Meerschweinchen ?

Avis sur Berlin Calling

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J'ai eu la bonne idée de regarder ce film pour la première fois un lendemain de soirée.

Ce genre d’instant où du ciel terne dégeule une pluie battant les carreaux, une pluie qui entre en résonance avec la grosse caisse ayant élu domicile aux creux de tes tempes… le tout en une cacophonie qui te ferait regretter d'avoir quitté un jour l'utérus de ta mère.

Se lever afin de presser le bouton« Play », c’était là, la seule chose que mon enveloppe charnelle m’autorisait.

Quelque part dans mon lobe frontal, une fraction de moi espérait pouvoir trouver en ce film un repos bien mérité, une délivrance que seule peut t’apporter dans ce genre de situation un grand verre d’aspirine accompagné d'un navet sans intérêt.

À la grande déception de mon lobe frontale, bien loin de m’endormir, je suis resté durant 109 minutes yeux et oreilles aux aguets.

Les yeux tout d’abord, par ce qu’il fallait bien lire les sous-titres compte tenu du fait que mon niveau d’allemand malgrès plus de sept années de pratique de cette langue merveilleuse se résume à savoir dire « cochon d’inde » (Meerschweinchen!)… Et les oreilles par ce que la bande-son de ce film, signée Kalkbrenner -Incarnant ici le rôle de DJ Ickarus- est tout simplement fabuleuse.

Bon. Je ne vous cacherais pas que pour véritablement apprécier ce film vous avez tout intérêt à aimer l’électro minimal et à être sensible à l’univers des soirées du genre, sous peine de passer à côté de 80% de tout l’intérêt que propose cette œuvre.

Car oui, plus que le défilement de 24 images par secondes ajustées sur une bande-son, il s'agit là d'une véritable ambiance qui nous est proposée.

Certes, on n’échappera pas ici aux clichés du genre, entre sexe, drogue, musique, et sexe, et drogue… Mais le film aborde également le point de vue d’un homme, dont le génie artistique flirte avec sa fragilité psychologique, un monde où la musique s’impose comme seule issue de secours face à un univers aussi incontrôlable qu’étouffant.

Une pointe de sentimentalisme et d’humour vient légèrement relever la recette de ce film, ce qui achève de me convaincre, 1h45 plus tard de délaisser mon aspirine pour réécouter le générique de fin défiler encore et encore, tandis que -et la grosse caisse ayant donné son préavis depuis-, mes tempes retrouvent peu à peu la sérénité.

Bref. Un bon flim sur le cyclisme !

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