Une brève rencontre qui en dit long

Avis sur Brève rencontre

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David Lean, fabricant de classiques, ne pouvait que produire une pépite en tournant en mai 1945. Tourné loin de Londres afin de permettre à l'équipe de réagir plus efficacement en cas de bombardement, sa production porte les stigmates de la guerre, mais présente surtout les symptômes de sa fin.

Mûri dans un éloignement de l'art devenu presque routinier après six ans de guerre, Brève rencontre n'avait pas vocation de se faire les prémices de la fin du conflit (tout simplement parce qu'il n'ambitionnait pas de prédire l'avenir), cependant il est rempli d'une âme britannique entièrement convaincue, c'est flagrant, que les hostilités allaient bientôt cesser.

Entre l'habitude et l'insouciance, c'est une œuvre étrangement lumineuse, vecteur des grandes valeurs humaines à travers des temps difficiles, et cela même si ces valeurs doivent arracher le cœur du spectateur. Sans le faire exprès, Lean a réalisé le premier film britannique d'après-guerre… pendant la guerre. S'il fonctionne encore aujourd'hui, c'est parce qu'il arrive si bien à se fondre dans l'humeur d'une Europe qui aspire à la reconstruction. Sans savoir encore comment se détacher de ses anciens repères.

Quantième Art

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