I (still) ❤ DERRY

Avis sur Ça - Chapitre 2

Avatar Zoliv AnyOne
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Chère Derry,

Vingt-sept ans déjà. Vingt-sept ans que mes ballons n'ont pas volé entre tes paisibles maisons de petite bourgade américaine ; vingt-sept ans que l'horreur n'a pas habité tes citadins, à un point tel que la bave ne cessait d'en couler de ma bouche aux dix rangées de crocs... Vingt-sept ans que ces sales morveux ont eu le dessus sur moi. MOI ! Le dévoreur des mondes, éternel et omnipotent ; ayant déjà réussi à faire frissonner plusieurs dizaines de milliers de lecteurs voilà presque quarante ans. Puis est venu le tour du petit écran au début des années 90 (bon j'avoue, là j'y avait été plus sobrement ; petite lucarne oblige) avant de prendre un pied monstre voilà deux années au cinéma. Le film était bon, aussi succulent qu'un marmot effrayé devant L'étrange créature du Lac noir, mais il appelait tout naturellement une suite... et une fin ?

Non, ça ne pouvait pas finir. Pas à cause de ces sept Ratés et de leur satané Club. Oh, ils m'ont fait mal, c'est vrai... Même sans accomplir le rituel de Chüd comme il était scrupuleusement écrit dans le roman, leur absence de peur a presque suscité la mienne. Mais me revoilà, plus fort que jamais et avec un appétit assorti à cette attente de vingt-sept ans..

Deux heures quarante-neuf minutes. Et même si les premiers instants pouvaient sembler un tantinet long pour l'exposition, la suite des jeux de mon cirque sanglant fut délectable. Faire rater un battement au spectateur c'est le même degré de jouissance qu'épier les petits garçons en ciré jaune depuis les bouches d'égout les jours de pluie. Ces sales petits bâtards de Ratés avaient bien grandis ; les acteurs choisis pour les incarner adultes étaient même satisfaisants dans leur prestation, oscillant entre le très bon (Jessica Chastain et sa peau de porcelaine) et le tout juste correct (Bill Hader et son "humour", ...même mes blagues de clown faisaient moins tâche dans le tableau !). Dommage juste que d'autres personnages importants de ces deux tomes n'aient pas eu la place plus prépondérante qu'ils auraient mérité ; comme par exemple la femme de cet auteur bègue, ou ce mari violent que Beverly avait choisi presque inconsciemment pour pallier au rôle de son maltraitant de père. Mais tu sais ce que c'est : les séances de retrouvailles ne sont hélas pas toujours du goût de tout le monde. Le petit passage éclair de notre créateur commun dans le champ de la caméra a tout de même réussi à me faire sourire de toutes mes dents pointues.

Quoiqu'il en soit, te voir toi à veines ouvertes sous la caméra d'Andy Muschietti fut un plaisir franc, une fois encore. Pas l'ombre de Maturin en vue ? Un traitement du personnage d'Henry Bowers un chouia trop vite expédié ? Pas grave, et même les quelques entorses à l'écrit originel sont pardonnées. Le spectacle va faire rIrE, ...ils voNT pLEuRer ; IlS VonT AppLaUDir ; ILs VOnt MoUrIR ; ILS VONT FLOTTER AUSSI !

A dans vingt-sept ans, qui sait ?

Mr. Bob Gray, alias Grippe-Sou LE ClOWn daNSAnt

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