Black is the new Black.

Avis sur Black Panther

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DISCLAIMER 1 : La note de 5 est une note par défaut, une note "neutre". Nous mettons la même note à tous les films car nous ne sommes pas forcément favorables à un système de notation. Seule la critique ci dessous reflète donc notre avis sur le film (attention, il se cache parfois sous une bonne couche de second degré, pas la peine de vous exciter en commentaires).

DISCLAIMER 2 : Cette critique contient des spoilers.

Notation :

Black power : + + + + + +

« Je voudraiiis déjà être roiiii » : + +

Ce film Marvel va vous surprendre ! : – – – – –

Refugees welcome : + + + +

Wakanda héhé : + + +

Vraies panthère noires : – – –

Synopsis :

Après avoir assisté à la mort de son père lors d’une conférence des Nations Unies puis participé à la petite gueguerre de « Qui-a-la-plus-grosse » entre Captain America et Iron Man dans Civil War, le prince T’Challa (Chadwick Boseman) rentre au Wakanda pour être couronné et prendre la succession de son père (qui ne l’avait pas déshérité tel un vulgaire David Hallyday).

Situé au beau milieu de l’Afrique, le Wakanda se fait passer pour un pays pauvre et isolé. Mais en réalité, la start-up nation wakandaise est extrêmement évoluée, notamment grâce à l’immense réserve de vibranium dont elle dispose dans ses montagnes (c’est plus classe que nos bouquetins et nos restaurants d’altitude).

Dorénavant sur le trône, T’Challa devient le nouveau Black Panther (le costume est livré avec la couronne) et va devoir affronter deux ennemis (Michael B. Jordan et Andy Serkis) tout en imposant son style de management à la tête du royaume, entre gestion verticale, respect du patrimoine culturel et ouverture à de nouveaux marchés. Il pourra heureusement compter sur de nombreux alliés : sa petite soeur Shuri (Letitia Wright), une sorte de Q dans James Bond mais qui regarderait trop MTV ; son crush Nakia (Lupita Nyong’o), une femme forte et indépendante qui lui met un peu la misère en mode « Je suis la Beyoncé du Wakanda, et toi t’es qui gros boloss ? » ; Okoye (Danai Gurira) la cheffe des forces spéciales du Wakanda qui n’a pas souri depuis 2003 et l’agent Ross (Martin Freeman) de la CIA, qui est louche parce qu’il est blanc, mais qui est de toute évidence trop con pour être vraiment méchant.

Les points positifs :

C’est le nouveau film Marvel qu’il faut absolument voir parce que « non mais celui-là, il est différent des autres ! » même si tu te souviens avoir entendu ça pour Civil War, Dr Strange et Thor 3 et que tu as oublié ces films une semaine après les avoir vus.

Le combat entre T’Challa et Killmonger fait écho à l’opposition idéologique entre Martin Luther King et Malcolm X. Mais avec des costumes en latex, des torses musclés et de LA BAGARRE, ce qui est mieux (mais pas follement original dans le monde des comics, puisqu’on retrouve un peu la même chose chez les X-Men avec le Professeur Xavier vs Magneto).

La soeur de Black Panther qui confectionne plein de gadgets (que notre héros n’utilisera évidemment presque jamais) est bien sympathique.

Les gens qui trouvent qu’il y a trop d’humour dans les films Marvel seront heureux : ici il n’y en a pas beaucoup, et quand il y en a ce n’est pas drôle.

Le simple fait que les fachos soient super énervés à l’idée de la sortie de ce film est une excellente raison d’aller le voir.

Les costumes sont cool.

La musique aussi. Enfin c’est ce qu’il faut dire pour avoir l’air branché et prouver qu’on aime Kendrick Lamar apparemment. Mais plus objectivement, la musique est cool, en effet, même si l’enchaînement chants traditionnels africains et gros rap US laisse parfois l’impression que t’es en soirée quand tes potes font n’importe quoi avec ta session Spotify.

Si vous avez emporté votre « Bingo Marvel » au cinéma, vous devriez pouvoir exploser votre high-score : un personnage secondaire rigolo, un peu d’humour, une course poursuite, une femme forte, une histoire d’amour en fond, un caméo de Stan Lee. Et on ne parle pas de la case « personnage noir et sympathique » que vous allez gribouiller tout le film.

Michonne a moins de cheveux, mais elle est toujours aussi badass.

Les points négatifs :

Si le film réalise une grande avancée en nous offrant un casting à 90% afro-américain, on notera quand même qu’ils sont tous beaux comme des dieux, et qu’Hollywood a encore beaucoup de chemin à faire dans la représentation des moches.

Black Panther réussit l’exploit d’être encore moins charismatique et intéressant que Captain America (la version comics en tout cas). Tout parfait, tout beau-gosse, tout lisse, tout plein de bonnes intentions. Tout chiant quoi.

Black Panther propose deux méchants qui vont se répartir chacun une moitié du film. On commence avec Andy Serkis (qui s’amuse comme un petit fou dans son rôle de Joker cheap), puis Michael B. Jordan prend le relai pour la deuxième partie. Résultat, au lieu d’un méchant iconique et fort, on a droit à deux personnages jamais vraiment développés. Ce qui est d’autant plus dommage que les motivations politiques de Killmonger avaient le mérite d’être originales et vraiment intéressantes. Le meilleur méchant Marvel reste donc pour l’instant toujours le mec qui tue l’oncle de Spiderman dans la version de Sam Raimi de 2002 (avec Michael Keaton dans le dernier Spider-Man, son petit côté Bernard Lavilliers en armure était rigolo).

Malgré la présence de Disney à la production, aucun caméo de Bagheera.

Les gens qui font « Hey ! C’est le mec de Get Out ! » dans la salle quand Daniel Kaluuya apparaît.
Après la fameuse séquence du premier combat dans Creed, Ryan Coogler nous ressort quelques plans séquences pour se la péter, mais ça n’aide pas vraiment le film à avoir une identité visuelle plus marquée que les autres Marvel.

Le rival du héros qui fait le coup « non, je t’aiderai pas ! débrouille-toi » avant de débarquer en pleine bataille finale en disant « bon finalement allez, j’ai changé d’avis parce que… j’ai changé d’avis », ça ne devrait plus exister au cinéma en 2018. Ni le coup du final avec un gros plan sur le visage du héros qui dit « Je suis… » et le générique qui se lance avant qu’il ait terminé sa phrase (où il allait dire « Black Panther » évidemment).

C’est bien sympa cette mégalopole wakandaise qu’on nous laisse parfois entrevoir, mais ça ne choque personne que dans cette ville « du futur », personne ne semble au courant que l’ensemble des armées du pays se foutent sur la gueule juste à côté du palais ?

Entre les décors 100% fonds verts, les scènes d’hallucination en mode fond d’écran Windows XP et le RER du futur, une question se pose : ce serait quand même pas un peu moche, le Wakanda ?
Comme le film démarre par la phrase « Hey Baba, raconte moi une histoire ! », j’ai eu très peur de voir la tête de Cyril Hanouna apparaitre à l’écran.

Très pratique cette pierre bleue qui fournit de l’énergie / absorbe les vibrations / permet de faire des armes de destruction massive / ne rétrécit pas les pulls quand on les lave à 90°. Mais quand en plus on ajoute les potions et les plantes qui donnent des pouvoirs et font revenir d’entre les morts, ça donne quand même le super-héros le plus cheaté de l’histoire.

Ça vient de moi où Martin Freeman joue tout le temps le même rôle ? On a vraiment l’impression qu’il interprète une seule et même personne, de Sherlock à The Hobbit en passant par Ali G et Black Panther. Comme s’il passait de film en film, se demandant à chaque fois ce qu’il fout là et essayant tant bien que mal d’aider comme il peut.

Le film permet de se rendre compte que depuis Rogue One, Forest Whitaker est toujours en pleine descente de LSD.

Commencer le film avec de la musique traditionnelle africaine, un plan sur une belle nuit étoilée et ne pas faire apparaître le visage de Mufasa, quelle déception…

Le saviez-vous ?

Il y a du gluten dans la potion qui fait perdre tous ses pouvoirs à Black Panther. Et il les retrouve en mangeant une fleur. On tient donc probablement la première panthère noire vegan.

Au Wakanda, on estimait que le roi n’était pas assez privilégié, alors en plus de l’argent, du pouvoir, du palais, de l’armée personnelle, des domestiques et du compte Netflix gratuit, on lui a filé un costume de super-héros et une fleur qui rend invincible. C’est beau la méritocratie.

Pendant la guerre froide, les gars du Wakanda ont dû bien se marrer en voyant les USA et l’URSS jouer au concours de bites pour envoyer un homme dans l’espace, alors qu’eux avaient déjà inventé le Faucon Millenium.

Si en VO, tous les acteurs parlent anglais avec un accent africain, ce n’est pas le cas en VF. Probablement parce que Michel Leeb n’était pas dispo pour interpréter tous les rôles.

Les conditions idéales pour regarder ce film :

Avec l’amie noire de Nadine Morano.

Ce qu’il faut en retenir :

On a déjà beaucoup pillé les ressources de l’Afrique, mais ça vaudrait peut-être le coup d’y retourner pour voir si on a pas oublié quelques trucs sympas avant de partir.

Si vous avez aimé ce film, vous aimerez aussi :

– Blade, le premier super-héros noir au cinéma (même si ça nique un peu l’argument marketing de Black Panther de le rappeler). Mention spéciale pour le deuxième volet, signé Guillermo Del Toro.

– Black Dynamite. Les scènes de baston sont meilleures que celles de Black Panther, en plus.

– Chevaucher des rhinocéros.

– Les colliers de surfeur avec des dents de requin.

– Vous battre torse nu au bord d’une cascade.

– Dire en sortant « Honnêtement, le comics est mieux » (en plus ça marche avec tous les films Marvel et DC).

– Michael B. Jordan (notamment dans The Wire, Creed et Friday Night Lights).

Les super-héros auxquels vous avez échappés :

Black Blanc Beur : Le super-héros qui nous a débarrassé de tous les Français racistes l’espace de quelques semaines en 1998. Malheureusement, il a disparu aussi vite qu’il était venu, comme Bernard Diomède en équipe de France.

Black Out : On a tous un pote qui prend des cuites monumentales tous les week-ends. Son super-pouvoir ? Il est capable de faire disparaître sa dignité après quelques verres, ce qui vous pousse à lui faire faire toutes les conneries qui vous passent par la tête. Souvent, il s’en sortira avec des bleus un peu partout, une garde à vue et un bon mal de tête. Mais comme il ne se souvient de rien et que vous lui racontez tout ça en rigolant le lendemain, il n’aura aucun problème à recommencer la semaine suivante. Parce qu’il est le héros qu’on mérite, pas celui dont on a besoin.

Black Friday : Le super-héros qui pouvait aller faire du shopping pendant le premier jour des soldes sans avoir envie de mourir ou de tuer toutes les autres personnes du magasin avec un coupe-ongles.

Black Market : Il a le pouvoir de faire apparaître des produits de luxe et de première nécessité en temps de pénurie générale. Sorte d’anti Robin des Bois, il vole à tout le monde pour vendre aux riches. C’était un super-héros très en vogue dans l’hexagone pendant la seconde guerre mondiale.

Black M : Le super-héros que personne n’a jamais réclamé et dont on entend beaucoup trop parler.

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