La fantabuleuse idée d'aller au Parc Astérix avec une massue géante et une arbalète

Avis sur Birds of Prey (et la Fantabuleuse Histoire de...

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DISCLAIMER : La note est une note par défaut, une note "neutre" qui correspond à la moyenne (arrondie) de l’oeuvre au moment où on publie la critique. Avant, on mettait 5 à tous les films mais il nous a été reproché de « fausser » la moyenne ou de le faire pour ressortir plus souvent dans le match des critiques. Espérons donc que cette nouvelle solution règlera le problème et contentera tout le monde.

Bref, seule la critique ci-dessous reflète donc notre avis.

Notation :

Baston dans la fête foraine +++++++++++++
MAIS QUE FOUT BATMAN PUTAIN ?! - - - - -
Un diamond d’innosonce - - - - -
GIRL POWER ++ - - ?? (on sait pas trop quoi en penser)

De quoi ça parle ?

« Salut, moi c’est Harley. Harley Quinn. J’ai un doctorat en psychologie, un gros budget maquillage et vous m’avez déjà probablement aperçue dans le film Suicide Squad. Bon, je sais, vous essayez sans doute désespérément d’oublier ce film mais j’étais la seule chose à sauver dedans et Hollywood en arrive à un point où ils préfèrent financer des spin-offs de films ratés plutôt que de produire un truc original. Alors me revoilà !

Rassurez-vous, on a appris de nos erreurs. Enfin… un peu. Bon, ok, en fait, on a vu Deadpool (enfin surtout ses résultats au box-office). Pour que ça ne se voie pas trop, on a opté pour un casting essentiellement féminin. Déjà parce que c’est tendance, mais surtout parce que ça nous fait faire 30% d’économie sur les salaires. L’histoire ? C’est vrai qu’il faut ça aussi…

Bon, euh, ça, on n’a pas fait trop compliqué. Un méchant psychopathe, des bastons où mes copines et moi on met des ippons à des mecs taillés comme Teddy Riner, quelques ralentis, une BO qui tabasse. Classique quoi. Ah, et puis on va raconter tout ça dans le désordre, parce que c’est toujours un peu stylé. Allez, c’est parti ! »

Les points forts :

Margot Robbie.

Contrairement à ce que certaines critiques peuvent laisser entendre, on est loin de la catastrophe annoncée. C’est un divertissement très oubliable certes, mais plutôt bien joué et réalisé donc on ne passe pas un mauvais moment pour autant.

La pointe de nostalgie lors de l’arrivée à la fête foraine, où on se revoit à 10 ans, devant la série animée Batman sur la télé de ses parents.

Les costumes. Si je portais une veste à franges géantes en papiers colorés, un short à rayures à bretelles et des boots à strass, je suis sûre que mes collègues arrêteraient de m’ignorer quand je propose une idée en réunion.

On ne voit pas le Joker version Jared Leto.

La violence gratuite. Parce qu’après tout, on rêve tous de péter les rotules de la mamie qui nous a doublé à la boucherie.

Le film est complètement inclusif : on a des femmes, des hommes, des noirs, des asiatiques, des latinos, des hétéros, des lesbiennes, même la case PMR est cochée puisqu’un personnage est en fauteuil. Et, même si ça fait un peu forcé et que c’est dans l’air du temps, ça fait toujours plaisir de voir un peu autre chose à l'écran.

Margot Robbie.

L’homme de main de Black Mask a les cheveux peroxydés et s’appelle Zsasz (Chris Messina). Deux bonnes raisons de lui en vouloir si vous êtes un coiffeur mélomane.

Quand Harley explique les raisons que peut avoir Black Mask de lui en vouloir, il y en a un paquet qui défilent trop rapidement à l’écran pour les lire. Ça donne envie de le revoir dans quelques mois en ayant la possibilité de mettre sur pause, juste pour lire les conneries qu’ont pu glisser les scénaristes dans le tas. On a au moins vu « J’ai voté Bernie », ce qui ne manque pas d’ironie sachant que 20 min plus tard, Harley explique à Cassandra Cain (Ella Jay Basco) pourquoi il ne faut pas payer d’impôts.

Ah, et Margot Robbie aussi.

Les points négatifs :

Ewan McGregor (Black Mask) est habituellement un acteur subtil. Mais là il en fait des caisses et ça ne fonctionne pas trop. Sam Rockwell l’aurait probablement mieux joué, mais il était occupé à entraîner les jeunesses hitlériennes dans Jojo Rabbit.

« Fantabuleuse » est un néologisme très vilain. De manière générale, il aura fallu un démarrage très poussif pour que les équipes de DC se rendent compte que le titre était pourri, ce que tout le monde avait pourtant pointé du doigt dès le jour où ils l’ont annoncé.

La séquence de reprise de « Diamonds are a Girl’s Best Friend » sous coke est un peu gênante. En outre, elle déroge à la règle « Si Madonna l’a déjà fait, ne te fatigue pas, tu ne feras pas mieux. »

Le personnage de Black Canary (Jumee Smollett-Bale) est parfait : elle est belle, elle chante merveilleusement bien, elle danse, elle conduit, elle fait de la baston… Tout ça étant un peu énervant, son principal défaut est donc d’être coiffée comme une des meufs de LEJ.

Suicide Squad était un film globalement raté, à l’exception du personnage d’Harley. Là encore ce n’est pas forcément le rôle-titre qui tire son épingle du jeu, mais Huntress (Mary Elizabeth Winstead), pourtant totalement parachutée là-dedans avec son air blasé et ses capacités martiales folles. On la voit à peine, par contre. Finalement c’est assez cohérent.

Le film est capable de proposer une scène fun ou originale puis, juste après, de faire le ralenti ou la blague de trop qui va un peu tout gâcher.

Puisqu’on parle des problèmes de dosage, le côté « Girl Power » est assez mal maîtrisé et trop forcé. Au point que pour un film qui se veut féministe, on tombe parfois dans la caricature opposée avec une Harley Quinn qui se bourre la gueule au mojito, fait du roller-derby, se vomit dessus, parle de caca et bouffe des céréales devant des dessins animés pour digérer sa rupture. Il ne lui manque plus que « La femme parfaite est une connasse » sur la table de nuit et on est plus proche d’une ado en crise que du biopic de Simone de Beauvoir.

De même qu’on pouvait craindre que certains mecs s’identifient au Joker de Joaquin Phoenix, n’oublions pas qu’Harley Quinn est une dangereuse psychopathe. Et que ne pas payer vos courses au Franprix et lancer des couteaux sur la photo de votre ex accrochée au mur ne vous rendra pas cool et subversive. Même si c’est un connard.

Le saviez-vous ?

Avant d’adopter une hyène comme Harley, rappelez-vous qu’elle a besoin de 3 kilos de barbaque par jour et que c’est un animal nocturne. Vous vous souvenez des javas que faisait Fifi le chaton quand il était petit ? Maintenant imaginez une bestiole de 50 kg dans votre 30m².

D’ailleurs, j’aurais adoré qu’il existe une fiche Wikihow sur comment adopter une hyène. Hélas, il n’existe que « comment adopter un bonne hygiène » – voilà le lien, ça peut toujours être utile.

Margot Robbie est à la genèse du projet dont elle est aussi productrice. Elle pensait qu’on pouvait faire un bon film sur Harley Quinn sans centrer les cadrages sur son cul dans un mini-short. Elle n’avait pas tort.

C’est toujours plus facile d’ourdir une vengeance sanglante comme le personnage de Huntress quand on est élevé par des mafieux en Sicile. Moi, par exemple, tout ce que j’ai réussi à faire à la mémé qui m’a doublée à la boucherie, c’est de péter silencieusement devant elle quand je l’ai recroisée. Et ça n’était pas vraiment satisfaisant.

On risque de changer d’opinion sur les lois de régulation des armes à feu rien qu’en voyant le fun-gun en action. Le fusil-à-pompe-paillettes est un sacré best-seller en puissance pour la Grande Récré.

Ce qu’il faut retenir du film :

Ça va on a compris que NON UNE FEMME N’EST PAS OBLIGÉE DE VIVRE DANS L’OMBRE D’UN HOMME (surtout si elle a des copines tueuses à gage ou justicières d'ailleurs).

Une hyène c’est super comme animal de compagnie, Bernie avait raison.

Les conditions idéales pour voir ce film :

Pas dans une cave lugubre pleine de chauve-souris. Non. Plutôt avec ses copines de Roller Derby en se biturant à grands renforts de cocktails fluo.

Si vous avez aimé vous aimerez aussi :

Ghostbusters version féminine – nan j’déconne j’ai essayé de le regarder mais j’ai pas réussi à dépasser la 11ème minute.

Enfiler vos rollers et vous accrocher au scooter de votre copine pour ne pas subir les désagréments de la grève des transports.

Les laxatifs.

Les reportages sur les retombées nocives à Rouen après l’explosion de l’usine Lubrisol.

La saison 2 de Sex Education, pour cet arc narratif où des filles qui n’ont rien en commun se serrent les coudes. Un peu moins violent (même si elles ont aussi des battes de baseball), mais plus émouvant. En outre, c’est plus facile de s’identifier aux personnages.

Merci de votre lecture !

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