Pas glop !

Avis sur Blade Runner 2049

Avatar Alexandre Agnes
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J'allais moins voir la suite de Blade Runner (très beau/bon film, mais qui n'est pas dans la liste de mes cultes personnels) que le nouveau Denis Villeneuve, dont j'ai (presque) tout vu/adoré et qui signait l'an dernier avec Premier contact un grand film de SF. La déception a donc été à la hauteur de mes attentes, tant le génial réalisateur québécois passe quasiment coup sur coup du meilleur au pire.

Blade Runner 2049 souffre de toutes les comparaisons, avec l'original d'abord. S'il est visuellement très maîtrisé, il ne s'approche jamais de la puissance esthétique du chef-d'oeuvre de Ridley Scott, quittant la fascinante nuit éternelle trouée de lumières hypnotiques au profit de paysages souvent gris et beiges terriblement ternes. La B.O. est également en déroute : exit les nappes synthétiseurs envoûtantes de Vangelis et place à un score feignant signé Hans Zimmer qui, lui aussi pourtant, s'était il n'y a pas si longtemps montré particulièrement inspiré dans le registre de la SF en orchestrant magistralement Interstellar. Côté scénario enfin, l'intrigue déjà minimaliste du premier a été dépouillée de sa profondeur philosophique, dont ne subsiste ici qu'une pâle resucée faisant figure de énième variation autour de la quête d'humanité de l'androïde, telle qu'on l'a vue (et mieux vue) dans tous ces films sortis ces trente dernières années inspirés... de Blade Runner justement.

S'il n'était qu'un décalque médiocre de son original, Blade Runner 2049 serait déjà bien décevant. Mais il convoque également d'autres prédécesseurs qu'il copie sans inspiration. Comme dans Her, le héros entretient une histoire d'amour avec une intelligence artificielle qui recourt à une tierce personne pour simuler un rapport charnel (chez Spike Jones, la romance est captivante et la séquence en question drôle et touchante ; ici, on s'ennuie ferme). Comme dans Only God forgives, Ryan Gosling se fait tabasser, impassible, sur fond de lumières vives qui soufflent le froid et le chaud. Et comme dans Drive, il finit en mode Dormeur du val.

Une espèce de blockbuster façon Tarkovski (le rythme et l'absence "d'action" m'ont rappelé Stalker), superficiel, vain et d'une lenteur éprouvante. Le film dure près de trois heures... j'ai eu l'impression d'y passer la journée !

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