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Horreurs et rêveries

Avis sur Bernie

Avatar Dandy Travesti
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Ce film, je l'ai regardé sans appriori, simplement parce qu'il est le film référence de Dupontel que j'avais aimé dans Le Grand Soir et Le Bruit des Glaçons. Aussi, j'ai furtivement lu le synopsis de SensCritique, tout en sachant qu'il s'agissait d'humour noir. Et puis j'ai pris un coup de pelle dans la gueule.
Certes, je commençais à avoir des doutes sur ce que j'allais visionner dans les premières minutes : Un générique niais, un benêt qui sort d'un orphelinat, qui manque de se faire renverser par un bus... Ça pue la comédie légère et naïve. Mais l'oeuvre se noircit peu à peu dés lors que ce cher Bernie part à la recherche de ses parents biologiques : On y voit la misère sociale, l'humour noir fait son apparition et les personnages deviennent de plus en plus cyniques. En plus de ça, l'ajout d'un fond musical assez metal (bien que je ne sois pas assez calé sur le sujet pour le définir exactement) est une agréable surprise qui renforce l'atmosphère qui s'installe. Et c'est à partir l'intrusion dans la maison d'une famille bourgeoise que se fait la vraie rupture. S'en suit alors un rythme infernal, un enchaînement d'horreurs hilarantes à la minute, une réplique sur trois comporte une énorme saloperie, chaque scène se finit dans une extrême violence tandis que l'autre abruti reste dans son délire, tout candide qu'il est. Un simple imbécile et sa paranoïa qui entraînent toute une série de morts atroces, ainsi qu'une scène finale où toute la Police armée est mobilisée pour neutraliser un monstre dangereux qui cherchait juste à réunir sa petite famille, c'est à la fois atroce et poétique... D'autant que le film se conclue sur un rêve enfantin, bercé par la voix reposante de Bertrand Cantat, formidable introspection dans la tête de cet imbécile heureux. Et celui qui se faisait appeler John Fitzgerald Wallis - que la mère avait ironiquement baptisé Mickey parce que son père s'appelait Donald - meurt drogué mais comblé, fuyant avec sa bien-aimée vers des prairies où l'attendent ses parents qu'il aura enfin réuni.
L'horreur est de mise, et le film s'adresse à un public averti, et j'insiste sur le mot averti. Mais ce n'est pas l'horreur pour l'horreur. Toutes ces scènes macabres sont là pour souligner la crédulité de Bernie, qui n'est dérangé que parce que le monde est cruel et la vie dure. Après tout, c'était la faute de la mafia.

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