Quand féminisme rime avec bêtise

Avis sur Black Christmas

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Black Christmas version 2019 est certainement l’un des films les plus nuls vus depuis longtemps. Pas une seconde nous ne croyons à cette histoire tarabiscotée qui mélange sororité, romance, épouvante et sectes patriarcales : il n’y a pas de trajectoire, pas de mouvement d’ensemble, si bien que nous avons l’impression de faire du sur-place pendant une heure et demie. Mal dirigés, les acteurs en font des tonnes sans personnaliser leur personnage ni insuffler un tant soit peu d’âme à ce groupe d’amies tout droit sorti des mauvaises publicités pour les call-girls de luxe, option féminisme de sous-sol (plus bas que le bas étage).

Le film réalise en outre l’exploit de prétendre restaurer une des œuvres-phares du cinéma d’épouvante, qui plus est le premier slasher de l’histoire du cinéma, par le filtre du féminisme le plus nauséabond et terriblement bête qui soit : l’axiologique n’aura jamais été aussi exhibé et inepte que dans Black Christmas 2019. Le grand paradoxe, c’est que le film original de 1974, pourtant mis en scène par Bob Clark, un homme (scandale !), était bien plus féministe – dans le bon sens du terme – que cette gaudriole de Noël qui va chercher derrière les fagots Sophia Takal, inconnue aux bataillons et destinée à le rester, pour la changer en réalisatrice. Il n’y a pas de mise en scène, les plans exposent une laideur qui va crescendo jusqu’au grand finale, les mouvements de caméra sont dépourvus de vision artistique et reproduisent avec lâcheté les artifices usés jusqu’à la corde de ce genre de production.

L’ensemble a pourtant une valeur, une seule : mettre en garde contre les dérives du féminisme tel qu’il est pratiqué ici, à savoir un féminisme tenu à l’écart de toute réflexion et qui n’a pour seule motivation que de s’opposer à la gent masculine ici diabolisée avec ridicule. Car comment est représentée ici la cause des femmes ? Le droit au godemiché comme accession à l’indépendance de la femme, le plaisir de tracter pour expulser des professeurs masculins, le refus des périphrases pour dire « faire caca ».

Black Christmas 2019 est honteux à la fois pour le féminisme et pour les hommes qui, ainsi traités, apparaissent davantage comme des victimes. Un comble…

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