Un d'encaissé, Dux de rendus

Avis sur Bloodsport, tous les coups sont permis

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Il y a quelque chose d’improbable chez Bloodsport, tant de par ses conditions de production, inspirations et traits de réalisation. Des allures de nanar bien sûr, mais pas seulement : car si celles-ci pouvaient constituer une forme de salut, le film en ayant cruellement besoin, le rôle de Jean-Claude Van Damme exerce une fascination paradoxale, au moins aussi prégnante que la candeur dont il sait faire preuve.

La grande question étant alors peut-être de déterminer si pareil effet était voulu : de l’adolescent benêt, pas dégourdi pour un sou et dénué de toute malice, au jeune adulte non moins « pur » dans son essence mais par extension toujours aussi naïf, le portrait de Frank Dux s’avère davantage parodique, voire caricatural, que charismatique. Dans la droite lignée des exploits du véritable combattant, dont la véracité est elle-même sujette à débat, Bloodsport s’érige ainsi en drôle d’oiseau pas très crédible, à raison de plus qu’il échoue à faire sien le cœur-même de son titre.

En ce sens, nous restons dramatiquement sur notre faim en ce qui concerne ses prétentions martiales, le cadre nébuleux et légendaire du Kumite autorisant pourtant bien des espoirs : aussi simpliste serait le schéma narratif du tournoi, nous étions en droit d’en attendre un semblant d’impact. Il n’en est finalement rien, le manichéisme pataud du récit (Chong Li est très, très vilain) semblant déteindre sur la sueur, le sang et les prouesses dont se revendique Bloodsport : tout semble ainsi factice, les compétences avérées de JCVD se voyant notamment contrebalancées par ses grimaces saugrenues et une réalisation globalement aux fraises.

Parler d’impact est d’autant plus indispensable que le long-métrage en est ainsi dépourvu, quand bien même le jeune acteur en devenir se serait improvisé réalisateur pour rattraper le montage initial de Newt Arnold (une source ne serait toutefois pas de trop) : l’action promise n’est pas au rendez-vous, l’abondance de ralentis se fait l’écho d’une inexpérience flagrante. Ajoutez-y les sous-intrigues creuses des agents et une romance insipide, et voici donc que Bloodsport nous laisse sur notre faim : qui plus est, nous sommes bien en peine d’en rire pleinement, l’incongruité globale du bousin sabordant en partie son potentiel nanardesque.

À mi-chemin entre le navet sans atouts et le divertissement risible (prêtant à sourire), nous quittons le film mi-figue mi-raisin : reste le marqueur indéniable dans la carrière pléthorique, mais immensément inégale, du seul et unique JCVD.

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