“La religieuse”

Avis sur Benedetta

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Dans l’Italie du XVIIe siècle, la jeune Benedetta entre dans les ordres. Affirmant être élue de Dieu, elle deviendra une mystique vénérée par certaines et abhorrée par d’autres.

Dissimulée dans l’ombre d’IsabElle Huppert, Virginie Efira jouait sous l’œil de Paul Verhoeven une bigote cruche qui, en une phrase finale, s’illuminait d’une ambiguïté perverse. Le Hollandais violent sous le charme choisit de béatifier l’actrice belge cinq ans plus tard.

Bible, sexe et sang, de quoi alimenter sans peine un cocktail batave explosif et placer Benedetta au panthéon des femmes fatales qu’affectionne tant le réalisateur. Mais, en dépit d’un personnage historique sulfureux et de comédiennes investies, l’hérésie annoncée ne renverse guère. Oscillant entre le baroque et le gothique, elle suscite davantage le rire que le malaise. Sainte vierge éblouie ou putain manipulatrice, l’héroïne se dévergonde dans un univers kitsch aux allures parfois grotesques. Son époux spirituel, le preux chevalier Jésus, ressemble à un fidèle de Kaamelott. Les crises de foi de la possédée ne font aucunement craindre l’apparition de l’exorciste. Quant aux étreintes charnelles entre les murs du couvent, elles rappellent quelques clichés érotiques liés au genre laissant les nonnes s’émoustiller gaiement. La relation entre la blonde virginale et son double inversé Bartolomea, brunette provocante, aurait mérité davantage de trouble et de mystère. Si l’humour et l’ironie caractérisent également le cinéma de Verhoeven, on l’avait connu plus subtil dans sa quête du sacrilège et les questions qu’il nous infligeait. Une déception donc qui n’engage pas à la crucifixion de l’homme ni à sa canonisation.

(5.5/10)
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