Bref... Hakuna matata

Avis sur Black Panther

Avatar Zoliv AnyOne
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Depuis le début de la phase 3 du MCU, je vivais chaque nouvelle arrivée d'un Marvel avec un certain engouement. Faut dire, les cartons ils les ont enchainé. Captain America : Civil War, Doctor Strange, Les Gardiens de la Galaxie, Vol : 2, Spider-Man : Homecoming, Thor : Ragnarok, à chaque nouveau film une étincelle de plus dans mes yeux de petit geek passionné des super-héros de l'écurie au logo rouge et blanc. Tout ça en attendant la grande baston annoncée pour le mois d'avril de cette année. Puis vint Black Panther...

Chaque film Marvel de cette phase trois cartonnait car, selon moi, il donnait au spectateur de nouvelles pistes de lecture afin d'éviter la redite blockbusteresque. Faut dire, après bientôt dix ans, le genre du film de super-héros avait toutes les raisons de craindre la lassitudes du public, et c'est en innovant la recette de son film qu'on parvient à ne pas faire décrocher le spectateur ; au mieux à le faire trépigner d'impatience en attendant la suite. Captain America : Civil War a prêché par l'introduction subtile et efficace de nouveaux personnages et une conclusion aux antipodes des canons déjà réalisés ; Doctor Strange a bluffé par ses effets spéciaux (nommés aux Oscars) ; Les Gardiens de la Galaxie, Vol : 2 ont certes réitéré une formule qui de toute façon avait parfaitement fait mouche la première fois (un space opera décomplexé et fourmillant de références à la pop culture) ; Spider-Man : Homecoming a su se démarquer en étant le troisième film consacré au monte en l'air en moins de cinq ans sachant faire peau neuve de son univers ; et Thor : Ragnarok reste encore le meilleur exemple de cette formule d'innovation perpétuelle via une déconstruction rationnelle de son univers et de tout ce qui avait été posé jusqu'à présent.

Black Panther, en quoi innove-t-il donc ? Un super-héros originaire d'Afrique ? Cela pourrait peser sur la balance si le Wakanda, El Dorado de technologie prônant l'autarcie économique et culturelle, n'était pas un pays fictif. Un film de super-héros dans la savane, c'est vrai qu'il y a matière a proposer de l'inédit au public : des rhinocéros dressés pour les scènes de batailles, des guerrières crânes rasés et lances affutées, des costumes traditionnels du plus bel effet ...Oui, visuellement c'est une réussite. Couleurs pétillantes, créativité à l’œuvre, tout est au service de l'ambiance dans cette Afrique high tech.

Qu'en est-il du fond ? Dans la continuité de l'intrigue initiée dans Civil War, le fond est bien entendu politique. Les notions d'identité et d'appartenance en constituent le cœur, et même si elles sont abordées de manière somme toute intelligente, le propos final qui en ressort peut quand même prêter à lever un sourcil en accent circonflexe. Dans l'autre partie de la balance, il y a les autres thématiques : déracinement, rejet, révolte, ...là c'est tout de suite plus délicat de rester dans le politiquement décent. L'enjeu central du film est la dynamique entre tradition et modernité. Qu'est-ce qui est mieux : l'ouverture au monde ou le repli sur soi ? Dans des soucis d'équité, de pertinence ou même de perspicacité, le scénariste aurait peut-être dû (outre mieux gérer le timing dans son scénario, le film paraissant plutôt mou dans la première partie et semblant chercher son style) nuancer davantage son propos, sans y répondre ouvertement. Le Wakanda n'est pas n'importe quel pays, et tout pays (même africain) réel n'est pas le Wakanda..

Petite perte de souffle donc pour cette phase 3 du MCU avec un Black Panther certes pas mauvais, mais pas non plus transcendant d'ingéniosité et d'originalité. Mais bon, quitte à ce qu'il y ai une fausse note je préfère l'entendre sur un tel film que sur le futur Avengers. Vivement...

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