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Alors que des géants devenaient poussière ( Lennon , Hitchcock ... ) et que le monde devenait la proie favorite du terrorisme , un film bouscula à tout jamais le cinéma et les spectateurs assez fous pour vivre ce cauchemar. Les polémiques et les nombreuses scènes chocs ont d'ailleurs fait rentrer le film dans l'histoire du cinéma et dans l'imaginaire collectif. Le film culte qui a inspiré nombre de cinéastes et créateurs permit de se poser les questions suivantes ( ô combien essentielles ) :
" Jusqu'où peut aller un film ? Devons - nous tout montrer ? ".

Une équipe de journalistes composée de trois hommes et une femme se rend dans la jungle amazonienne à la recherche de vrais cannibales. Bientôt, la troupe ne donne plus aucun signe de vie. Le gouvernement américain décide alors d'envoyer une équipe de secours sur place. Celle-ci retrouve, grâce à une tribu amazonienne, les cassettes vidéos de la première équipe, qui renferme le terrible secret de leur disparition...


J'ai aimé




  • La bande originale magistrale

  • Une structure narrative surprenante et pertinente

  • Le film se dépatouille de sa nature de série B pour devenir autre chose

  • Un véritable voyage en enfer

  • Des scènes cultes qui nous hantent

  • La dimension satirique du film encore d'actualité

  • Des ruptures de ton bienvenues



J'ai moins aimé




  • Le jeu de certains acteurs

  • Les doublages français catastrophiques

  • Les passages qui dérivent vers du snuff animalier



Filmer l'enfer



Originaire d'un certain cinéma bis italien des années 1970 , Deodato marque le cinéma à tout jamais avec ce film et délivre le métrage référence du sous - genre du film de cannibale. Pourtant , il est indéniable que le film partait avec de gros boulets. En effet , comme dit précédemment , Deodato vient du cinéma bis et fait avec les moyens qui sont les siens. Cela donne un film qui , malgré sa photo et les limitations de réalisation indéniables , vire avec brio dans une expérience éprouvante comme on en a rarement vécu. Avec intelligence , le réalisateur décide de filmer en caméra à l'épaule et d'un point documentaire une grande partie des scènes , justifié cela dit par le scénario , et d'utiliser son concept de base à bon escient pour atteindre un niveau de crédibilité et de réalisme rarement atteint par un film ( excepté Le Projet Blair Witch ). Epaulé par des maquillages plus que réussis et un décor naturel sauvage , le film captive et immerge le spectateur qui croit instinctivement aux images qu'il voit , renforçant ainsi le choc et la violence que le long - métrage va instaurer. Il jongle entre les deux temporalités pour revenir sur des détails insignifiants qui prennent une toute autre ampleur , renforçant un sentiment d'imprévisibilité et de chaos généralisé. Le générique illustre d'ailleurs les capacités d'adaptation du réalisateur pour mettre en images ce qu'il souhaite. Des jeux de miroir permettent d'amorcer le message du film avec notamment cette comparaison entre la ville new - yorkaise et la jungle. Le film évolue intelligemment dans la violence qu'il montre et dans sa cruauté plus on avance , tel un parcours en enfer. Mais le film ne serait évidemment pas grand chose sans les compositions magistrales , pleines d'ironie morbide , de Riz Ortolani qui mettent mal à l'aise à elles seules le spectateur et font en sorte que ce cauchemar demeure pour toujours caché mais bien présent dans un coin de votre tête.


Les sauvages sont dans la nature



Mais là où le film s'écarte le plus du cinéma bis italien de l'époque et marque d'autant plus , c'est dans ce qu'il veut dire. En effet , le film avec sa structure narrative en deux temps joue avec ses faiblesses pour mieux exploiter ses forces. En effet , la première partie est un film d'aventure de série B qui ne se démarque pas particulièrement par sa violence mais par son propos sous - jacent. Lorsque l'on bascule dans la deuxième moitié , l'expérience atteint une vicéralité qui bouscule et nous met face à nos contradictions. Le propos se développe , attaquant avec violence nos apriori et notre sentiment de supériorité naturelle face à des sauvages bien plus libres que nous. Les deux faces d'une même pièce sont attaquées et la nature humaine dans toute son ambivalence est montrée au grand jour. Comme dit précédemment , la narration en deux temps joue sur des détails insignifiants pour leur donner une origine toujours plus horrible , donnant un caractère chaotique à des protagonistes qui se livrent aux pires pulsions. La jungle new - yorkaise n'est plus si différente de la jungle amazonienne et la soif morbide et contradictoire de la presse pour toujours plus de sensationnalisme et de réalisme nous fait honte. Cette envie de voir le mal tout en le réprimant fortement alors que les pulsions de certains n'attendent que d'être libérées n'en est que plus aberrante. Le caractère satirique du scénario n'est d'ailleurs pas à exclure , justifiant certains dialogues ou choix purement cruels ou inhumains. Malgré les dires de certains , choquer peut faire changer les choses si cela est suivi d'un propos pertinent et il y en a bel et bien un dans ce film.


Ceux qui mangent et ceux qui se font manger



Les acteurs en général sont du niveau d'un film de genre des années 70 à faible budget et ne sont pas particulièrement bons. Ils ne sont pas aidés par des doublages français qui ont peut être mal vieillis mais qui restent assez risibles. Néanmoins , Robert Kerman s'en tire honorablement et délivre la réplique qui donne tout son sens au film.


Tortue



On ne peut néanmoins décemment pas parler du film sans évoquer la polémique concernant les animaux tués durant le tournage.


Interrogé à ce sujet, le réalisateur répondit simplement que « les quotas de chasse avaient été respectés ». Ce dernier point entraîna pourtant sa censure en Italie. Deodato indiqua plus tard regretter la mort des animaux.


Cette polémique suivait celle concernant la rumeur comme quoi les acteurs seraient réellement morts durant le tournage , transformant le film en snuff - movie désavoué.


Le réalisateur décida de passer avec eux à la télévision pour montrer qu'ils n'avaient pas été tués.


Cela était la conséquence d'un parti - pris de Deodato qui , grâce à un contrat obligeant les acteurs à se dissimuler de la vie publique pendant 1 an , a amené une crédibilité un tant soit peu trop imposante pour le film. Beaucoup moins compréhensible reste le choix de tuer réellement des animaux pour le film. En plus du caractère moralement abject de ce choix , il est assez incompréhensible de savoir la raison de ce choix qui ne sert aucunement le film. La crédibilité au prix de vies animales n'est pas un choix tenable et dessert le film qui tombe parfois dans le snuff animalier. Cependant , il est assez hypocrite d'enterrer le film pour cela quand d'autres le font aussi et sont encensés malgré tout ( Apocalypse Now , Oldboy entre autres , on vous voit ).


Cette jungle qui s'appelle Humanité



Qu'on soit outrés par ces mises à mort animales est normal , mais il serait criminel d'enterrer le film et sa charge politique qui touche du doigt nos contradictions et notre goût pour le morbide. Un voyage dans l'Enfer Vert qui nous rappelle qu'on reste humains et par conséquent , parfois des sauvages. Bien avant qu'on soit terrifiés par les derniers instants de trois jeunes filmant un documentaire sur la sorcière de Blair , cette virée en Amazonie donnait vie à un genre tout entier appelé à se développer dans le futur. Précurseur donc.


Est-ce qu’il est nécessaire de montrer aux hommes l’enfer pour qu’ils croient un peu en leur bonheur ?

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