L'expression "Le dindon de la farce" fut inventée pour ce film, je le veux, je le sens.

Avis sur Blood Freak

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Laissez-moi vous conter l’histoire de Richard, le terrifiant homme-dindon et prévenir les plus feignasses que ça va être long, très long n'ayant pas envie de faire court (certains avanceraient même la thèse que j'en suis de toute façon incapable).

Richard est content, il roule des mécanique en moto « sun is shining the weather is sweet », normal nous sommes en Californie. Une jeune-fille en décapotable, Claire, le fait s’arrêter sur le bas-côté. Ils taillent le bout de gras et elle lui propose de le suivre jusque chez sa sœur, Anne. Ceci ne vous arrive donc jamais que de jolies demoiselles vous invitent à les rejoindre, comme ça ? Cela ne m’étonne guère, vous ne possédez surement pas une once de l’irréel charisme de Richard : à un air d’huître cuite, ajoutez le look (lunettes et coupe de cheveux comprises) d'un Elvis de supermarché, une carrure de déménageur maori et une pilosité que n’aurait pas reniée Demis Roussos… Je pense ne pas trop m’avancer en vous imaginant déjà des étoiles plein les mirettes.

Richard est content, Claire est contente et nos deux récents amis débarquent chez Anne qui, comme le prévient Claire, est loin d’être aussi sage et catholique qu’elle. Anne elle fume des joints avec ses potes dans des fauteuils grinçant en portant des jupes ultra-courtes, elle prépare une MEGA-défonce pour la soirée et elle vous colle ses joints sous le nez « Vas-y tire une taffe ! » Mais Richard en plus d’être content, il dit non à la drogue « Allez, juste une p’tite taffe hinhinhin !! » Richard résiste. Et vas-y qu’elle remue sa croupe sous le nez de ce brave Richard MAIS CETTE FILLE EST LE DIABLE EN COMPARAISON DE SA SI CATHOLIQUE SŒUR ! Je manque de subtilité ? Bah attendez de voir comment les choses sont présentées dans Blood Freak !

Cette scène n’apporte rien à l’histoire, si tant est que quoi que ce soit ait un sens ici, mais je vous propose ce petit instant d’art brut, de relaxation, de fou rire, c’est pour moi : http://www.youtube.com/watch?v=ZLh-O76YdtY

Dans tout ça, on se demande d’où peut bien venir la terrible métamorphose de notre clampin. J’y viens.

Richard est content : suite à sa rencontre avec le papa de Claire et Anne, ou l’on apprend que notre motard, ancien du Vietnam perd un peu la foi car au chômage depuis son retour au pays, il se voit proposer illico presto un boulot dans l’élevage de dindons du paternel comme homme à tout faire (traduire « cobaye goûteur de dinde génétiquement modifiée). Tu doutes de dieu ? Un gentil monsieur catholique t’offrira du travail ! CAR LES CATHOLIQUES SONT NOS AMIS ! JÉSUS C’EST TON POTEAU, PIGé !?

Mais voilà que le malin tente notre héros. Et il réussit, par le biais d’Anne (mais si : la diabolique sœur fumeuse de joints). Après plusieurs tentatives vaines pour entraîner Richard dans ses trips narcotiques, elle réussit finalement à lui faire tirer quelques taffes (jamais je n’ai autant entendu ce mot en 1h10) sur un joint contenant une drogue fort addictive. Suite à ça Richard est tellement content qu’il ricane bêtement au bord de la piscine dans un espèce de mélange entre Doc Gynéco et Dominique Farrugia et c’est peut-être bien ça le plus effrayant dans ce film. Puis tant qu’à glisser complètement du côté obscur de la farce, dans la foulée il couche avec Anne et se met en retard pour son premier jour de travail… LA DROGUE C’EST MAL ! ET LES FEMMES SONT DES TRAÎNÉES DIABOLIQUES !

Je passe sur la présentation des scientifiques les moins crédibles du cosmos pour en arriver au moment clef de cette formidable œuvre à savoir : l’ingestion de la dinde trafiquée et ses conséquences effroyables. Et inattendues aussi, je vous le concède.
A croire que le mélange drogue inconnue et OGM ne sied pas au métabolisme de Richard car stupeur, après moult tremblements il se change eeeeeeen … DINDON ! OUI ! Enfin non. Pas complètement, juste la tête faut pas déconner puis on a pas de budget pour… pour rien en fait.
ça aussi, c'est cadeau http://4.bp.blogspot.com/-g-7wrcUW2ds/Tp_KqZ88MlI/AAAAAAAAAv4/_Rii-nxp8Rc/s640/Blood+Freak.avi_002788327.jpg

Et là, Richard-Dindon, il n’est plus content du tout. Passé une scène surréaliste ou il rejoint Anne chez elle, cette dernière s’inquiétant juste de savoir si leurs futurs enfants ne ressembleront pas trop à leur géniteur mais qui accepte quand même de passer à la casserole (Je vous rappelle que le gus a une tête de dindon. DE DINDON) l’homme-gallinacé est pris d’une véritable frénésie meurtrière, déversant sur son passage des hectolitres de ketchup, tranchant des jambes à la scie circulaire le tout en glougloutant comme un guedin ! Je vous préviens : jamais vous n’aurez vu tueur plus mou (on comprend vite que sous son masque, le mec n’y voit que dalle) et victimes aussi peu crédibles. De plus elles poussent toutes le même cri… Normal, il semble que deux doubleurs se soient partagé tous les personnages.

Mais pourquoi tue-t-il toutes ces personnes qui de prime abord semble ne lui avoir rien fait ? Une revanche contre tous les Thanksgiving fêtés précédemment ? Que nenni ! On ne comprend pas, et j’en serais bien restée là tant au final, il n’y a rien à capter dans Blood Freak, juste apprécier / subir, c’est selon la sensibilité de chacun, quand, après visionnage, l’affiche du film est venue m’éclairer : Richard est devenu accro à la drogue et même sa transformation en dinde mal fourrée ne l’a pas guéri de son addiction, DONC il tue des junkies et boit leur sang fort en drogue. CQFD. J’suis vraiment trop bête de n’y avoir point pensé plus tôt. A noter que l'affiche est surement ce qu'il y a encore de mieux dans ce ... truc.

A voir exclusivement en VF tant elle rajoute au côté nanardesque du film qui pourtant n’a pas besoin de ça pour pouvoir fièrement concourir au titre de « Plus mauvais film réalisé avec les pieds sous acides » (un comble pour un pamphlet anti-drogues) tant il n’y a rien à sauver :
Acteurs nullissimes, caméras tremblotantes, effets sonores redondants, musique ridicules, cadrages hasardeux, scénario qui ressemble à un mauvais trip sous LSD et donc, doublages français d’une médiocrité abyssale, je ne peux que… conseiller VIVEMENT Blood Freak qui est surement le film qui m’aura le plus fait rire cette année. Pour les cinéphiles non-adeptes de nanars, je crois qu’il reste la curiosité de découvrir ce qui peut se faire de pire dans le cinéma quand le seul but avoué du réalisateur (qui n’est autre que ce cher Richard) est de renflouer suffisamment ses caisses pour assurer ses frais médicaux.

Et le pire c’est qu’il y arriva le salaud, cette daube abyssale et géniale lui rapportant tout de même dans les 140 000 $.

Mais… Punaise, z’avez lu jusqu’au bout ?! Un blabla sans fin sur un homme-dindon. Z’êtes pas nets, hein.

GLOUGLOU

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