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Borat : Leçons culturelles sur l'Amérique au... par TheGreatGatsby

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J’ai beau être grand fan de Sacha Baron Cohen et de ses nombreux personnages (Borat, Bruno ou le Dictator dernièrement), qu’il met d’ailleurs en scène au-delà des films qu’il leur consacre, son dispositif comique (et donc en l’occurrence ici son cinéma) me laisse confus. Non pas que je ne trouve pas ça drôle, au contraire, mais je passe la majeure partie de ses films à me demander ce qui est vrai ou faux, ce qui provient d’une caméra cachée ou des acteurs, de l’improvisation ou de l’écriture, de la prise directe ou du montage. Problème que ne posera pas the Dictator puisque il s’agit d’un film de fiction mais qui se pose sur Bruno et donc sur ce Borat.

Borat c’est Les Lettres Persanes version 2000, une manière originale et décapante de renvoyer dans les cordes deux modèles de sociétés puisque Cohen vilipende autant le Kazakhstan que les Etats-Unis. Montesquieu avec ses deux Persans, Rica et Usbek, critiquait autant les travers de la société française (le système de Law, la royauté) que les us et coutumes orientales (la condition des Eunuques, la situation des femmes). Les scènes au Kazakhstan, hilarantes, présentent ses habitants comme des arriérés, violents, alcooliques et pervers, jouant sur les stéréotypes que le monde occidental a des pays de ces régions-là, entre clichés et réalité. Quand Borat arrive aux Etats-Unis, la vision s’inverse et Cohen joue le rôle du candide et du naïf, venu dans le plus grand pays du monde tirer quelques leçons culturelles. Il ne rencontrera que fanatiques, faux-culs, extrémistes ou racistes, dans des vignettes qui dépeignent une Amérique de Bush bête comme ses pieds…

La charge est violente, drôle, irrévérencieuse et le film (vrai-faux docu filmé façon road-movie) n’épargne personne. Borat fait entrer le cinéma dans la réalité du documentaire et brouille les pistes jusqu’à bidonner du documentaire pour en faire du cinéma, à tel point qu’on ne peut plus distinguer le vrai du faux. Borat est un objet filmique pas très bien identifié (vrai-faux film documentaire) qui plus que le rire franc et immédiat va chercher chez le spectateur une jubilation et une honte face au spectacle ridicule de ses contemporains qui s’agitent dans un bien triste monde.

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