Une déclaration d'amour

Avis sur Boulevard de la mort

Avatar Colonel  Kurtz
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  • Certainement le plus décrié des films de notre bon QT, Death Proof n'est pas pour autant un mauvais film et si je devais tirer trois mots de ce film ce ne serait pas " bagnole, filles, sex " mais je pense que ce serait " un film jubilatoire ". C'est certainement quelque chose que je tire de chaque visionnage d'un film de Tarantino. Jubilatoires par leurs dialogues, leurs musiques, leurs scènes complètement cultes, pour tant de raisons qui font qu'une ambiance cool se dégage d'un film de QT.
  • Mais les films de Tarantino c'est aussi des déclarations d'amour au cinéma. En effet, impossible de ne pas trouver des centaines hommages à d'autres films dans sa filmographie, que ce soit à travers un plan, une idée de réalisation, une réplique, le nom d'un personnage, une idée de scénario, une musique, etc. Les hommages sont d'ailleurs tant présents qu'il a souvent été accusé de plagiat, notamment de City on Fire sur Reservoir Dogs (j'ai réalisé une liste de 100 films qui ont inspirés Tarantino : https://www.senscritique.com/liste/100_films_qui_ont_inspires_Tarantino/1849308).
  • Pour retourner sur Death Proof, je dirais que c'est le film qui est le plus jusqu'au-boutiste dans sa déclaration d'amour au cinéma de toute la filmographie du gaillard. En effet, dans ce long-métrage hybride, il rend hommage et plus que cela, il pastiche films de bagnoles, de série B et slashers des années 70. Death Proof forme avec Planète Terreur de Roberto Rodriguez les films Grindhouse, un double-programme identique à ceux diffusés dans le cadre des systèmes d'exploitation Grindhouse (ces salles de cinéma qui projetaient des doubles programmes déjantés, mêlant violence et érotisme, entrecoupés de bandes annonces). De fausses bandes annonces ont d'ailleurs été réalisé par Eli Roth, Rob Zombie, et Edgar Wright dans la lignée des films de série B et des slashers de ces années.
  • Le film se divise en deux parties : une première qui respire le shlashers, où l'on découvre un groupe de filles qui vit la nuit dans les bars, et qui est traqué par le personnage inquiétant et bad guy de Kurt Russel, tapi dans sa voiture indestructible; une seconde qui serait plus un slasher road-movie, un peu dans la lignée de Duel, et qui est un véritable hommage au film de bagnoles (notamment grâce à sa course poursuite d'une quinzaine de minutes, totalement dantesque). Le film changeant radicalement de tonalité dans ses deux parties puis avec une fin quasi comique, Death Proof est une oeuvre hybride.
  • Que ce soit en citant Point Limite zéro, ou encore avec un extrait de la musique de Blow out de Pino Donaggio, le film va bien loin dans l'hommage. Effectivement, la photographie de celui-ci, a l'aspect des films de ces années là, avec une pellicule à grain épais. De plus, sur la montage, des micros coupures sont présentes, pour encore donner l'aspect de ce genre de film. A part Kurt Russel, les acteurs ne sont pas connus, ce qui contribue à l'hommage. Pour finir, ce qui fait que Death Proof ne plonge pas dans le navet, est le fait que les dialogues, notamment celui des filles sont particulièrement bien écrits et sonnent vrais. De plus, les acteurs jouent très juste, puis le film s'assume.

Death Proof, c'est une déclaration d'amour au cinéma qui a marqué QT. C'est un film jubilatoire comme il a l'habitude d'en faire. Et plus que cela, c'est une expérience, un voyage à travers les films de ces années là.

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