massala; et que dire de Morgan Freeman, flanqué d'un costume ridicule, qui ne semble là que pour endosser son chèque avec un certain plaisir coupable (il n'en est plus au second-rôle difficilement défendable près).
Peu ambitieux, dénué de toute émotion et frappé par de trop rares fulgurances, handicapé par des CGI manqués et une réalisation fantomatique quand elle n'est pas sous stéroïdes; Ben-Hur version 2016 est un remake désordonné, un brin mou du genou et trop rarement légitime, qui pue tout du long le déjà-vu à plein nez.

Flop retentissant outre-Atlantique, le film n'est qu'une nouvelle preuve symptomatique de la chute créative d'Hollywood la putain, tellement en manque d'idées qu'elle en vient à produire à la pelle des remakes prêt à consommer mais sans saveurs.
Et aux vues des flops assez nombreux des grosses productions cette année au box-office, le public et encore plus les cinéphiles que nous sommes, semblent de moins en moins tolérer cette junk food peu aguichante...

Jonathan Chevrier

http://fuckingcinephiles.blogspot.fr/2016/09/critique-ben-hur.html

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