Avis sur

Blue Velvet par renardquif

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-j'ai essayé de voir Elephant man et Eraserhead mais j'ai trouvé ça complètement inintéressant, puis je suis arrivé à celui-ci... Et là, le génie éclate, c'est le "premier Lynch", c'est tellement tellement sensuel, original, je crois que je l'ai déjà dit mais Lynch est l'Anti-Tarantino par excellence, Tarantino brosse la société dans le sens du poil même quand il en dit du mal, il est englué dedans et ses films comme on dit ne volent pas haut, ou même ne volent pas du tout car il est beaucoup trop lourd. Conclusion : Il est inintéressant, car ce qu'il nous propose est du déjà-vu au fond, ou plutôt du déjà-ressenti, il suffit d'allumer la télé pour constater que la télé quelque part c'est déjà du Tarantino ou du Scorcese. Tandis que Lynch et là est la différence pioche dans l'univers, creuse une issue propre un peu comme une fourmi, il fend la barrière avec le spectateur et crève l'écran soudain; on est touchés tout de suite : le film commence, les plans se succèdent, on est pris, on se dit "Mais qu'est-ce-que c'est que ce truc ? Où est-ce que je suis tombé ?" et on ne lâche plus, c'est physiquement impossible de lâcher ce film avant la fin ce n'est pas possible on peut tout essayer rien n'y fait on reste, on est o-bli-gé de rester parce qu'on sent que partir, que accélérer, ce serait comme commettre l'irréparable, être coupable d'une faute de goût ENORME, parce que on sent un total sentiment de vérité, de soulagement, de réel, d'équilibre vital de la contradictoire (je mets ça en gras parce que c'est que j'y tiens à cette idée dis-donc ^^ ). C'est follement amusant, prenant, et tout simple, tout bête: On a peur, puis on se repose, puis on est tristes, puis on est heureux, puis on est exaltés, puis on pense, puis on est excités, puis on rit, puis on a peur encore, puis on pense, puis on se repose, puis ça repart encore et encore et encore ect... Ca bouge on n'a pas le temps de s'ennuyer ni de développer un point de vue solide, le film est trop rapide, liquide, comme chez le Godard post-1980, dès qu'il y'a du solide ou du plein il s'en détache instinctivement comme on enlèverait sa main du feu , il est beaucoup trop bien, juste, le film empêche toute tentative de dogmatisme est en cela seulement un film à mon sens (c'est valable pour n'importe lequel, même un court-métrage de Charlot) est réussi, Lynch nous cloue le bec on ne peut rien dire il nous force à regarder, il est trop puissant quoi, trop sensuel, son érotisme éclate, dès qu'on sent que c'est "trop" il baisse le ton, dès qu'on sent que ce n'est pas assez il le hausse, quand il tient la note il le sait et il la garde jusqu'au bout, il joue avec lui-même et il joue avec nous, or la vie est au fond un jeu quelque part, sans quoi ce ne serait pas supportable. Il faut donc mettre Lynch du coup dans le camp des bons joueurs, ou plutôt alors parce que c'est plus joli, dans celui des beaux joueurs ! Je l'imagine facilement entrain de revoir son film et de se dire : "Bordel de merde c'est trop bien" ^^

-Le déroulement de chaque plan est parfait en justesse et en spontanéité, leur enchaînement est génial, brillant, gracieux, surprenant... Tout est là, c'est de a à z une leçon de cinéma, et donc de spontanéité. que demander de plus ? rien, absolument rien ! Et ça me rappelle que c'est tellement rare les bons films...

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