Freudisme, marxisme et bobos: une philosophie de kung-fu...

Avis sur Big Boss

Avatar Gharlienon
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Le chien pensant : chronique 1
Un instant de silence.... Grand hommage soit rendu à cet immense interprète et grand adepte du coup sauté anti-gravitationnel ainsi que du cri de la hyène hystérique qu'est ce regretté Bruce Lee. Délivrant une série de films modèles, celui-ci inspira les plus grands metteurs en scène d'arts martiaux ou autres acteurs qui tentèrent vainement d'égaler l'intensité de ses oeuvres. Mais cela était peine perdue, car celles-ci sont bien plus que de simples films de combat et réservent de multiples et riches influences intellectuelles. Et le premier film du petit dragon ne déroge pas à cette règle...

Le maître ici livre une véritable mise à nu de lui-même, se présentant tout d'abord avec son avatar comme un petit étudiant proscrit, courtois voire autiste sur les bords (notamment en cas de présence féminine) qui va se transformer en véritable bête de combat et révéler sa vraie nature impitoyable et indomptable. Et pour cela a-t-il recours à l'attachement symbolique du fils à la figure maternelle au moyen d'un simple médaillon (et d'une délicieuse et mélancolique ballade enfantine), soulignant ainsi son incapacité dans un premier temps à se séparer de cette figure qui lui empêche de libérer toute son adrénaline et le condamne à ne rester qu'un simple exécutant.

Mais bien vite la tonalité du long métrage en même temps que ce dernier se libère pour laisser éclater toute une flamboyante sauvagerie. C'est ainsi que ce maestro Lo Wei filme dans un premier temps des combats mollassons avec son cousin au découpage assez réduit pour souligner sa totale inaptitude face au petit dragon et qu'il souligne après la libération de ce dernier à travers un découpage plus chaotique, notamment fait de zooms aveuglants .

De même le climat général de l'intrigue corrobore à cette idée.A commencer par une magistrale séquence de suspence hitchcokienne mais surtout à travers la présentation du secteur cantonais comme un lieu angoissant marqué par la corruption et le meurtre. Et tout cela à travers son portrait sans concession d'un industriel malfaisant qui ose sans ménagement réprimer une révolte ouvrière, dernier point qui souligne la face noire du régime chinois se cachant derrière un communisme d'apparat pour pratiquer un capitalisme effréné et sans limites ! Ainsi dans cette ambiance, le big boss bruce s'élance en libérateur qui châtie les vils traîtres et s'émancipe de sa génitrice pour devenir un véritable homme et une figure héroïque de premier choix sans pitié... mais également dépucelé.

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