J'ai couru comme dans un rêve

Avis sur Boyhood

Avatar Milan Boëhm
Critique publiée par le

Mon enfance c'est ma vie.
Elle est passée, finie, terminée et je pourrai en pleurer tous les jours.
C'est passé comme un rêve. Comme la plus belle de toutes les nuits.
Alors évidemment ce film me fait un effet particulier.
Pas parce que c'est magnifique, porté par des grands acteurs charismatiques (...) mais parce que ce film retranscrit ce que j'ai toujours pensé de mon enfance: une suite d'événements complètement extraordinaires, uniques qui s'avèrent en réalité n'avoir été que des choses vécues par des millions de personnes et, dans mon cas, des choses extrêmement banales et pas particulièrement "fortes".
Mais l'enfance c'est magnifique, l'enfance c'est magique, c'est l'émerveillement, c'est l'éternité.
Et je suis éternel parce que je reste enfant.
Convoquer ces sentiments reste ce que j'ai de plus cher.
La madeleine c'est pas pour rien putain!
L'enfance c'est ce qu'il y a de plus beau, ce à quoi on (devrait) toujours se raccrocher, cette pureté des sentiments.
Et lui il fait ça.
Il nous montre un gamin. Juste un gosse avec ses défauts et ses qualités. Plus chiant ado qu'enfant (à remarquer d'ailleurs que la partie ado est plus "chiante" comme c'est le cas dans la réalité ou c'est généralement moins marrant que l'enfance). On a parfois envie de lui foutre des baffes quand il se la joue jeune artiste cynique.
Mais c'est nous Mason.

Et les parents. Oh la la...
Qu'est ce que j'ai pu pleurer en repensant a ce que je peux représenter pour mes parents et à tout ce temps passé, qui ne reviendra plus, ou je n'en ai pas eu pleinement conscience...
L'amour que portent les deux parents pour ces deux êtres qui sont d'une banalité affligeante et en même temps si unique si on regarde bien.
Quelle beauté que celle de voir grandir des êtres que l'on élève (de loin ou de près) et quelle tragédie que de les voir s'éloigner, progressivement puis presque totalement.
Et on nous transmet ça. La beauté et la tristesse profonde que c'est que d'être parent.
J'ai eu le sentiment de vivre ça du haut de mes dix-neuf ans. C'est quand même fou...
Ils "perdent" toute possibilité de s'amuser pour nous élever parce que c'est leur responsabilité et nous connards d'enfants on cherche a se débarrasser d'eux alors qu'à la fin on est tout ce qu'il leur reste.
On est seul dans ce monde si on est adulte.
C'est tellement plus marrants de s'amuser ensemble comme des gosses.
Et comme ça en plus nos parents sont heureux aussi.
En fait ce que je voudrais c'est de pas mourir.
Et qu'ils ne meurent pas non plus.
Qu'ils soient éternels.
Boyhood c'est ça.
La beauté pure des rapports humain les plus simples, pour l'éternité.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 266 fois
3 apprécient

Milan Boëhm a ajouté ce film à 2 listes Boyhood

Autres actions de Milan Boëhm Boyhood