Big Bad Movie

Avis sur Big Bad Wolves

Avatar Bingobingo
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Une fillette est retrouvée assassinée, je vous passe ce qu’elle a subi avant, et un suspect est relâché parce que les flics l’ont tabassé (la scène filmée par un gamin caché se retrouvant rapidement sur Youtube). Un peu plus avant dans le film, trois personnages se trouvent réunis dans une cave : le père de la fillette, ivre de vengeance, un des flics tabasseurs, viré de la police mais qui veut continuer à bosser « pour son compte » et devient, pendant un moment, complice du père, et enfin, ligoté serré sur une chaise, le suspect. Les deux autres ont en effet une idée géniale jamais vue au cinéma, et d’une efficacité, vous vous en doutez, redoutable : torturer le type jusqu’à ce qu’il avoue, non seulement son crime mais aussi où il a caché la tête de la victime. Ce qu’il fera inévitablement en racontant n’importe quoi après quelques séances de torture. Oui, c’est très fin, comme scénario. On ne saura rien de l’enquête proprement dite, on apprend simplement en passant qu’une fillette « croit l’avoir vu », en parlant du suspect. Point final. Mais cela suffit aux protagonistes pour juger le type coupable (en plus du fait qu’il a une tête de coupable). Ce film est un peu puant car on ne sait pas trop si c’est une critique ou une apologie de la torture (ou alors c’est simplement de l’entertainement trash ?), car il y a deux fins : une première qui semble donner tort aux tortionnaires, et juste après une autre (déjà vue cent fois) qui semble leur donner à la fois tort et raison. C’est ce qui s’appelle bouffer à tous les râteliers ou, autrement dit, jouer sur l'ambiguïté. Et ne parlons pas des traces d’humour noir qu’on pourrait juger un tantinet déplacé dans une histoire de pédophilie et de viol d’enfant. Quant aux personnages, ils sont tous plus déplaisants les uns que les autres : le flic est un abruti adepte de la manière forte, qui ne changera d’avis que lorsque sa propre fille sera portée disparue. Le père affligé est en réalité un sadique qui sourit en pratiquant ses actes de torture (le scénariste est quand même être fortiche pour réussir à rendre antipathique un père éploré qui pleure la mort de son enfant !), et le père de celui-ci, (un quatrième larron qui apparaît plus tard dans le film, un ancien militaire) est encore pire que les autres ; après s’être scandalisé de voir son fils pratiquer la torture, il propose finalement son aide : « passe-moi un chalumeau, fiston ». Selon Tarentino, il s’agit d’un des meilleurs films de l’année. Non, Quentin, tu te trompes : TES films sont bons. Celui-ci est une merde. Il y a deux minutes à sauver dans ce film : le générique du début.

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