Dur dur d'être un adulte !

Avis sur Big

Avatar Boubakar
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Ah, Big... en voilà une madeleine de Proust !
Je connais ce film depuis très longtemps, et signe du temps qui passe, j'y trouve toujours une raison de m'y émerveiller.

Là, je me le suis revu pour la bonne raison que j'ai découvert la version longue, disponible uniquement sur le dvd zone 1, avec 20 minutes de plus. Précisons qu'il ne s'agit pas d'un director's cut, que l'histoire ne change pas dans l'absolu, mais ça rajoute dans l'ambiance innocente de cet enfant qui devient un adulte, et qui se rend compte que vivre en tant que tel, ça n'est pas facile.

Offrant à Tom Hanks un de ses beaux rôles, celui où il sait manier le mieux l'équilibre entre la gravité et sa légèreté d'ado qu'il fut, Big offre un très beau regard nostalgique, sur quelque chose qu'on pourrait qualifier de flash forward. Un ado qui veut devenir adulte, et qui le devient l'espace de quelques semaines, mais qui se rend compte que son vrai univers et ses amis sont dans son adolescence.

Le film est scénarisé par Spielberg : non pas Steven, mais sa sœur, Anne. Et pourtant, en voyant ce film, on sent l’influence (in)consciente de son frère ainé, notamment sur ses thèmes chers qui sont l'enfance et la fin de son innocence, notamment sur ce personnage de Joshua Baskin, qui vit encore comme un ado dans une entreprise de jouets, ce qui consterne la plupart de ses collègues, mais pas le chef, qui voit en lui son âme d'enfant. C'est marrant, mais il va presque reprendre le même sujet, en l'inversant, dans son futur Hook, qui est un film raté.

La perte de l'innocence va de pair avec la découverte de l'amour, et le très joli personnage interprété par Elizabeth Perkins, qui donne l'impression d'avoir grandi trop vite, et sa rencontre avec Joshua va lui faire rencontrer l'amour, jusqu'à ce qu'elle découvre son secret.
Mais ça reste avant tout une comédie, avec la mythique scène du piano électronique dans le centre commercial, et l'appartement de Joshua adulte est un rêve de gosse (et au-delà), avec son flipper, son distributeur de canettes et son trampoline dans le salon !

Orné d'une très belle B.O. de Howard Shore, celle-ci s'illustre pleinement lors de la fin, où Joshua redevient un ado, dans son costume devenu désormais trop grand pour lui. Avec ce magnifique regard en contre-champ d'Elizabeth Perkins, c'est un grand moment d'émotion auquel on a droit.

C'est un film très 80's, avec la gloire typiquement américaine de la réussite avec l'étalage de ses richesses, et ces coupes mullets à foison, mais ça reste un très beau film, et je dirais même un des meilleurs sur l'enfance.

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