Répète un peu pour voir ?

Avis sur Black Mirror: Bandersnatch

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Attention cette critique spoile à 156% et ne doit être lue que a posteriori de la vision de Bandersnatch.

Souffrir longtemps, souffrir toujours sans aucune solution pour sortir de la boucle, tel est le dénominateur commun de bien des épisodes de Black Mirror. Dans White Bear l'héroïne, si l'on peut dire, reboote chaque soir pour revivre un nouveau chemin de croix. Dans Black Museum c'est l'électrocution pour toujours. White Christmas ? Coincé pour mille ans dans la boule à neige de l'enfer. Et l'on pourrait citer bien d'autres épisodes de la série fonctionnant sur le même principe d'éternité (15 Million Merits ou USS Callister). Avec Bandersnatch, les géniaux Charlie Brooker et Annabel Jones, poursuivent la vicieuse mais délicieuse tradition. Et embarquent le spectateur dans un tourbillon de frustration.

Au fil de l'histoire d'un jeune développeur de jeux vidéo cherchant à boucler la réalisation d'une oeuvre à embranchements multiples, le spectateur est invité à effectuer des choix afin de poursuivre l'histoire. Ici, plutôt telle ou telle céréale ? On suit le type un peu chelou où on va chez la psy ? Et là ? On se jette du balcon où on laisse l'autre se suicider ? Et puis, tiens, si on tuait papa d'un bon coup de cendrier ? A chaque fois, l'option choisie détermine la suite de l'histoire. Rien de bien neuf, on connaît ça depuis les Livres dont vous êtes le héros.

Mais ici, on est dans Black Mirror. Alors le choix se solde par un échec, puis un autre, puis encore un autre. Ah celui-là c'est le bon ! Ah ben non, échec. Tiens là on peut reprendre avec cet arc narratif amusant ! Echec. C'est pas grave il reste cette solution. Echec. Le héros se plante, le spectateur aussi. L'histoire avance, eux partagent l'expérience. Ils se parlent, ouvrent de grands yeux étonnés et sourient même une fraction de seconde. L'interaction devient fusion. On ne sait bientôt plus qui est qui. Mais ce que l'on sait, c'est que l'on va échouer.

On ne sauvera personne, il n'y a pas de héros, pas de bon choix. Tout est guidé, contrôlé, calculé. Par qui, par quoi ? Par un psy dégénéré, par Netflix, par les scénaristes de Black Mirror ? Par tout le monde sauf celui qui croit décider. On ne choisit pas, on subit. C'est ce que Bandersnatch nous dit. Souvent, longtemps, sans qu'on l'accepte. On en sort décontenancé, frustré, un peu fâché. On veut recommencer. Satisfaire notre insatiable curiosité. On veut sortir de là. Et Réussir. On veut trouver la bonne réponse, aller sur la bonne case. On avance un dernier pion. On espère. Cette fois c'est la bonne. Echec et mat.

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