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Caldera par AntoineRA

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Il y a des jours, comme ça, où on tombe sur des courts-métrages d'orfèvres. C'est le cas de Caldera, découvert via une news sur le site Allociné. Réalisée par Evan Viera, l’œuvre a déjà récolté plusieurs récompenses dans le milieu de l'animation. Et c'est amplement mérité.

Il faut dire que du haut de ses 10 minutes, l'Américain traite d'un thème complexe : la psychose, avec son lot de délires et hallucinations. La protagoniste, qui en souffre, est donc prise entre deux mondes. Une ville opprimante d'usines et immeubles, retranscrite sur des tons grisâtres fades et effacés. En opposition, son esprit divague vers une baie océanique fantastique et lumineuse, bercée d'une eau cyan magnifique et d'une voûte céleste merveilleuse, parfois piquée d'un noir orangé flamboyant qui vient apporter une sublime complémentarité visuelle. Ainsi, le réalisateur mêle ces deux mondes dans son optique symbolique, et ce grâce à une esthétique bluffante. L'animation est somptueuse, même si le visage du personnages est un peu trop rond et 3D, et la manipulation des formes, des polygones, des particules et des textures numériques met en branle des scènes captivantes et marquantes. Les nuances de couleurs sont également judicieuses et donnent complètement vie à cette histoire muette. Couplée à une mise en scène très contemplative, où les plans sont soignés et se meuvent très lentement, l'image se pare d'un certain hâle granuleux qui octroie cette atmosphère onirique et légère au court-métrage. Mais là où Caldera finit d'émerveiller, c'est par le biais de son ambiance musicale impressionnante et complètement hypnotique, constituée de textures Drone opaques et opulentes qui finissent par se noyer dans une mélopée élégiaque fascinante.

Caldera transporte, à la fois par ses images captivantes et gracieuses, mais également par sa combinaison musicale exquise et en parfaite adéquation. De par cette œuvre, Evan Viera affiche une maîtrise impressionnante et, surtout, démontre à quel point l'animation jouit de capacités transcendantes qui permettent de concevoir des scènes fantasques et irréelles qu'il serait impossible de retranscrire en version "live". Il affiche également qu'un simple court-métrage peut être infiniment plus puissant et évocateur qu'un film dix fois plus long. Caldera, un court où la signification d'art prend tout son sens.

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