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Par le prisme du cinéma, Todd Haynes replonge sans cesse dans le passé, sûrement pour mieux comprendre le présent. La plupart de ses récits sont situés dans les années 50, et Carol ne déroge pas à la règle. Avec Loin du paradis, le cinéaste avait déjà traité de l’homosexualité dans l’Amérique puritaine. Il récidive aujourd’hui en se penchant sur les femmes, ou l’histoire de deux êtres, Thérèse et Carol, contraintes d’étouffer leur passion réciproque.

Cela commence par une image de bouche d’égout, donnant au cadre une allure de cage dont on ne peut s’évader. Sans s’interrompre, la caméra se promène dans les rues de Manhattan en un plan-séquence aussi somptueux qu’épuré. Durant deux heures, le film tente de comprendre quel lien entretiennent ces deux femmes aux âmes brisées. Néanmoins, ces trente premières secondes symbolisent avec classe et délicatesse la forme que va prendre cette œuvre. Dans une ambiance aussi conventionnelle (mœurs de l’époque) que magique (période de Noël), Todd Haynes déroule une narration en apparence simple, et pourtant terriblement complexe.

Prisonnières de leurs corps et des conventions, Thérèse et Carol vont pourtant se libérer. Le temps d’une courte escapade en voiture, passionnante car silencieuse, déchirante parce qu’inéluctable. Lentement mais sûrement, les sentiments enfouis à l’intérieur des protagonistes émergent pour voir le jour. Le cinéaste signe une sorte de pacte avec le spectateur, qui sait très bien où il met les pieds. Le temps suspendu que le réalisateur insuffle à son scénario place Carol dans la catégorie des films aux grandes ambitions.

Tiré du chef-d’œuvre de Highsmith (The Price of Salt), le long-métrage décrit avec une infinie finesse le tumulte intérieur de ces femmes, totalement opposées. D’une pâleur hivernale surlignant la froideur de son apparence, Cate Blanchett est coincé entre son rôle de mère et celui d’amante. En face de cette (très) grande dame, Rooney Mara montre que la mélancolie lui va à ravir. Incertaine de ce qu’elle est ou de ce qu’elle veut, elle finira par trouver le chemin de l’affranchissement. Toujours accompagnée de la subtile mise en scène de l’américain, en état de grâce.

Hugo_Harnois_Kr
8
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