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Au moment de commenter ce film me voilà bien embêté... Car si j'ai passé somme toute un bon moment devant Bohemian Rhapsody, mes craintes initiales ont malheureusement été confirmées...

Les différentes bandes-annonces me rendaient suspicieux, elles promettaient l'écueil principal des biopics trop mainstream selon moi, à savoir illustrer, plutôt que raconter, la vie d'un groupe ou d'un personnage. Enfiler comme une suite de scènes, autant de moments clés du groupe qui mis bout à bout, sans contexte, gratuitement, donne au film un ton presque hagiographique, et souvent malheureusement sans relief. Un comble lorsqu'on aborde l'univers baroque de Queen et de Freddie Mercury.

On le sait, la réalisation de ce film fut laborieuse, le réalisateur Bryan Singer se vit être congédié par la production avant de revenir pour terminer le film. Il donne néanmoins, malgré le classicisme de Bohemian Rhapsody, une mise en scène rythmée, tonitruante, qui fuse avec les scènes de concerts ( point fort du film, la restitution est bluffante) et les séquence d'enregistrements d'albums. Ce montage dynamique rehausse le film aux standards du mythique groupe , même si une certaine redondance s'installe: création d'un morceau/concert, création d'un morceau/concert, etc... Ainsi qu'un sempiternel "rise and fall" avant la rédemption, péniblement de rigueur.

La performance de Rami Malek, en effet, trouble autant qu'elle enchante. Il reproduit à merveille la théâtralité de "The Great Pretender", son impatience et sa noblesse. Il parvient en outre, bien que trop peu à mon goût tant le film ne fait que glisser sur la carapace en lycra du chanteur, à montrer les failles de ce petit gars extravagant, fils d'immigré pârsî qui fit de sa grandiloquence, le meilleur apparat contre la promesse d'une morne vie dans la banlieue londonienne.  Si La ressemblance n'est pas parfaite, ses déhanchés et autres mimiques, au poil de moustache près, ressuscitent la rock-star.

Édulcoré, gentil, Bohemian Rhapsody se veut être une "One Vision" consciencieuse de la vie du groupe. Did They rock me ?  Parcimonieusement...

Liverbird
6
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