Love of my life...

Avis sur Bohemian Rhapsody

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Coucou les amis ^^

Je vous prie de bien vouloir me pardonner, mais je dois vous prévenir que j'assume le fait que cette note soit sûrement exagérée... Je suis un fan absolu de Queen. Quand je pense à ce mois de novembre 1991, je devrais penser en premier à mes 18 ans, mais non, je pense encore et toujours à ce samedi soir, le 23, où j'ai entendu sur RTL une info passée en fin de journal qui annonçait l'air de rien que Freddie Mercury était atteint du SIDA. Puis l'annonce le lendemain, toujours sur la même radio, de sa mort... J'ai littéralement été dévasté... J'en ai pleuré, longtemps... Cela a éclairé sous un jour nouveau les deux derniers albums de Queen, The Miracle et Innuendo et notamment les chansons I Want It All, Innuendo et The Show Must Go On... Queen est pour moi un des plus grands groupes de tous les temps, le plus flamboyant en tous cas, capable de tenir son audience d'une manière inégalée, sans les artifices des spectacles sons et lumières qui ont été remarquablement développés par des groupes comme Pink Floyd et U2, et qui sont désormais la règle.

Tout ceci pour dire que malgré certains défauts, sur lesquels je reviendrai peut-être si j'arrive à revenir sur cette critique à travers le temps, j'ai vibré comme rarement en regardant ce film. J'ai eu du mal à contenir mes larmes, j'ai eu du mal à ne pas taper du pied... 2h15, c'est trop court, en fait, il y a de quoi développer une série. Mais puisque c'est ce format qui a été choisi, il a fallu aller à l'essentiel (?) et là il peut y avoir débat sur ce qui est considéré comme tel.

Le film est une somme d'anecdotes autour du groupe, dont certaines sont "arrangées" pour les besoins de la scénarisation du destin de Queen. Il en découle certains déséquilibres, mais j'ai le sentiment que le film a été fait pour des gens comme moi, qui aiment profondément l'"oeuvre" du quatuor.

L'amour immodéré de Freddie pour les chats, la lutte pour sortir Bohemian Rhapsody en 45 tours, les tournées mondiales (Queen a été le premier groupe rock d'envergure internationale à aller en Amérique du Sud), la genèse du légendaire We Will Rock You (oui, c'est Queen qui a inventé le clapping des Islandais ^^), le virage "disco" avec Another One Bites The Dust, l'introduction des synthétiseurs dans l'album The Game alors que jusqu'à l'album Jazz, Queen avait fait de la mention "No Synthetizer" un argument marketing, les relations difficiles et les critiques dures de la presse (spécialisée ou non) une fois leur succès établi, le mythique clip d' I Want To Break Free et enfin le Live Aid.

Il y a beaucoup de choses, mais il en manque beaucoup aussi (si c'est un film sur Freddie pourquoi se restreindre à la création du groupe et ne pas évoquer plus son enfance et son adolescence, si c'est un film sur le groupe, pourquoi se concentrer sur Freddie et ne pas évoquer un peu plus les autres membres du groupe et leur environnement, pourquoi ne pas avoir parlé de Flash Gordon, pourquoi ne pas avoir parlé du clip de Bicycle Race -bon on sait pourquoi, les américains n'aiment pas la nudité dans les films grands publics ^^, pourquoi s'arrêter au Live Aid), et d'autres sont vraiment arrangées (la création du groupe, la "publicité" sur la sexualité de Freddie, l'historique des projets solos de chaque membre du groupe, ce qui tourne autour de la séropositivité de Freddie...)

Mais voilà, la précision historique n'est pas le but premier du film pour moi. Je pense que ce qui a dû vraiment compter, c'est l'envie de montrer aux petits jeunes d'aujourd'hui, tout en taquinant la fibre nostalgique des vieux fans comme moi, l'extraordinaire créativité de ce groupe mythique qu'était Queen et cette "sorte de magie" qui émanait de Freddie quand il était sur scène. Et là, je voudrais rendre hommage à Rami Malek.

IL EST FREDDIE ! S'il n'est pas nommé aux Oscar, ce sera totalement injuste. Dans sa gestuelle, dans ses expressions faciales, dans sa manière d'occuper la scène, il a relevé le défi haut la main !

Les autres membres du groupe, Brian May (Gwilym Lee), Roger Taylor (Ben Hardy) et John Deacon (Joseph Mazello) sont eux aussi bien incarnés, notamment John au niveau de son évolution capillaire ^^

Ce qui fait que ma note est sûrement surélevée

Un seul mot. Emotions. Il y a quelques moment drôles dans le film. Mais les émotions diverses font que j'aime vraiment beaucoup ce film. Il aurait pu être hagiographique. Au contraire, il aurait très bien pu aller très loin dans le sordide, ou alors viser le pathos éhonté. Mais je trouve que les producteurs (je parle d'eux vu que la réalisation a été très chaotique) ont pour une fois été bien avisés. Il y a plusieurs thématiques que j'ai trouvées abordées avec pudeur, mais pouvant entraîner une réflexion : le racisme, le fait de vivre avec des origines "honteuses", les sexualités, la sincérité des relations humaines quand on a du succès, le SIDA... Mais surtout et désolé si j'en reviens à cela, Queen, sur scène, c'est les "champions du monde" !!!

Le frisson que j'ai ressenti quand j'ai (ré-)entendu ma chanson préférée du groupe, Love Of My Life, reprise en choeur par tout le public, a été terrible... Cette chanson représente tant de choses pour moi, elle est si belle... C'est l'expression sincère d'un amour inconditionnel mais sur le point d'être perdu... Oui, j'avoue, là j'ai craqué, d'autant plus que, selon le film , elle passe à un moment clé de la vie de Freddie (car cet événement n'a pas pu se passer aussi tard),

le moment où il avoue son homosexualité à la femme de sa vie, la perdant ainsi en tant que compagne, malgré l'amour qu'ils éprouvent l'un pour l'autre. A parte très personnel, une rupture, c'est déjà dur, mais une rupture quand on connaît cette chanson (comme Ne me quitte pas d'ailleurs), ça l'est encore plus...

D'ailleurs, à partir de ce moment-là, et jusqu'à la fin du film, je ne sais pas pourquoi, il y a de l'eau salée qui coulait malgré moi de mes yeux... ^^

Et puis cette séquence finale, précédé en fond sonore par la fin d'une autre chanson mythique par un groupe tout aussi mythique, Sultans Of Swing, par Dire Straits, la représentation de Queen au Live Aid, superbement reconstituée, jusqu'aux verres de Pepsi sur le piano ^^, à part le fait qu'il manque Crazy Little Thing Called Love et We Will Rock You, m'a foutu les poils... Quelle voix ! Quelle puissance ! Quel charisme ! Encore une fois, un grand bravo à Rami ! Il a réussi à montrer comment Freddie pouvait tenir un public, un stade ! Ah les fameuses vocalises de Freddie ! C'était jouissif ! Une apothéose ! Pour ceux qui veulent plus de Queen en live, je vous conseille le live de Wembley 86.

Si vous êtes fan de Queen, foncez, ça fait toujours du bien d'écouter du Queen au milieu d'autres fans (même si je regrette, j'aurais kiffé qu'on se mette à chanter les chansons qui passaient à l'écran, il faudrait que des fans s'organisent ça en fait ^^)

Pour les fans de cinéma, le film n'est pas indispensable, à part pour la performance de Rami ^^

Un dernier mot, les fans de Queen comprendront : Freddie, I still love you...

Mise à jour du 22/11/2018 : 6ème visionnage et je suis toujours aussi ému... Freddie est là, devant moi, tel qu'il était dans son envie de croquer la vie à pleine dents, dans son accomplissement quand il était en représentation, plein de morgue et d'arrogance, et pourtant si seul et si pantouflard avec ses chats... Et pour ceux qui pensent que le film n'en montre pas assez, c'est qu'il y en a qui sont plus tordus que moi ^^ Les orgies, la drogue, l'homosexualité, je trouve que c'est abordé avec tact et je ne pense pas que voir Freddie faire le petit train avec ses amis à la queue leu leu tout en s'enfilant des rails de coke n'aurait pas apporté quoi que ce soit de plus ^^

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